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« Montrer la réalité du traumatisme »… Pourquoi Thunderbolts* n’est pas un Marvel comme les autres

Juste après la sortie de Thunderbolts* sur nos écrans, l’équipe du film est revenue avec nous sur les aspects les plus sombres du récit, qui en font une production à part au sein du MCU.

Ce n’est pas le plus attendu et pourtant, Thunderbolts* peut s’enorgueillir de marquer sa différence au sein de la très longue liste des films du MCU. Loin de n’être qu’un discours marketing dans le but de s’auto-flatter chez Marvel – on a vu le bébé et on le confirme -, il est vrai que le long-métrage de Jake Schreier (la série Acharnés) aborde des sujets bien plus humains et sombres qu’on aurait pu le supposer.

La tradition veut que le héros doive dépasser ses doutes et ses failles pour sauver le monde. Le fameux « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Même lorsqu’on n’a pas de super-pouvoirs comme Sam Wilson dans Captain America 4. Sauf que Thunderbolts* met en scène une équipe de personnages très peu connus pour leur héroïsme, bien au contraire. Une belle occasion d’aborder de front ces doutes et ces failles, et plus largement la santé mentale.

bandeau spoilers

Dépasser sa solitude

« Le film s’ouvre par un saut dans le vide qui pourrait laisser penser que Yelena se suicide, et je trouve ça très puissant de commencer ainsi » commente l’interprète de l’assassin Widow, Florence Pugh. « On sait qu’elle ne le fait pas, car on connaît ses compétences, mais ce n’est pas une belle image, elle ne saute pas, elle tombe. C’est un acte qu’on associe directement à un sentiment négatif ».

Thunderbolt (1)
© Marvel

Pour l’actrice, le cœur du projet est là, des protagonistes perdus qui n’ont plus rien à quoi se rattacher. C’est peut-être l’écart le plus significatif avec une production Marvel basée sur la réunion de paumés : Les Gardiens de la Galaxie. Dans le film, ils se cherchent une famille, mais ne sont jamais réellement seuls à l’origine (Peter appartient aux Ravageurs par exemple). Ici, les « héros » n’ont aucun but, aucun avenir, de par leurs choix, et personne à qui se rattacher. Le premier sujet du film, c’est la solitude. « Yelena n’a aucune raison d’être là dans la séquence d’ouverture, elle est perdue et cherche à se mettre en danger » assume Florence Pugh.

Ce sentiment de ne pas trouver sa place est partagé par l’ensemble de l’équipe et de leurs interprètes. « Red Guardian a une obsession de raviver sa gloire » confirme David Harbour. Pour Hannah John-Kamen, Ghost a construit son « Fort Knox » où elle ne laisse personne s’approcher et toute l’importance de son évolution va être de lui faire comprendre qu’elle n’a pas à vivre cela seule et qu’elle mérite aussi d’être aimé. Wyatt Russell (John Walker) pense que le point à dépasser est celui d’admettre nos failles, car beaucoup de ces anti-héros – et des gens qui nous entourent au quotidien dans la vie — se sont construits dans l’idée de ne jamais monter une once de vulnérabilité, ils se sont cachés de l’autre et d’eux-mêmes.

Combattre la dépression

Des idées au premier plan du scénario de Thunderbolts* qui privilégie ses personnages à la surenchère d’action, avec, en véritable ennemi, la dépression qui découle de leur isolement et de leurs erreurs. Lewis Pullman (Bob) a beaucoup discuté de la manière d’aborder le sujet sans tomber dans le message publicitaire, il fallait « que cela contienne autant de vérité que notre propre expérience ». « Le véritable objectif du film est de se débarrasser de cette étrange sensation de tremblement que l’on ressent quand on ose en parler ».

Thunderbolt
© Marvel

Le casting met en avant le versant émotionnel du long-métrage et que tout l’intérêt est de « montrer la réalité du traumatisme » pour qu’il provoque des discussions à la sortie de la séance. Bien que le traitement de la dépression à l’écran n’atteigne pas les niveaux d’Acharnés – on reste chez Marvel -, il faut reconnaître que cela donne une vraie bouffée d’air frais de voir une grosse production en parler si ouvertement, si frontalement. « J’étais reconnaissante que nous ayons eu un scénario qui représentait vraiment ce que peut-être quelqu’un ressent » avoue Florence Pugh, d’autant que son camarade Lewis Pullman n’a pas caché en avoir souffert à une époque. « Nous avons été autorisés à montrer qu’on pouvait tous faire des erreurs, je pense que c’est une chose très impressionnante à voir dans un film Marvel qui sera vu par beaucoup de gens, un message que nous devons tous transmettre ».

Thunderbolts* cherche à adresser un message à qui ne se résumerait qu’à ses erreurs et, en voulant les enfouir si profondément, ne ferait que s’isoler, là où un autre pourrait l’aider à se voir autrement. Un discours de prévention autour de la santé mentale, de la dépression, de la solitude, et de la nécessité à s’ouvrir à celles et ceux qui nous entourent pour pouvoir s’en sortir. Tout n’est pas parfait, mais un Marvel qui raconte quelque chose et quelque chose de réel, d’humain et d’essentiel, c’est autant de bonnes raisons de laisser sa chance aux Thunderbolts*.

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