Dossier

[Notre sélection] Les films de braquage qu’il faut absolument avoir vus

Cinéma

Par Henri le

Après avoir récemment évoqué les meilleurs films de gangsters, cette sélection se focalise sur une de leurs activités préférées : le braquage. Restez à terre, allumez votre écran et tout ira bien.

Les films liés au gangstérisme ou à l’activité carcérale sont si nombreux qu’il est bien difficile de les classer. Tout comme l’évasion, le braquage s’est taillé une place à part dans le septième art, en devenant un sous-genre particulièrement apprécié. Mêlant action et réflexion, ces longs-métrages se sont bien souvent inspiré des méthodes réelles employées par les criminels, avant que ces derniers ne s’inspirent de la production cinématographique dans la vie !

Comme souvent, l’engouement autour de ce genre de films a conduit à une multiplication des productions opportunistes et de qualité variable. Voici donc une petite liste des films qu’il faut avoir vus pour réussir (ou non !) le braquage parfait.

Heat

Il avait bien sûr sa place dans notre sélection de gangsters, mais Heat a tout de même sérieusement révolutionné la vision du braquage au cinéma. Ce film, considéré comme le plus culte de Michael Mann, est en fait le remake du téléfilm L.A Takedown qu’il a lui-même réalisé. Robert de Niro excelle en chef d’une bande de braqueurs intrépide tandis qu’Al Pacino est mémorable en enquêteur chevronné.

Ces deux géants se font face dans un film au rythme impeccable, solidement épaulés par Val Kilmer, Kevin Gage ou encore Jon Voight. Grâce à l’expertise de véritables agents des forces spéciales, Mann donne à ses scènes un punch phénoménal, sans pour autant délaisser l’écriture des personnages. Il a de ce fait très bien vieilli et ne souffre d’aucunes longueurs. Un tour de force pour ce film de presque trois heures.

Inside Man

Dernier grand film de Spike Lee, Inside Man a réussi à redonner ses lettres de noblesse à un genre vieillissant. Basé sur une intrigue particulièrement retorse, le long-métrage offre une place de choix à une brochette de star composée de Denzel Washington, Clive Owen et Jodie Foster.

Il propose une plongée dans la tête de braqueurs très organisés, en quête du hold-up parfait. En habillant chaque otage de la même manière qu’eux, ils brouillent les pistes de la police qui ne sait plus où donner de la tête.

Alors que le capitaine de la police décide d’encercler la banque, il comprend peu à peu que les commanditaires ne sont pas venus chercher de l’argent. En résulte un film de genre réjouissant, dans la plus pure tradition hollywoodienne (la bonne, rassurez-vous).

[nextpage title= »Voler aux riches… »]

Une après-midi de chien

Si Al Pacino régnait en maître sur notre sélection de gangsters, il se retrouve une nouvelle fois sur le devant de la scène avec Un après-midi de chien. Il faudra en revanche oublier la fougue d’un Tony Montana ou le professionnalisme de Carlito Brigante. Cet excellent film de Sydney Lumet fait écho à un véritable événement survenu à Brooklyn (New York) en 1972.

On y découvre le récit de trois gangsters débutants qui décident de braquer une banque. Alors que l’un d’entreux se dégonfle au dernier moment, les deux qui restent comprennent vite que l’opération capote.

Commence alors un cauchemar qui va durer un long moment. Plus que l’itinéraire de deux perdants, Sydney Lumet s’intéresse aux frustrations de la société américaine. Basé sur deux personnages loin des stéréotypes, le récit nous interroge sur notre manière parfois rapide de juger les autres. Un film différent, qu’il est difficile d’oublier.

The Town

La ville de Boston semble exercer un fort pouvoir d’attraction chez les réalisateurs en quête d’action. Mystic River, Les infiltrés, Strictly Criminal, Gone Baby Gone se déroulent tous dans ce qui est l’une des plus anciennes villes du pays. C’est aussi le cas de The Town, réalisé par Ben Affleck, qui tient également le premier rôle aux côtés de Rebecca Hall et Jeremy Renner. Mis en scène de manière très réaliste, le film propose de suivre une équipe de braqueurs chevronnés, qui se targue de ne pas répandre de sang sur son passage.

Doug MacRay (incarné par Affleck) et son gang prennent un jour en otage une jeune directive de banque et réalisent un coup de maitre. Mais ce dernier ne sait pas si elle l’a reconnu malgré son masque. Il décide alors de rentrer en contact avec elle, mais ne tarde pas à éprouver des sentiments. Les autres membres ne voient pas cette idylle d’un bon œil, d’autant que le FBI se rapproche dangereusement de leur organisation.

Cette situation inextricable permet à ce thriller frénétique de ne jamais laisser le spectateur respirer. Affleck confirme qu’il est meilleur derrière la caméra, en lorgnant sur l’énergie d’un Mann tout en soulignant la dimension sociologique de ce genre de délinquance. Du boulot net et sans bavures.

Point Break

Si les années 90 devaient disposer d’un film-étendard, Point Break serait probablement un sérieux concurrent. Réalisé par Kathryn Bigelow, qui s’occupera ensuite des plus sérieux Démineur et Zero Dark Thirty, le film transpire le kitsch, mais se révèle toujours plaisant.

Une équipe de braqueurs déguisés en ex-président américain ne cesse d’affoler les banques. Johnny Utah, un ancien joueur universitaire de football américain devenu agent du FBI est mis sur l’enquête. Accompagné de son collègue Angelo Pappas, il décide d’infiltrer les principaux suspects : une équipe de surfeurs avide de sensations fortes.

Si un tel synopsis a de quoi faire sourire, le duo Patrick Swayze/Keanu Reeves fonctionne à l’écran grâce à un enchaînement de séquences fortes et de répliques devenues cultes. Pas sûr que les plus jeunes adhèrent encore, mais les nostalgiques y reviendront toujours. Bigelow signe ici le Top Gun des films de braquage.

[nextpage title= »… Pour devenir riche ! »]

Le Cercle Rouge

Et les films français dans cette histoire ? Ils ont aussi leur place, rassurez-vous. C’est notamment le cas du Cercle Rouge, un des films cultes de Jean Pierre Melville qui rassemble Alain Delon, Bourvil ou encore Yves Montand. Un incroyable concours de circonstances fait se rencontrer un truand marseillais, un détenu en pleine cavale et un ex-policier alcoolique.

Traqués par un commissaire pointilleux, ils vont tenter de commettre un casse de bijouterie sur la célèbre place Vendôme. Qui dit vol de bijoux dit receleur, et c’est là que les choses se compliquent. En plus d’une somptueuse bande originale, Melville enchaîne les scènes fortes à l’image d’un braquage sans dialogue mémorable ou d’une partie de billard pas si solitaire que ça. Son style lent, précis, méticuleux fait une nouvelle fois des merveilles. Un film élégant, qui plaira aux esthètes.

Bonnie & Clyde

Comment évoquer les braquages sans évoquer le couple de truands le plus célèbre du cinéma ? Sortie en 1967, l’œuvre d’Arthur Penn avait fait grand bruit du fait de sa violence. La cavale sanglante de Faye Dunnayay et Warren Beatty, dans leur meilleur rôle, n’était pourtant pas qu’un simple film d’action. Précurseur de changement stylistique profond dans le cinéma américain, Bonnie & Clyde tissait en filigrane une réflexion sur la société de l’époque, engoncée entre le mouvement hippie et la guerre du Vietnam.

Malgré ses agissements, ce couple mythique remet en question la société de consommation, l’économie capitaliste et la misère sociale. Il est aussi l’étendard d’une libération sexuelle au cinéma. Si depuis, la représentation graphique de la violence a largement dépassé celle des films de cette époque (coucou Tarantino et consorts), ce long-métrage culte a tout de même très bien vieilli.

Ocean’s Eleven

Remake de L’inconnu de Las Vegas (1960) où figurait le « Rat Pack » de Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr., Ocean’s Eleven fut un des grands succès de 2002. Il est bien sûr plus compliqué de parler de braquage étant donné que les armes ne sont pas omniprésentes, mais il avait malgré tout sa place dans notre sélection. Doté d’un casting quatre étoiles, réunissant George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon ou encore Julia Roberts, le film de Soderbergh s’apprécie comme un joli plaisir coupable.

À peine libéré de prison, Danny Ocean veut se lancer dans son plus grand coup : cambrioler les trois plus prestigieux casinos de Las Vegas d’un coup. Il va alors monter une équipe de spécialistes de l’arnaque et du vol pour arriver à ses fins. Malgré de sacrées facilités de scénario, le rythme du récit et la malice des acteurs l’emportent sur des situations rocambolesques. C’est du grand (et du bon) divertissement hollywoodien. Rien n’est logique, mais tout fonctionne !

Nous avons tenté de rester éclectique, mais voici quelques mentions (plus) qu’honorables :

Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill
Guet-apens de Sam Peckinpah
L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison
Mesrine : L’instinct de mort de Jean-François Richet

Nous sommes, comme toujours, ouvert à vos recommandations !