Chine : Les jumelles génétiquement modifiées possèdent des mutations imprévues

Science

Par Felix Gouty le

Non seulement les modifications effectuées sur le génome de jumelles chinois ne seraient pas aussi réussies qu’espérées, mais elles auraient apporté un lot d’autres mutations imprévues.

En novembre dernier, la nouvelle avait chamboulé le monde de la génétique. En Chine, des jumelles – surnommées Lulu et Nana pour garantir leur anonymat – naissaient après que des modifications ont été effectuées sur leur génome lors de la phase embryonnaire. L’expérience menée par  un généticien chinois He Jiankui visait à les immuniser contre le VIH, le virus du SIDA. Elle exploitait la récente méthode de « ciseau moléculaire » CRISPR-Cas9, qui permet de « copier/coller » un morceau d’ADN, voire un gène entier, dans un endroit précis du génome. L’annonce avait fait polémique et aucune revue scientifique n’avait ensuite accepté de publier une étude sur le sujet. Le journal américain MIT Technology Review a néanmoins mis la main sur des extraits d’un article écrit par le fameux chercheur chinois où il détaille ses premières conclusions. Des extraits qui révéleraient les nombreux écueils de cette manipulation génétique.

En premier lieu, le texte ne conclut pas que la modification escomptée a été obtenue. Celle-ci était censée altérer le gène CCR5, qui est responsable de la synthèse d’un récepteur membranaire de cellules immunitaires. Sa mutation CCR5Δ32 immuniserait certaines personnes du VIH. L’étude affirme cependant simplement que la mutation obtenue par le chercheur chinois est « similaire » et non identique à celle qui offre cette immunité. De plus, durant cette expérience, l’utilisation de CRISPR-Cas9 aurait impacté d’autres séquences génétiques. Et les conséquences possibles de ces autres mutations ne sont pas encore connues.  « Il y a énormément de problèmes dans l’affaire des jumelles CRISPR : (Le généticien) n’a pas contrôlé ce que CRISPR faisait et cela a créé plein de conséquences imprévues », a déclaré à l’AFP Kiran Musunuru, généticien de l’université de Pennsylvanie.

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