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[Impressions] Ce qu’on pense de Mafia III après avoir passé six heures sur le jeu

Par Henri le

Attendu pour le 7 octobre prochain, Mafia III s’est une nouvelle fois laissé approcher pour une session de plusieurs heures. L’occasion de confirmer tout le bien qu’on en pense.

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Depuis deux ans, Mafia III intrigue autant qu’il séduit. Sans artifice ni trailer à foison, le titre de 2K Games a réussi à damer le pion aux autres jeux durant deux gamescom d’affilée. Tout n’était pourtant pas gagné pour le studio, qui a décidé de quitter le confortable monde des mafiosi italiens pour celui de la fin des sixties, période autrement plus sujette à controverse.

Les joueurs qui s’attendaient à incarner un ersatz de Vito Scaletta se retrouvent désormais avec Lincoln Clay, un solide gaillard afro-américain, fraîchement rentré de la guerre du Vietnam. Certains pourraient y voir un détournement de l’ambiance originelle, mais ils se trompent. Mafia a grandi, pour notre plus grand plaisir.

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Très inspirée de la Nouvelle-Orleans, la ville de New Bordeaux a de quoi charmer les amateurs d’open-world. N’espérez pas y retrouver la place des Quinconces, l’aire urbaine de Mafia III correspond parfaitement à l’imaginaire qu’on se fait du berceau du jazz.

Sur PS4, le titre n’est peut-être pas aussi beau qu’il le laissait entendre. On peut déplorer du clipping, de l’aliasing et même des textures un peu baveuses. Mais plus que des spécificités techniques, les graphismes se démarquent par leur caractère. Mis un à côté de l’autre, chaque détail graphique permet de rendre plausible cette ambiance si particulière, bien loin des sempiternelles villes de New York ou Los Angeles. Les gens flânent, se lancent des regards, fument une cigarette. L’architecture de la cité portuaire est respectée, et on se plait à regarder filer les néons des clubs et des bars qui ornent les rues. Que les plus tatillons se rassurent, Mafia III reste très agréable à l’œil, et les mods sur PC devraient en faire un des plus beaux de sa catégorie.

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Si New Bordeaux encourage certes à l’errance, le titre semble avoir gardé son ADN propre, c’est à dire l’enchainement de missions habilement mises en scène. On effectue ces dernières avec un vrai plaisir, d’autant plus que 2K n’a pas oublié de les agrémenter de cut-scène franchement convaincantes. Chaque virée en voiture, et elles sont nombreuses, est l’occasion d’écouter une playlist exceptionnelle, qui devrait ravir les amateurs de soul et de blues… Et tous les autres. Cette centaine de morceaux, qui va de Lightning Hopkins à Sonny Rhodes, en passant par The Animals efface la redondance des trajets, et la conduite parfois un peu rigide de certains véhicules.

Mafia III n’est pas seulement une banale histoire de vengeance, et c’est sa plus grande force. Si le scénario de base n’étonnera pas les férus de films de gangsters, l’écriture se focalise surtout sur la discrimination subie par son personnage principal. Lincoln Clay est un homme noir dans une Amérique qui ne veut pas vraiment de lui, sauf pour aller mourir à l’autre bout du monde. Le titre retranscrit très bien cette atmosphère, et représente une première dans le genre.

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Lincoln n’est pas ostracisé, car il est fou comme Trevor (GTA V), mais simplement parce qu’il est noir. Le studio de développement n’est d’ailleurs complètement tombé dans le manichéisme, en ne faisant pas de ce dernier un saint. C’est un homme très violent, entouré de gens sans grand scrupule, qui est visiblement psychologiquement marqué par le conflit qu’il a vécu. On s’attache beaucoup à lui et sa bande, mais on n’aimerait pas l’avoir en face de nous. Mafia III laisse tomber le mythe du gangster charmeur, et c’est une très bonne chose.