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Rocky : entre classiques et plaisirs coupables, notre classement des films de la saga

Cinéma

Par Julien Paillet le

Creed 2, le nouvel opus du spin off de la saga Rocky, sortait dans les salles françaises hier. Pour l’occasion, le Journal du Geek revient sur la franchise culte centrée sur le personnage mythique de boxeur inventé et interprété par Sylvester Stallone. Et vous livre son classement des meilleurs films de la série, du ‘‘pire’’ au ‘‘meilleur’’ épisode.

Rocky V (1990)

Après son terrible combat contre Ivan Drago, Rocky Balboa souffre de séquelles physiques qui le poussent à prendre sa retraite. Sans argent, il devient alors l’entraîneur de Tommy Gunn, un jeune boxeur au fort potentiel. Mais ce dernier, rapidement sensible à l’appât du gain, quitte Rocky pour rejoindre un coach plus fortuné.

https://youtu.be/aiuL-qi_jnE

Avec ses ‘‘seulement’’ 40 millions de dollars amassés aux États-Unis, ce qui équivaut à presque trois fois moins d’entrées que les opus précédents, cette cinquième aventure du boxeur reste sans doute la plus oubliée et la plus oubliable de toute la licence. La faute à un rythme qui manque cruellement de punch, et à l’absence de charisme de Tommy Gunn. Des défauts également renforcés par la mise en retrait du personnage de Rocky, qui perd ici de son aura culte, et à un combat de rue final à la limite du ridicule. Une série b décevante, sans être honteuse pour autant.

Creed (2015)

A Philadelphie, Adonis Johnson, fils du célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé plusieurs années auparavant, retrouve la trace de Rocky Balboa. Ce dernier, qui avait autrefois affronté le père du jeune homme, vit désormais seul depuis la mort de sa femme Adrian. Sollicité par Adonis pour qu’il devienne son entraîneur, l’ancienne légende du ring se montre d’abord réticent à l’idée de travailler avec le garçon. Mais face à la détermination qui semble émaner de celui-ci, Rocky finit par accepter. Ensemble, les deux hommes vont alors tout faire pour se surpasser et remporter la victoire contre Ricky Colon, le champion du monde des poids mi-lourds britannique.

Réalisé par Ryan Coogler (Black Panther), Creed réussit à ressusciter le mythe créé par Stallone en 1977 avec le premier Rocky. C’est là toute la réussite et la faiblesse du métrage, qui démontre un savoir-faire et une rigueur dans la mise en scène et l’écriture aussi efficaces que classiques. Incapable de réellement réinventer la saga autrement qu’en la copiant, le film apparaît dès lors comme une sorte de remake de l’opus originel dans sa réutilisation de séquences clefs et de Rocky 5 pour l’utilisation de sa relation maître – élève.

Une formule façon Star Wars 7, qui préfère donner au spectateur nostalgique ce qu’il était venu chercher plutôt que d’oser la prise de risque novatrice. En résulte une œuvre marquée par la force de son héritage, parfois transcendée par la musique de Ludwig Göransson et de jolis mouvements de caméra, mais trop proche de son modèle pour vraiment en atteindre les mêmes sommets.

[nextpage title= »5ème et 4ème place »]

Rocky IV (1985)

L’ancien rival et désormais ami de Rocky, le célèbre Apollo Creed, est tué sur le ring lors d’un combat contre le boxeur russe Ivan Drago. Culpabilisant de n’avoir pu sauver celui qui s’apparentait à un frère pour lui, Rocky décide par esprit de vengeance de demander une confrontation face à Ivan Drago. Un choc de titans qui se déroulera directement en Russie.

Souvent moqué et pourtant très apprécié des fans, Rocky IV se caractérise par sa volonté d’afficher à l’écran un spectacle toujours « bigger and louder » que par le passé. Avec son intrigue aussi linéaire qu’efficace, son « méchant » invincible et ses nombreuses séquences façon clip ponctuées de chansons des 80’s, le film s’apparente à un énorme roller coaster émotionnel. Plus que dans n’importe quel autre métrage de la franchise, Rocky devient ici véritablement un surhomme, une figure herculéenne capable d’encaisser tous les coups et d’en rendre autant jusqu’à atteindre le K.O.

En fond, derrière la confrontation entre Balboa et Drago, le scénario construit tout un combat entre une image volontairement idéalisée des USA et celle, surpuissante mais déshumanisante, de la Russie. Un versant propagandiste tellement outrancier qu’il en devient quasiment parodique. Un pur produit de son époque doublé d’un immense plaisir coupable. Jouissif.

Rocky 2 (1979)

Deuxième round pour la saga. Cette fois-ci, Rocky Balboa obtient le droit de défier une nouvelle fois le champion Apollo Creed après lui avoir fermement tenu tête lors du premier volet. Creed, bien que vainqueur lors de leur précédente rencontre, ne supporte pas d’avoir été ainsi bousculé et tient autant que son adversaire à prendre sa revanche.

Excellente suite au premier volet, Rocky 2 en reprend intelligemment la formule pour mieux l’enrichir. Cette fois-ci réalisée par Sylvester Stallone, qui signera également la mise en scène du troisième, quatrième et sixième film, cette nouvelle histoire se voit transcendée par son incroyable face à face final entre Balboa et Apollo Creed. Un moment d’anthologie organique où le spectateur ressent physiquement l’impact des coups et la passion qui anime les deux boxeurs. A cela s’ajoute une magnifique love story, qui délivre quelques-uns des instants les plus sentimentaux de toute la franchise.

[nextpage title= »Top 3″]

Rocky 3 (1983)

Après sa victoire face à Apollo Creed, Rocky Balboa est devenu aux yeux du monde un champion d’envergure. Mais cette gloire provisoire et enivrante lui fait perdre un combat face à un nouveau venu dont la détermination terrasse celle de celui qui a déjà fait ses preuves. Pour lui redonner l’envie du combat et le goût de la victoire, Apollo Creed en personne vient alors en aide à Rocky.

https://youtu.be/mISR_9kXqLM

Virage à 180° dans la saga avec Rocky 3 et première apparition de la célèbre chanson Eye of the Tiger de Survivor au sein de la série. Un titre typique de l’époque qui fait entrer la franchise de plein pied dans les années 1980.

Délaissant quelque peu la vie familiale du boxeur au profit de l’action pure, le film abandonne de fait le réalisme froid du premier opus. Plus fun, plus coloré, plus sensationnel, Rocky 3 renouvelle la formule avec brio. Un excellent produit, ancré notamment dans les mémoires grâce au redoutable Clubber Lang. Un rival incarné par l’excellent Mister T, un catcheur devenu acteur principalement connu pour son rôle dans L’Agence tous risques. Une suite énergique et innovante, qui perd en profondeur ce qu’elle gagne en efficacité.

Rocky Balboa (2006)

Depuis maintenant de nombreuses années, Rocky Balboa, devenu depuis ses débuts une légende, a raccroché les gants. Il se consacre désormais à son restaurant, et s’amuse à raconter à ses clients ses exploits passés. Mais chaque jour, la mort de sa femme et l’absence de son fils qui ne vient jamais lui rendre visite suscite chez lui une souffrance intérieure pesante. Du côté du monde de la boxe, c’est désormais Mason Dixon le nouveau grand champion en titre. Et alors que les promoteurs lui cherchent un adversaire digne de son nom, le nom de Rocky refait surface. Balboa y voit alors l’opportunité de se battre une dernière fois, et de ressusciter l’esprit de ses succès d’antan.

‘‘Je vais te dire un truc que tu sais déjà. Le soleil, les arcs en ciel, c’est pas le monde ! Y a de vraies tempêtes, de lourdes épreuves aussi grand et fort que tu sois la vie te mettra à genoux et te laissera comme ça en permanence si tu la laisses faire. Toi, moi, n’importe qui, personne ne frappe aussi fort que la vie, c’est pas d’être un bon cogneur qui compte, l’important c’est de se faire cogner et d’aller quand même de l’avant, c’est de pouvoir encaisser sans jamais, jamais flancher. C’est comme ça qu’on gagne !’’. Ce morceau de dialogue, extrait de ce dernier épisode de la franchise Rocky juste avant que Creed ne prenne la relève quelques années plus tard, cristallise à lui seul tout le propos du film et d’un homme, Sylvester Stallone. En revenant aux sources de la saga, le légendaire personnage vieillissant évolue ici dans un monde désenchanté bien loin des épisodes tape à l’œil de Rocky 3 et 4. Plus que l’action, c’est le discours et la mélancolie de l’interprète de Rambo qui font de ce sixième film une leçon de vie. Un chef d’œuvre.

Rocky (1977)

A Philadelphie, dans les quartiers populaires, Rocky Balboa tente de survivre socialement. Il collecte notamment plusieurs dettes auprès de l’usurier Tony Gazzo et effectue occasionnellement des combats de boxe faiblement rémunérés. Parallèlement à cela, Paulie, un ami de Rocky, lui fait rencontrer sa sœur Adrian, une jeune vendeuse au tempérament réservé. La vie du boxeur amateur se voit bouleversée le jour où Apollo Creed, champion du monde de boxe catégorie poids lourd, annonce vouloir remettre son titre en jeu. Pour cela, le sportif recherche un nouvel adversaire. Son choix se porte alors sur Balboa. Ce dernier va tout mettre en œuvre pour remporter le défi qui lui est lancé.

Rocky premier du nom ou la naissance d’un mythe. A travers un récit ultra réaliste, Stallone crée ici une icône du cinéma américain. Une figure sociale à la fois attachante, crédible, et doté d’une force physique et mentale d’exception. Au cœur du métrage, c’est bien la thématique du surpassement de soi qui élève l’histoire au rang de référence absolue du genre. La boxe n’est ainsi qu’un prétexte pour raconter la lutte pour l’existence humaine. De plus, la défaite finale du personnage filmée pourtant sous forme de victoire, démontre qu’il ne s’agit pas tant de gagner que de perpétuellement continuer à se battre. Un sous texte fort, pour un film aussi épique qu’intimiste et romantique.

Un classique indétrônable du septième art.