Mais avant de chercher une date précise de fin, une précision s’impose, contrairement à ce que suggèrent certains, aucune date unique et certaine n’existe à ce stade. Voici ce que disent vraiment les modèles météorologiques les plus récents, actualisés ce 9 juillet.
Le pic n’est pas encore passé, loin de là
La vigilance orange canicule ne cesse de s’étendre au fil des jours, 61 départements mardi 7 juillet, 67 mercredi 8, puis 72 départements ce jeudi 9 juillet dès midi, un signe de l’ampleur de cet épisode qualifié de sévère et durable par Météo-France. La progression touche désormais aussi le nord et l’est du pays, avec cinq nouveaux départements ajoutés jeudi, l’Aube, le Cantal, la Haute-Marne, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort, Météo-France prévenant qu’une nouvelle extension vers le Grand-Est reste probable dans les prochains bulletins. La chaleur a déjà produit des records marquants : mercredi 8 juillet, le thermomètre a atteint 43°C à Moulès-et-Baucels, dans l’Hérault, un nouveau record absolu pour cette station, tandis que sept records absolus et 37 records mensuels ont été pulvérisés sur la seule journée de mercredi à l’échelle du pays.
Contrairement à une idée reçue, le pic de vendredi ne marque pas le sommet absolu de la vague. Une nouvelle poussée de chaleur est attendue dès le 13-14 juillet, cette fois orientée vers l’ouest du pays, avec un possible pic à 38°C sur Paris dès lundi 13 juillet. Les nuits, elles aussi, deviennent de plus en plus difficiles car le thermomètre ne redescend désormais plus sous les 20°C dans de nombreuses agglomérations, un facteur qui pèse lourd sur la fatigue accumulée par l’organisme.
Ce que les modèles s’accordent à dire sur la suite
Les trois grands modèles de prévision consultés ce jeudi, le GFS américain, le CEP européen et l’Arpège français utilisé par Météo-France, divergent sur l’intensité exacte des prochains jours mais convergent sur un point. La France restera au-dessus des normales de saison jusque vers le 20 juillet, sans réel retour à la fraîcheur avant cette échéance. Le GFS envisage des pointes jusqu’à 42-43°C dans certains scénarios extrêmes du Sud-Ouest, le CEP se montre un cran plus prudent, et l’Arpège retient pour l’instant des valeurs plus mesurées. Ces valeurs les plus chaudes ne représentent que les scénarios extrêmes d’un ensemble de simulations, pas la moyenne la plus probable, qui tourne plutôt autour de 38-40°C.
Le vrai décrochage vers la fraîcheur ne se fera pas en douceur. Il devrait passer par des orages, liés au recul progressif de l’anticyclone britannique responsable de cet épisode, qui migrerait vers l’Islande et laisserait approcher une goutte froide depuis l’Espagne. Plusieurs sources météorologiques indépendantes situent ce basculement autour des 16 et 17 juillet, avec une baisse plus nette du thermomètre attendue dans la seconde quinzaine du mois. Ces orages de rupture, survenant après plusieurs jours de chaleur accumulée, pourraient localement se montrer violents, avec grêle, rafales et pluies intenses.
Pourquoi aucune date précise n’est fiable à ce stade ?
Au-delà de dix jours, la fiabilité des prévisions météorologiques chute sous les 50 %, un phénomène déjà observé fin juin lorsqu’une déclaration ministérielle évoquant une canicule certaine jusqu’au 14 juillet, prononcée à quinze jours d’échéance, s’était révélée largement prématurée au vu des modèles disponibles à l’époque. La date du 20 juillet, aujourd’hui la plus citée, doit donc être lue comme une tendance issue de la moyenne des scénarios, pas comme une certitude gravée dans le marbre. Si les orages de rupture éclatent plus tôt que prévu, la décrue pourrait être avancée d’un à deux jours. Si le soleil continue de dominer, elle pourrait au contraire être retardée.
Un dernier point mérite d’être connu au-delà de la seule question des températures, même une fois la chaleur retombée, la sécheresse des sols et le risque d’incendie élevé perdureront plusieurs semaines, la végétation et les nappes phréatiques ne se rechargeant pas en quelques averses orageuses. Sur le plan sanitaire, des médecins alertent également sur un danger qui frappe généralement cinq à dix jours après le pic de chaleur, une fois la vigilance des proches déjà retombée, ce qui justifie de maintenir les bons réflexes bien au-delà du jour où le thermomètre commence à baisser.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.