Test

[Prise en main] Huawei Matebook 14 2020 : on prend le même et on recommence

Ordinateurs

Par Felix Gouty le

Le nouveau Huawei Matebook 14, cru rentrée 2020, brille par son autonomie et sa polyvalence mais relève difficilement le défi lorsque l’utilisateur le sort de sa zone (restreinte) de confort.

Crédits : Le Journal du Geek.

En septembre, à l’occasion de l’IFA de Berlin 2020, le géant chinois de la télécommunication, Huawei, a présenté deux nouvelles versions de ses « notebooks » : le Matebook X (2020) et le Matebook 14 (2020). Ce dernier a profité d’une refonte de ses performances et d’une mise à niveau de ses composants. Est-ce que la recette revisitée fonctionne ? Le Matebook 14 (2020) est-il à la hauteur de son très polyvalent homologue chez Honor, le MagicBook 14 Pro ?

Disclaimer : Ce test a été mis à jour (date de publication originale : 06/10/2020), le 16 octobre, suite à quelques corrections et ajouts, dans la partie Performances. Nous avons eu l’occasion de tester une deuxième machine, envoyée par Huawei, avec laquelle nous avons obtenu des résultats légèrement plus satisfaisants.

Fiche technique

Dimensions 30,75 x 22,3 x 1,59 cm
Poids 1,49 kg
Processeur AMD Ryzen 7 4800H
Carte graphique AMD Radeon Graphics
Mémoire vive 16 Go (RAM DDR4)
Stockage 512 Go (PCIe SSD)
Écran 14 pouces (FHD – 2160 x 1440)
– IPS
– Bordures d’écran = 90% du châssis
Système d’exploitation Windows 10 Home
Clavier – Clavier rétro-éclairé
– Lecteur d’empreinte + Webcam « pop-up » 1 MPx
Alimentation 56 Wh (chargeur à 65W)
Connexion – WiFi (type IEEE 802.11ac)
– Bluetooth 5.0
Ports entrée et sortie – 1 x USB-C
– 1 x USB-A 3.0 + 1 x USB-A 2.0
– 1 x HDMI
– 1 x 3.5mm Audio Jack (Combo Jack-Micro)
– 4 x Micros + 2 x Hauts-parleurs

A noter qu’une autre version, opérant sous processeurs Intel de dixième génération, est aussi disponible. Deux configurations sont alors possibles : Intel Core i5 10210U ou i7 10510U. Deux capacités de mémoire vive sont aussi accessibles : 8 Go ou 16 Go.

Design & Ergonomie

Comme son nom l’indique, le Huawei Matebook 14, cru 2020, se dote d’un écran de 14 pouces d’une superbe résolution QHD de 2160 x 1440 pixels. L’écran prend 90% de la surface du châssis dans une finition à l’allure cristalline très élégante. Il est très lumineux et très coloré. Il rend ainsi n’importe quelle session de streaming très agréable, même pour une vidéo en 4K ou 8K. En cela, il réitère la recette réussie de ses prédécesseurs et du récent MagicBook Pro. Comme avec le reste de ses ordinateurs portables commercialisés cette année, Huawei offre à ce PC un clavier aux touches extrêmement bien disposées malgré la place réduite de ce « notebook ». Ce Matebook 14 (2020) s’équipe, lui aussi, d’une webcam « pop-up », cachée par un ressort logé au milieu de la ligne des touches Fn pour compenser la taille de l’écran. Là encore, l’idée est bonne (et permets d’éviter d’être la cible de chantage à la webcam) mais l’angle de l’optique continue de la rendre inutilisable en pratique (voir ci-dessous). De même, pour réduire au mieux l’énergie nécessaire à son alimentation (et donc la chaleur émise et gérée par la nouvelle génération de ventilateurs Shark Fin sous le capot), le rétroéclairage du clavier reste bien trop faiblard même dans la pénombre la plus totale.

En outre, le bouton d’allumage se dote d’un lecteur d’empreinte digitale qui offre une option de déverrouillage supplémentaire. De plus, couplé au SSD de 512 Go sur lequel opère le Matebook, il permet un démarrage presque immédiat et extrêmement fluide. Grâce à sa taille réduite (pourtant impossible à remarquer grâce à l’excellente résolution de son écran), le Matebook 14 (2020) pèse moins de 1,5 kilogrammes selon son constructeur. De ce fait, il ne se ressent même pas dans le sac à dos ou à la main et se positionne véritablement comme LE PC portable léger et polyvalent que beaucoup de nomades recherchent.

Performances & Autonomie

Pensé pour les nomades, qui trimballent leurs travaux avec eux constamment, cet ordinateur n’a cependant pas été conçu ni pour les gamers ni pour les créatifs. Son microprocesseur AMD Ryzen 7 4800H (dans la version AMD du modèle) brille surtout dans la gestion du multi-tâche – non sans l’aide de 16 Go de RAM – mais montre rapidement ses limites. Avec une application active (Steam) et une fenêtre Microsoft Edge ouverte avec plusieurs onglets en arrière-plan, le Huawei Matebook 14 (2020) a combattu difficilement plusieurs lenteurs de traitement et d’action pendant une séance de montage audiovisuel simple (c’est-à-dire, sans effets lourds graphiquement) sur le logiciel Camtasia. Après avoir expérimenté un multi-tâche intensif, en excluant ce logiciel de montage (et donc sans faire appel au très modeste GPU), sur une autre machine identique, nous n’avons pas expérimenté autant de lenteurs. Si le PC reste opérationnel en pratique, il devient quasiment incompétent face à un jeu vidéo de poids. A vrai dire, cela n’a rien d’étonnant : c’est un « notebook » et non pas un PC pour gamers.

Une fois le jeu installé et une partie lancée, Jurassic World Evolution se configure automatiquement en qualité graphique « très basse » à la détection de la configuration du Matebook. Si jouer reste possible, les rendus graphiques offerts par le PC de Huawei nous ramènent plusieurs années en arrière (voir ci-dessous). L’ordinateur n’a cependant rien d’une plaque chauffante, dans ces conditions, et ses ventilateurs restent extrêmement discrets. Idem sur le jeu d’aventure Tomb Raider. A l’inverse, un jeu moins gourmand mais toujours élégant graphiquement, comme le jeu de course Asphalt 9 : Legends, n’a aucune difficulté à tourner à fond sur le Matebook 14 (2020). En somme, selon le logiciel UserBenchmark (voir image ci-dessous), qui donne une estimation de la compétence moyenne du PC selon ses composants, ce « notebook » made in Huawei est parfait pour la bureautique intensive mais n’est définitivement pas fait pour le jeu-vidéo moderne. L’usage du « cloud-gaming » pourrait lui permettre de solutionner cette relative incompétence.

En termes de jeu en ligne, l’absence de véritable WiFi 6 ne se fait pas ressentir : lié à une bonne fibre optique, le Matebook 14 (2020) n’a rien de lent. Il profite, par ailleurs, d’une nouvelle fonctionnalité. Son grand et bel écran est tactile et s’oriente plus particulièrement envers les créatifs, adeptes de Photoshop ou d’Illustrator. Il permet même d’effectuer des captures d’écran sans passer par le clavier et le pavé tactile, à l’aide de nos simples doigts. La technique pour y parvenir n’est cependant pas aussi facile qu’il n’y paraît. L’utilisateur doit positionner trois doigts légèrement écartés au centre de l’écran pour déclencher l’option de capture d’écran tactile. Il faut souvent s’y reprendre à plusieurs fois pour réussir à réveiller l’application, et ne pas quitter le centre de l’écran. Une fois déclenchée, la fonctionnalité offre plusieurs options de capture, de la simple sélection rectangulaire à des formes plus circulaires. Une pression imprime l’intégralité de l’écran. De façon très pratique, l’application détecte automatiquement la présence de texte et le retranscrit pour faciliter certains copier/coller. La capture est ensuite enregistrée dans le dossier « Huawei Share » sous « Screenshots ». La mauvaise nouvelle : après seulement quelques essais, le revêtement vendu « anti-trace » par Huawei se pare de nombreuses … traces, qui resteront justement imprimées à l’écran jusqu’à ce qu’il soit nettoyé avec un produit approprié.

Pour finir, le Huawei Matebook 14 (2020) marque des points avec son autonomie. Elle est estimée en moyenne à 14,7 heures pour un visionnage constant d’une vidéo 1080p. Si l’utilisateur se contente effectivement de « binge-watcher » sa série Netflix favori, le Matebook approche bien de la dizaine d’heures d’autonomie. Néanmoins, durant une journée de travail où s’alternent le montage et la bureautique classique, il perd en endurance. 1h54 de travail en multi-tâche a entraîné la perte de 27% de sa batterie. Sa recharge rapide – de « trois heures de bureautique en trois minutes » -tient sa promesse. En quinze minutes, notre exemplaire a regagné 2,5 heures d’autonomie. Une quantité amplement suffisante pour, par exemple, un voyage en train.

Quelles différences avec le Honor MagicBook Pro ?

Hormis le gain d’une dalle tactile sur son écran (d’une résolution légèrement supérieure) discutée plus haut, le Huawei Matebook 14 (2020) possède quelques différences avec son équivalent Honor, la sous-marque de Huawei. Si le Honor MagicBook Pro se dote lui aussi de 16 Go de RAM et d’un SSD de 512 Go, le nouveau Matebook 14 cru 2020 profite d’une puissance de calcul théoriquement supérieure grâce à un processeur AMD Ryzen 7 (4600 H), à 8 cœurs et 16 threads, contre le Ryzen 5 à 6 cœurs et 12 threads. En comparaison du MagicBook Pro, le MateBook perd en connectique et en qualité audio. Premièrement, il concède les 3 ports USB 3.0 de type A, que l’on retrouve sur le MagicBook Pro, pour seulement un port USB-A 3.0 et un USB-A 2.0. Deuxièmement, les colonnes de haut-parleurs situées de part et d’autre du clavier du MagicBook Pro ont disparu dans le dos de la machine. La différence qualitative ne se ressent néanmoins que très peu.

Où l’acheter ?

La version AMD du Huawei MateBook, testée ici, est disponible à partir de 899 euros. La version Intel Core i5 est à 1049 euros, enfin, la version Intel Core i7 est exclusive à Boulanger en France, à 1299 euros.

Galerie du test

 

Notre avis

Le Huawei Matebook 14 (2020) est léger, discret, élégant, endurant et ravira en cela n'importe quel travailleur nomade. Néanmoins, il souffre des mêmes faiblesses de design que ses prédécesseurs (webcam inutile, rétroéclairage imperceptible, etc), de nouvelles (comme la capture d'écran tactile salissante) et montre quelques limites dans des conditions de multi-tâche pour les créatifs de niveau intermédiaire qu'il pourrait cibler.

7 / 10
Les plus
Les moins
  • Un écran d'une résolution impeccable
  • Léger et discret
  • Une autonomie très satisfaisante
  • Un multi-tâche globalement efficace ...
  • Un écran tactile pratique ...
  • Son prix légèrement trop élevé pour ses performances
  • Mêmes faiblesses de design que ses prédécesseurs
  • ... parfois rendu difficile par le montage audiovisuel
  • ... mais qui laisse des traces