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[Impressions] Dragon Age : Inquisition – 4 heures souris en main pour chasser nos doutes [PC]

Par Redac JDGa le

Difficile d’aborder Dragon Age : Inquisition sans y aller sur la pointe des pieds. Face à un pédigrée comme celui de Bioware, 4 heures de preview paraissent bien peu pour ne serait-ce que gratter la surface de cette nouvelle cathédrale bâtie par le studio canadien. Mais elle reste heureusement suffisante pour se rassurer (ou pas) de la voie prise par le studio pour son come-back.

Dragon Age Inquisition

Car Bioware n’est plus vraiment en odeur de sainteté aujourd’hui. Depuis quelques années, le studio a la guigne : échecs financiers (The Old Republic et ou la conquête ratée du MMO), échecs critiques (Mass Effect 3 et sa fin mal-aimée), départ tragique de ses deux fondateurs, licenciements et fermetures de studios (San Francisco). C’est dans un climat de sinistrose que déboule ce troisième Dragon Age. Pression d’autant plus forte que le jeu doit aussi laver l’affront d’un deuxième épisode raté, qui avait relégué Dragon Age au placard des grandes sagas tuées dans l’œuf après un premier coup d’éclat. Tendance qu’il parviendra, tout le monde l’espère, à inverser après quatre ans de développement, et quelques reports.

Les promesses étaient nombreuses : un territoire promis comme gargantuesque, une centaine d’heures de jeu (dont la moitié pour la trame principale), une nouvelle performance technique, servie par Frostbyte 3.0, moteur prodige gentiment « prêté » par les collègues de DICE. Et surtout : une liberté d’action totale, dans un monde aussi fourmillant qu’autonome. Puisque c’est cette liberté là qui nous intrigue, inutile de s’attarder sur la création de personnage, dont la composition anatomique, modulable dans tous les sens, semble tout aussi redevable au dernier Sims. Décidément, EA sait faire circuler ses brevets en interne. Inutile aussi de s’attarder sur le scénario, à peine esquissé dans cette démo, qui place le joueur en position de sauveur providentiel du monde, comme tous les récits balisés du RPG fantasy le font aujourd’hui.

Dragon Age Inquisition 2

Une fois l’avatar lâché dans la nature, le jeu ne tarde pas à déployer ses arguments. Si on reste dans un AAA d’excellente facture (décors et textures parfois sublimes), on est loin de l’ébahissement espéré. Malgré quelques fulgurance de mise en scène, il est gênant de constater à quel point le jeu pêche à rendre ses personnages charismatiques, qui ânonnent souvent leurs dialogues avec le relief dramatique (et le regard vide qui va avec) d’une statue de cire. A côté d’un The Witcher 3, et son défilé de trognes burinées, tout semble ici très propre et lisse, sans incarnation. Heureusement, le système de dialogue dynamique, si cher à Bioware, a gagné en complexité, proposant plus de choix émotionnels ou psychologiques (merci Telltale), où leurs conséquences pèsent plus sensiblement sur la tenue des événements. Il est rassurant de constater à quel point Bioware conserve cette une efficacité narrative à savoir raconter le scénario initiatique le plus rebattu au monde, sans tomber dans la complaisance du remplissage verbeux. Autre choix louable : son système de combat tactique, cherchant le juste milieu entre exigence du premier épisode et ouverture mainstream du second. Soit la possibilité de mettre son combat en pause, profiter d’une caméra tactique pour évaluer les forces en présence, donner des ordres à ses coéquipiers, avant d’incarner en temps réel un des 4 héros du groupe. Si un tel retour aux fondamentaux fait plaisir sur le papier, on regrette néanmoins son manque d’ambition, certaines options tactiques (donner plusieurs ordres à la suite) manquant cruellement. Plutôt que de fluidifier le combat, l’ergonomie dépouillée du jeu (portage console oblige ?) a ce défaut de rendre les combats brouillons, parfois confus à contrôler, malgré leur dynamisme indéniable.

Dragon Age Inquisition 3

Mais ce qui marquera ce premier contact avec Dragon Age, c’est la densité de son univers, qui saute aux yeux dès qu’on ose mettre un premier pied dehors. Sans être transcendantes d’originalité, les quêtes ont le mérite d’être aussi nombreuses que variées, entre flâneries triviales (chasse, collecte de ressources pour le craft), missions scénarisés ou raids punitifs hardcore. Il est évident que Bioware a bossé son sujet, glanant ça et là des idées aux autres open-worlds, pour les synthétiser dans un tout cohérent. En l’état, rien à dire sur son efficacité première, qui nous happe facilement dans son quotidien chronophage. Le jeu remplit une règle d’or du monde ouvert, si ce n’est la première : savoir attiser la curiosité du flâneur à chaque pas, l’encourager à se perdre par de nombreux détours avant d’atteindre le but qu’il s’est fixé. Reste à savoir si le jeu saura garantir un tel investissement sur le long terme. Un scénario suffisamment immersif, impossible à jauger sur place, en sera une première preuve. Le mode coopératif promis par Bioware, propre à redonner une vie alternative au jeu par des défis collectifs riches en challenge, en sera peut être une autre. Quoiqu’il en soit, ces 4 petites heures auront réussi à troquer un sentiment contre un autre : chasser le doute et l’appréhension pour le soulagement, certes temporaire, mais inespéré.

Dragon Age 4

Difficile d’aborder Dragon Age : Inquisition sans y aller sur la pointe des pieds. Face à un pédigrée comme celui de Bioware, 4 heures de preview paraissent bien peu pour ne serait-ce que gratter la surface de cette nouvelle cathédrale bâtie par le studio canadien. Mais elle reste heureusement suffisante pour se rassurer (ou pas) de la voie prise par le studio pour son come-back.

Dragon Age Inquisition

Car Bioware n’est plus vraiment en odeur de sainteté aujourd’hui. Depuis quelques années, le studio a la guigne : échecs financiers (The Old Republic et ou la conquête ratée du MMO), échecs critiques (Mass Effect 3 et sa fin mal-aimée), départ tragique de ses deux fondateurs, licenciements et fermetures de studios (San Francisco). C’est dans un climat de sinistrose que déboule ce troisième Dragon Age. Pression d’autant plus forte que le jeu doit aussi laver l’affront d’un deuxième épisode raté, qui avait relégué Dragon Age au placard des grandes sagas tuées dans l’œuf après un premier coup d’éclat. Tendance qu’il parviendra, tout le monde l’espère, à inverser après quatre ans de développement, et quelques reports.

Les promesses étaient nombreuses : un territoire promis comme gargantuesque, une centaine d’heures de jeu (dont la moitié pour la trame principale), une nouvelle performance technique, servie par Frostbyte 3.0, moteur prodige gentiment « prêté » par les collègues de DICE. Et surtout : une liberté d’action totale, dans un monde aussi fourmillant qu’autonome. Puisque c’est cette liberté là qui nous intrigue, inutile de s’attarder sur la création de personnage, dont la composition anatomique, modulable dans tous les sens, semble tout aussi redevable au dernier Sims. Décidément, EA sait faire circuler ses brevets en interne. Inutile aussi de s’attarder sur le scénario, à peine esquissé dans cette démo, qui place le joueur en position de sauveur providentiel du monde, comme tous les récits balisés du RPG fantasy le font aujourd’hui.

Dragon Age Inquisition 2

Une fois l’avatar lâché dans la nature, le jeu ne tarde pas à déployer ses arguments. Si on reste dans un AAA d’excellente facture (décors et textures parfois sublimes), on est loin de l’ébahissement espéré. Malgré quelques fulgurance de mise en scène, il est gênant de constater à quel point le jeu pêche à rendre ses personnages charismatiques, qui ânonnent souvent leurs dialogues avec le relief dramatique (et le regard vide qui va avec) d’une statue de cire. A côté d’un The Witcher 3, et son défilé de trognes burinées, tout semble ici très propre et lisse, sans incarnation. Heureusement, le système de dialogue dynamique, si cher à Bioware, a gagné en complexité, proposant plus de choix émotionnels ou psychologiques (merci Telltale), où leurs conséquences pèsent plus sensiblement sur la tenue des événements. Il est rassurant de constater à quel point Bioware conserve cette une efficacité narrative à savoir raconter le scénario initiatique le plus rebattu au monde, sans tomber dans la complaisance du remplissage verbeux. Autre choix louable : son système de combat tactique, cherchant le juste milieu entre exigence du premier épisode et ouverture mainstream du second. Soit la possibilité de mettre son combat en pause, profiter d’une caméra tactique pour évaluer les forces en présence, donner des ordres à ses coéquipiers, avant d’incarner en temps réel un des 4 héros du groupe. Si un tel retour aux fondamentaux fait plaisir sur le papier, on regrette néanmoins son manque d’ambition, certaines options tactiques (donner plusieurs ordres à la suite) manquant cruellement. Plutôt que de fluidifier le combat, l’ergonomie dépouillée du jeu (portage console oblige ?) a ce défaut de rendre les combats brouillons, parfois confus à contrôler, malgré leur dynamisme indéniable.

Dragon Age Inquisition 3

Mais ce qui marquera ce premier contact avec Dragon Age, c’est la densité de son univers, qui saute aux yeux dès qu’on ose mettre un premier pied dehors. Sans être transcendantes d’originalité, les quêtes ont le mérite d’être aussi nombreuses que variées, entre flâneries triviales (chasse, collecte de ressources pour le craft), missions scénarisés ou raids punitifs hardcore. Il est évident que Bioware a bossé son sujet, glanant ça et là des idées aux autres open-worlds, pour les synthétiser dans un tout cohérent. En l’état, rien à dire sur son efficacité première, qui nous happe facilement dans son quotidien chronophage. Le jeu remplit une règle d’or du monde ouvert, si ce n’est la première : savoir attiser la curiosité du flâneur à chaque pas, l’encourager à se perdre par de nombreux détours avant d’atteindre le but qu’il s’est fixé. Reste à savoir si le jeu saura garantir un tel investissement sur le long terme. Un scénario suffisamment immersif, impossible à jauger sur place, en sera une première preuve. Le mode coopératif promis par Bioware, propre à redonner une vie alternative au jeu par des défis collectifs riches en challenge, en sera peut être une autre. Quoiqu’il en soit, ces 4 petites heures auront réussi à troquer un sentiment contre un autre : chasser le doute et l’appréhension pour le soulagement, certes temporaire, mais inespéré.

Dragon Age 4