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MWC 2018 : on est parti chercher le meilleur (et le pire) des copies chinoises de l’iPhone X

Smartphone

Par Gaël Weiss le

Pour en avoir longtemps discuté avec mes confrères à côté de la machine à café de la salle de presse du MWC, tout le monde s’accorde à dire que ce MWC est plutôt calme. En dehors de Samsung et Sony, finalement, les annonces d’envergures sont peu nombreuses. Alors comme on avait un peu de temps, on s’est promené dans les allées les plus sombres du salon et nous sommes partis à la recherche des meilleures et des pires copies de l’iPhone X. Suivez le guide.

[nextpage title= »Des copies peu inspirées … »]Le MWC est un salon dans lequel il est facile de se repérer. C’est simple, les deux premiers halls sont généralement réservés aux services et aux rencontres business. Les journalistes y traînent rarement et les produits sont peu nombreux. Le Hall 3, le plus central, regroupe toutes les grandes marques du moment : Samsung, Sony, Nokia, mais aussi Qualcomm ou ZTE y installent des stands immenses à grand renfort d’attractions en VR. Il est continuellement bondé et les produits qui y sont présentés sont généralement déjà connus depuis plusieurs jours.

Le Hall 3 du MWC

Et puis il y a les “petits” halls, les halls 4, 5, 6 et 7. Plus on avance dans les chiffres, moins le coût des stands est élevé. Les hall 6 et 7 sont ceux qui regroupent le plus de constructeurs chinois, OEM, fournisseurs de câble, de matériel divers ainsi que les start-ups. Et c’est en s’enfonçant au fond de ces stands, dans les allées latérales, que l’on trouve toutes les petites marques chinoises qui y exposent leurs derniers produits.

Le Hall 7 du MWC

Le premier constructeur que j’ai visité n’est autre Leagoo. Ce constructeur chinois est connu pour sortir des copies de grands smartphones avant même leur annonce. Cette année, ils présentaient le Leagoo S9 sur leur stand. Il ne faut pas longtemps à l’oeil expert (?) pour comprendre qu’il s’agit d’une (mauvaise) copie de l’iPhone X.

Le Leago S9

Plastique de mauvaise qualité

Par où commencer ? En le voyant de loin, on se dit que c’est une copie assez réussie, avec une encoche plutôt bien intégrée et des bordures d’écran certes épaisses, mais plutôt en accord avec ce que l’on trouve sur l’iPhone X. “Ouah, ça a l’air pas mal !” m’exclamais-je, sans savoir que ce n’était que le premier d’une longue série. Et puis je l’ai pris en main.

Sur le Leago S9, le plastique est omniprésent et de mauvaise qualité

Niveau finition, ce Leagoo est une véritable catastrophe. Non seulement le plastique est omniprésent, mais en plus il est de mauvaise qualité. L’écran accroche les traces de doigts plus vite qu’un bouton d’acné sur une peau adolescente. Pire, l’écran ne m’a pas semblé totalement tactile au niveau de l’encoche. L’intégration du capteur d’empreinte digitale est affreuse et je nous vous parle même pas de la fiche technique, tout juste médiocre. De très loin, le S9 est la pire copie de l’iPhone X que j’ai pu voir sur le salon.

Le Leago S9, la pire copie d’iPhone X qu’on ait vue sur le salon.

Il avait pourtant fort à faire face au iLA X, dont le nom cache à peine son inspiration. Il s’agit d’un petit smartphone de 5,5 pouces qui dispose d’une encoche… qui n’est pas rempli par l’écran. Oui, il y a deux petites bandes noires de part et d’autre. Vendu moins de 120 dollars, ce smartphone dispose toutefois de finitions honnêtes, en tout cas bien meilleures que celles de Leagoo. Une curiosité en somme.

 

L’iLA X dispose d’une encoche… qui n’est pas remplie par l’écran.

Des copies à moins de 130 euros

Juste en face de iLA se trouvait un constructeur chinois un peu plus connu : Oukitel. Ce dernier est surtout connu pour avoir sorti l’Oukitel K10 000, un smartphone doté d’une batterie de 10 000 mAh. Une bonne partie de ses présentoirs étaient d’ailleurs consacrés aux smartphones épais dont l’autonomie était le principal argument.

Oukitel aussi avait ses copies d’iPhone X.

Oukitel avait toutefois deux copies de l’iPhone X a présenter : l’Oukitel U18 et U19. Ici, on monte tout de même en gamme. L’écran est soigné, le logiciel ne plante pas et les finitions sont correctes. Les deux téléphones sont pratiquement identiques d’un point de vue du design et embarquent une fiche technique d’entrée de gamme. Pour moins de 130 euros, j’ai vu bien pire. Une copie banale en somme, pour ceux qui veulent absolument une encoche.

Les copies proposées par Oukitel ont une fiche technique d’entrée de gamme.

Des dizaines de téléphones au format 18:9

Retour dans les allées sombres (littéralement) du Hall 6 avec Vernee. Ici, les visiteurs sont rares et les présentateurs semblent s’ennuyer au milieu de dizaines de téléphones au format 18:9. Je ne mets toutefois que quelques minutes à repérer le Vernee M7, le seul téléphone à disposer d’une encoche. L’écran m’a semblé grossier et le design un peu cheap. Ce que j’ai pu à peine confirmer, puisque le téléphone était planté sur un écran de réglage d’Android. Next.

Design cheap sur le Vernee M7

 

 

[nextpage title= »Mais aussi des modèles plus alléchants »]
De passage sur le Hall 7, je passe faire un tour chez Wiko. Le français a annoncé hier de nouveaux smartphones, dont les fameux View 2. Sur ces derniers, l’encoche est bien présente, mais les puristes remarqueront que l’ex-français s’est plutôt inspiré d’Essential. Ici, la caméra centrale n’est qu’un petit cercle en haut de l’écran. Les finitions sont d’ailleurs plutôt bonnes et le design est franchement réussi. Dommage que Wiko ait décidé d’intégrer un SoC d’entrée de gamme dans ses smartphones : un Snapdragon 450.

Le View 2 de Wiko : un SoC d’entrée de gamme mais un design réussi.

Un  peu plus loin se trouvait un constructeur croate inconnu au bataillon : Noa. Celui-ci présentait une palanquée de smartphones 18:9, dont la pièce maîtresse était le Noa 10. Un joli smartphone à encoche, malheureusement uniquement présenté sous une cloche. Vendu moins de 400 dollars, sa fiche technique est alléchante : écran QHD+, SoC Helio P23, batterie de 3600 mAh et Android Oreo sont au programme. Pas très inspiré, certes, mais intrigant.

Le Noa 10, un joli smartphone à encoche

Le clou du spectacle en ce qui concerne les copies d’iPhone X se trouvait sur le stand d’Ulefone. Ho, le constructeur avait bien sa copie sans âme sous Android, l’Ulefone X. Encoche, fines bordures d’écran et capteur photo dorsal placé verticalement, il remplit parfaitement le cahier des charges de la copie moyenne. Mais Ulefone avait toutefois une petite surprise en réserve : l’Ulefone T2 Pro.

L’Ulefone X
Ulefone X2

Un écran superbe 

L’Ulefone T2 Pro est un appareil vraiment impressionnant. A commencer par son écran au ratio 19:9 de 6,7 pouces qui prend la quasi-intégralité de la façade. Les bordures d’écrans sont pour le coup complètement inexistantes. Un écran superbe, qui dispose d’ailleurs d’un capteur d’empreintes digitales placé sous l’écran.

Ulefone T2 Pro

Malheureusement, ce dernier ne fonctionnait pas sur l’exemplaire en démonstration. Pas plus que la caméra frontale d’ailleurs. Au niveau de l’interface, le téléphone tournera sous Android 8.0 Oreo sans aucune interface. Mais, là encore, notre exemplaire de démo était très capricieux et plantait régulièrement. Enfin, ne faites pas attention au dos en verre brisé : il semble que les premiers jours de salon aient été douloureux pour le téléphone.

Ulefone T2 Pro

Je n’ai aucune idée du prix ou de la date de sortie d’un tel appareil, la représentante chinoise parlant encore plus mal anglais que moi (une autre constante des nombreux stands des petits constructeurs chinois). Il faudra sûrement s’attendre à quelque chose d’élevé étant donné le design et la fiche technique musclée (Helio P70, 8 Go de RAM, batterie de 5000 mAh et double capteur dorsal de 21 + 13 MP). C’est de loin l’appareil le plus impressionnant que j’ai pu voir en dehors des gros constructeurs de smartphones.