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[Impressions] Deus Ex : Mankind Divided

Par Henri le

En 2011, Deus Ex : Human Revolution ressuscitait la licence de fort belle manière. Cinq ans plus tard, et une génération de console en plus, Mankind Divided va tenter de confirmer… En innovant ?

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Deus Ex : Human Revolution est sorti en 2011, mais laisse un très bon souvenir aux joueurs ayant pris la peine de se plonger dans son univers, qui faisait rapidement oublier celui du décevant Invisible War. Mankind Divided, prévu pour le 23 août prochain, entend bien poursuivre la trame scénaristique de Human Revolution, puisqu’il se déroule à peine deux après. L’apartheid robotique est bel et bien mis en place, et on sent une véritable scission entre la population augmentée et les « naturels ». Une récente vague d’attentat n’arrange rien puisqu’elle justifie la ghettoïsation des robots dans des endroits où il ne fait pas bon vivre. Malgré sa condition d’homme modifié, Adam Jensen est engagé pour faire la lumière sur ces attaques.

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Le titre débute dans la ville de Dubaï, qui fera office de tutoriel durant la ou les premières heures de jeu. Une première impression qui, il faut bien l’avouer, laisse un gout amer dans la bouche. Le titre semble graphiquement assez daté, et fait même un peu trop penser à son prédécesseur, ce qui a tendance à faire tache quand on a changé de console. L’aliasing est présent, et certaines textures bavent un peu. Cela se remarque notamment lorsqu’un élément graphique tient la route (les mains par ex), et souligne l’aspect un peu fade de l’ensemble. Un problème qui se dilue au fur et à mesure des heures, pour laisser transparaître un des points forts du titre : sa direction artistique. C’était le cas pour Human Revolution, ça le sera pour Mankind Divided. Si l’arrivée à Prague rassure beaucoup sur l’aspect général du jeu, on se rend une nouvelle fois compte que c’est l’atmosphère qui nous fait avancer. Il faut croire que le désert ne réussit pas aux robots puisque c’est bel et bien dans les environnements urbains que Deus Ex accroche le joueur. Sans être flamboyants, ils fourmillent de détails, à l’image de ces affiches de films qui traitent encore et toujours de l’apartheid.

L’inquiétude qui entoure l’aspect graphique en début de partie peut, toutes proportions gardées, se projeter sur le gameplay général. On retrouve la maniabilité de l’épisode précédent, notamment le système de couverture, matiné de nouveaux gadgets et d’armes à feu customisables. Mais si les échauffourées sont souvent létales pour le joueur (un bon point), l’I.A. lors des phases discrètes inquiétent toujours un peu. Les choses se sont visiblement améliorées depuis notre première prise en main, mais il arrive souvent que les gardes soient un peu lent à la détente, ou prompt à repasser en mode veille après vous avoir aperçu. Ceux qui cherchent un challenge ardu devront donc directement passer en difficulté maximale.

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Les améliorations sont nombreuses et parfois bien trouvées, mais certaines peuvent devenir l’ennemie du gamer en quête de difficulté. On pense notamment à cette augmentation qui permet facilement de savoir quoi dire à qui pour arriver à ses fins de manière « diplomatique ». Trop efficace, elle empêche d’irriter qui que ce soit et de faire une erreur irrécupérable, qui est un des intérêts du jeu. Les autres vous donneront un avantage offensif ou défensif certain, mais leur durée limite le risque de se prendre pour un dieu. Heureusement, il est toujours possible de les désactiver.

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[nextpage title= »… Mais un univers qui rassure »]

Ce serait d’autant plus dommage que le titre offre de nombreuses manières d’aborder un problème. Il y a toujours un conduit, une échelle, un passant ou un garde à soudoyer. Discuter et lire peuvent vous donner de vrais indices sur les méthodes à envisager. On prend un malin plaisir à scruter les lieux pour trouver cette voie alternative, bien souvent plus jouissive que la violence pure et dure. C’est quand Adam Jensen devient un enquêteur qu’il séduit le plus, et fait oublier les défauts du titre. L’occasion de souligner ses principales richesses : son écriture, sa narration, et son excellente bande-son.

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Si l’univers cyberpunk est bien connu des joueurs, le jeu vidéo a tendance à le faire tomber dans des poncifs guerriers pour pouvoir en tirer explosion et fusillades dantesques. Si on ne sait rien du très attendu Cyberpunk 2077, on peut au moins dire que ce n’est pas le cas de Deus Ex. Le premier épisode posait les jalons d’une histoire complexe et Mankind Divided la reprend sans pour autant laisser les novices sur le côté. Les personnages rencontrés ne sombrent pas dans le manichéisme, et les motivations de chacun semblent plausibles et compréhensibles.

Pour plonger dans cet univers, il est donc recommandé de prendre son temps, en lisant les journaux, en consultant la population ou en relançant les discussions auprès des PNJ. On sent que le titre a été conçu pour être apprécié doucement, pas englouti, même si de gros moments d’action viennent se rappeler à nous de temps en temps, musique à l’appui. Les thèmes se font d’ailleurs un peu plus discrets, mais accompagnent élégamment le joueur dans ses pérégrinations. En ce sens, il est la suite logique du titre de 2011. Un peu plus beau, un peu mieux rythmé, il reprend cependant la structure générale de Human Revolution.

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Évoquons également le mode Breach, qui pourrait justement plaire à ceux qui veulent se dégourdir les mains après une longue session sur la campagne. Pensé totalement indépendamment du reste du jeu, il propose des challenges en time attack plus arcade, qui vous demanderont de maitriser parfaitement les mouvements et les augmentations (les mêmes qu’Adam) de votre personnage. L’aspect graphique divisera peut-être puisqu’il s’agit d’une sorte de mélange entre Tron et Super Hot assez impersonnel. Si les premières missions s’enchainent sans soucis, et ne sont franchement pas très intéressantes, la difficulté monte crescendo. Les développeurs ont également pensé à créer une petite trame narrative qui donne du relief à l’ensemble. Un choix judicieux pour maintenir l’intérêt des fans de l’univers, qui risquent malgré tout d’être un peu dépaysés. Il faudra passer plus de temps à y jouer pour se faire une idée, même si cela ressemble plus à un petit bonus sympathique qu’à un mode chronophage.

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Deus Ex : Mankind Divided se destine à ceux qui ont aimé son prédécesseur, sans pour autant se fermer aux néophytes. Les graphismes et l’intelligence artificielle ne sont peut-être pas ses points forts, mais l’écriture et l’atmosphère rattrapent sans cesse la mise, en nous plongeant dans un univers fascinant et cohérent. Le jeu a certes des défauts, mais il ne manque pas de saveur. Et c’est le plus important. Pas un bond de géant donc, mais un retour qui devrait rappeler de bons souvenirs aux amateurs de FPS un tant soit peu intelligents.

Deus Ex : Mankind Divided, sortie prévue sur PC, Xbox One et PS4 le 23 août prochain