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[Test] Animal Crossing: Happy Home Designer [3DS]

Par Corentin le

Un des grands aspects de la série des Animal Crossing est la décoration. Le jeu possède un impressionnant panel d’objets, meubles et autres éléments pour mettre en valeur les intérieurs et les extérieurs des bâtisses et il n’est pas rare de visiter les villes des autres joueurs pour admirer leurs maisons. C’est sur cette pratique, qui est une des plus populaires au sein de la communauté du jeu, que Nintendo a décidé de baser un spin-off, entièrement dédié à la décoration.

Le jeu démarre sur votre embauche au sein de Nook Immobilier. Cette agence s’occupe de construire et décorer les maisons de leurs clients. Chaque jour, vous êtes libre de vos activités, vous pouvez soit démarcher un client dans la rue (ou avec une carte amiibo, on y reviendra plus tard) ou bien aller voir Marie (l’adjointe au maire d’Animal Crossing : New Leaf) afin qu’elle vous confie un projet immobilier municipal, comme l’école ou l’hôpital de la ville par exemple.

Quel que soit votre choix, vous devrez respecter un thème qui peut varier de « carte blanche » à « je veux vivre dans un coffre à jouets ». Parfois, les clients apporteront certaines de leurs affaires et vous devrez les intégrer à la décoration générale. Meubles, papier peint, jardin, forme et couleur de la maison, ambiance sonore, les choix de personnalisations ne manquent pas et se débloquent au fur et à mesure des clients et des jours.

Une fois fini, le jeu vous invite à observer les habitants dans leur vie de tous les jours dans un petit clip avec une extraordinaire musique d’ascenseur qui restera bien gravée dans votre crane. Il est également possible de prendre des photos que l’on pourra partager sur le miiverse ou ailleurs (les photos peuvent se récupérer sur la carte SD).

Le jeu n’a aucun algorithme de vérification. Une cliente m’a par exemple demandé une maison remplie de champignons. J’ai ainsi posé au centre d’une grande pièce vide la chaise et la table qu’elle m’a données et j’ai validé la maison au bout de 10 secondes. La cliente était aussi ravie que celle avec qui j’avais passé une heure à élaborer une décoration recherchée. Ainsi, les thèmes, loin d’être coercitifs, sont plus des aides à l’inspiration qu’une vraie difficulté.

Vous pouvez également mettre une douche au milieu du salon, ça ne sera pas un problème. Le jeu ne calcule ni le nombre d’objets répondant au thème, ni l’accessibilité des différents lieux à vivre, ni la présence des commodités basiques comme les toilettes ou un coin cuisine. Le jeu reprenant une grande majorité des assets d’Animal Crossing : New Leaf, on aurait pu attendre un peu plus de réflexion sur le système de jeu.

Quant à l’ergonomie globale du titre, elle est plutôt agréable et placer des meubles n’aura jamais été aussi simple. Le glisser-déposer fonctionne très bien et un plan quadrillé en vue du dessus permet de garder un œil sur l’espace disponible de la pièce. Les meubles sont rangés dans des onglets en haut de l’écran tactile et sont parfois rangés de manière curieuse. Après de nombreuses heures de jeu, il arrivera encore au joueur de chercher pendant plusieurs minutes un objet étrangement rangé. Il est donc conseillé de bien se souvenir du nom des objets afin de les rechercher via un petit moteur de recherche intégré bien pratique.

[nextpage title= »Un relent mercantile »]

Si le jeu vous laisse faire à peu près ce que vous voulez et invite davantage à la créativité qu’au challenge, vous pourrez malgré tout essayer de vous mesurer aux talents décoratifs des autres joueurs via une plateforme en ligne très bien fichue. Vous pouvez ainsi mettre en ligne vos créations, visiter celles des autres, attribuer des points dans quatre catégories différentes (charme, originalité, classe et attrait) et même participer à des concours thématiques.

La substantifique moelle du jeu vient donc de l’aspect partage du titre. Toutefois, cet aspect saura se faire attendre et j’ai bien failli passer à côté. En effet, vous n’en verrez la couleur qu’au bout d’un certain nombre de commandes réalisées. En ce qui me concerne, le titre m’a permis d’y accéder qu’au bout de dix heures de jeu. Dix longues heures durant lesquelles je n’ai rien fait d’autre que de créer des maisons, créer des maisons et encore créer des maisons. Tout simplement, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire à l’exception, peut-être, de visiter les maisons que l’on a faites. Bref, si vous ne prenez pas un intense plaisir à cette activité, Animal Crossing: Happy Home Designer n’est certainement pas pour vous.

Au-delà de la répétitivité de la tâche qui vous incombe, on a du mal à s’attacher aux personnages ou aux créations. Dans New Leaf, il était possible de creuser la personnalité des habitants, d’aller leur rendre service, changer leurs expressions favorites, ou encore aller à leurs anniversaires respectifs. Ce rapport client-prestataire est bien plus froid que le rapport d’amitié profondément ancré dans les jeux classiques qui parvenaient à briser nos cœurs quand, par exemple, un habitant décidait de quitter la ville. Bref, l’engagement est moindre et la volonté de revenir au titre l’est également.
Quant à l’esprit général du jeu, s’il est toujours extrêmement mignon, il sent également un peu l’opportunité commerciale. Vendu 40 euros alors que le plus gros travail avait été fait sur New Leaf, vous pourrez vous amuser à compter le nombre de fois où le mot amiibo est affiché à l’écran dans la première heure de jeu ; un indice chez vous : beaucoup trop.

Le jeu est compatible avec des cartes amiibos représentant certains personnages (dont quelques emblématiques) d’Animal Crossing. Vous pourrez ainsi construire une maison pour Kéké Laglisse ou l’Amiral, mais seulement si vous avez la bonne carte amiibo. Elles seront vendues en booster de 3 cartes au hasard dont le prix reste à déterminer. Une fois que vous aurez terminé la maison d’un personnage, vous pourrez également enregistrer la maison sur la carte afin de la faire visiter à un ami, simplement en lui prêtant ladite carte. Ajoutez à cela du placement de produit, certes bien implémenté, mais qui enlève encore au capital sympathie d’un titre qui demande déjà au joueur de sortir souvent son porte-monnaie.

Notre avis

La démarche derrière Animal Crossing : Happy Home Designer est singulière. Le jeu ressemble à un Animal Crossing tronqué d’une grande partie de ce qui en faisait le charme. Happy Home Designer aurait mieux fait de sortir en DLC à 15 euros pour New Leaf qui permettait déjà de faire (en moins pratique, certes) tout ce que Happy Home Designer propose. Un jeu à réserver aux aficionados de décoration, mais qui lassera bien vite ceux qui voudront retrouver l’expérience des jeux classiques.

Animal Crossing: Happy Home Designer est prévu sur 3DS, le 2 octobre prochain.

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stopwatch 3 min.
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