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Des hybrides cochons-singes ont été menés à terme par des chercheurs chinois

Des scientifiques chinois ont donné naissance à des chimères : des cochons dont certains organes comportent des cellules de macaque. Le but de l’expérience ? Progresser vers la génération viable d’organes humains, ou similaires, dans le corps d’animaux.

Cellule embryonnaire.

En génétique, une chimère est un organisme composé d’au moins deux populations de cellules issues de génomes d’espèces différentes – l’une, en grande majorité, et l’autre, en minorité. L’organisme chimérique reste donc très proche d’un individu de l’espèce des cellules majoritaires. Néanmoins, certains de ses tissus et organes présentent des cellules d’une autre espèce. Des généticiens chinois ont récemment fait naître de tels organismes chimériques, selon le New Scientist et une étude publiée le mois dernier dans la revue Protein & Cell. Grâce à la méthode de fécondation in vitro, ces chercheurs ont donné naissance à deux chimères cochons-macaques. Ces dernières sont néanmoins morts au bout d’une semaine.

Tang Hai du laboratoire State Key de biologie de Beijing et son équipe ont cultivé des cellules souches de macaque crabier (Macaca fascicularis). Ils y ont ensuite introduit une protéine de fusion, qui s’insère dans le matériel génétique des cellules par recombinaison de l’ADN. Cette protéine, appelée GFP (« Green Fluorescent Protein »), émet une légère lumière verte lorsqu’elle est synthétisée. Les cellules produisant de la GFP sont ainsi discernables plus facilement des autres au microscope. Après avoir obtenu des embryons de porc par fécondation in vitro, les généticiens y ont inséré les cellules souches fluorescentes de macaque. Celles-ci, dites pluripotentes, sont capables de se différencier de la même manière que les cellules embryonnaires. Ainsi, au fur et à mesure de la croissance des embryons de cochon implantés dans l’utérus de truies, les cellules de macaque se sont « mélangées » avec les cellules de porc pour former les organes et les tissus des futurs porcelets. Les scientifiques chinois sont parvenus à constater la teneur du partage grâce à la lumière verte émise par les cellules de macaque. Au total, entre une cellule sur 1000 et une cellule sur 10 000 des deux chimères cochons-macaques seulement provenaient des cellules souches de macaque initiales.

Vers la culture d’organes humains ?

D’après Tang Hai et ses collègues, les bébés chimères seraient morts suite à l’inefficacité de la fécondation in vitro chez le porc. En effet, des 4000 embryons implantés, seulement douze ont donné des bébés cochons – dont les deux chimères – et tous sont morts au bout d’une semaine. « Les cellules souches embryonnaires de primate, très similaires dans leurs propriétés à celles des humains, constituent un excellent modèle pour étudier le chimérisme inter-espèce et la création d’organes », déclarent cependant les scientifiques dans leur étude. L’objectif de ces expériences, à terme, est effectivement de pouvoir générer des organes humains (ou, du moins, très proches génétiquement) pour en faire bénéficier le secteur médical. Connus pour leurs nombreuses similarités physiologiques avec l’être humain, les cochons y joueraient donc un rôle de support sur lequel « faire pousser » des organes de remplacement.

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