Il est tard lorsque j’allume enfin la PlayStation 5 pour lancer Battlefield 6. J’ai plusieurs jours devant moi avant d’écrire ces lignes, bien suffisant pour tester le nouveau bébé d’Electronic Arts en long, en large, et en travers. Jusqu’alors, je n’avais eu que des échos en bouche, ceux des confrères ayant mis la main sur la bêta. On me promettait de l’intensif, du destructeur, et surtout, on me promettait l’enfer sur Terre.
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Il faut dire que la licence avait à se faire pardonner après un opus 2042 qui n’avait pas fait que des heureux, obligeant la franchise à se retrouver si elle ne voulait pas définitivement se faire enterrer par son éternel concurrent, Call of Duty. Heureusement pour EA, COD, bien que repopularisé par son mode gratuit Warzone, connaît une colère montante des joueurs, lassés de voir l’éditeur pondre un épisode par an avec un effort quasi au minimum et un SBMM (le système vous permettant en théorie de jouer qu’avec des gens de votre niveau) à l’abandon. 4 ans après 2042, Battlefield 6 vient draguer les fans comme les déçus du camp d’en face.

Me concernant, cela faisait un moment que je n’avais pas mis la main sur un Battlefield, étant devenu un joueur de Warzone avec les copains (le cross-play, un mode gratuit… facile de craquer). Je ne me considère pas comme un excellent tireur. Mes réflexes ne sont plus ceux qu’ils étaient, les duels contre les joueurs PC (et les petites installations triche) sont rudes et le matchmaking bien contrôlé (non) me faisait affronter des Messi au top de leur carrière alors que j’étais un Dugarry en fin de vie.
Roi du solo comme Bruno
Parce que le multijoueur était soumis à des horaires fixes (afin de connecter le maximum de personnes en même temps), j’ai évidemment commencé à chauffer ma gâchette avec le mode campagne qui faisait son grand retour. Dans les grandes lignes, le scénario est assez simple : nous sommes en 2027 et la PAX, une armée privée, profite de la fragilité de l’OTAN pour prendre le contrôle de ses installations et menacer le monde. Pendant moins d’une dizaine de missions, je vais incarner différents membres d’une escouade de quatre soldats américains prêts à en découdre.
Si on achetait un Call of ou un Battlefield pour son mode solo ça se saurait. Néanmoins, Battlefield Studios (Dice, Criterion, Motive et Ripple Effect) ont soigné le bébé en nous proposant des missions très variées avec une mise en scène fortement cinématographique. J’ai survécu à une embuscade dans une base de l’OTAN, j’ai conduit des tanks en Egypte, j’ai coursé un train à New York, j’ai volé au-dessus de Gibraltar… Et le tout au milieu d’immeubles qui s’écroulent, des bombes des raids aériens et quelques missiles.

Une campagne qui souffrait néanmoins de deux choses. La première, c’est des graphismes inégaux où on pouvait s’émerveiller des décors et rire des visages assez figés des collègues. L’autre, c’est une IA assez permissive, y compris dans les modes de difficulté les plus extrêmes.
Même si on remercie les équipes d’avoir essayé de nous mettre en condition avec une possibilité de survie aussi limitée que nos cartouches – il faudra compter sur les autres membres de l’escouade pour nous réanimer si on tombe – il faut reconnaître que l’histoire se termine en quelques heures, deux doigts dans le nez. Alors certes, des collectibles disséminés permettent une certaine rejouabilité, mais j’ai traversé les rangs adverses avec l’aisance d’un danseur étoile. La campagne solo de Battlefield 6 est une plage en hiver : on en prend plein la vue, sans transpirer.
C’est donc en toute confiance en mes capacités de tireur d’élite que je me suis lancé sur le multijoueur, avide de me venger de tout ce que j’avais subi sur Warzone ces dernières années. Je tiens enfin un FPS où je pourrai me tenir fièrement au sommet de la colline.
Entracte à caractère informatif
Les classes ont refait leur apparition pour le plus grand bonheur des habitués à la licence. Assaut, ingénieur, soutien et éclaireur, chacun avec des compétences spécifiques et des gadgets uniques. Oui, vous pouvez équiper votre assaut d’un fusil de sniper, mais il tressaillira davantage que l’éclaireur. Les armes sont modifiables au fur et à mesure du gain de maîtrise et de niveau, avec néanmoins un seuil indépassable.

Niveau mode de jeu, il y en a huit au lancement du titre. Rien qui ne viendra bouleverser les standards de la saga, mais ce n’était pas vraiment ce qu’on lui demandait, au contraire. On retrouve donc les classiques comme Conquête, Percée, Ruée, Domination, Match à mort par équipe, Match à mort par escouade et l’arrivé du Roi de la colline et Expansion.
Pour le premier, il s’agit de tenir un point avant le camp adverse sur des cartes resserrées, le point changeant en cours de partie. Quant à Expansion, c’est du contrôle de territoire évolutif avec les zones s’ouvrant en fonction des conquêtes.
Enfin, on finit sur les maps. Neuf au lancement de Battlefield 6. Chacune a sa topographie et selon les modes de jeu, leur taille va être modulable. Toutefois, certaines cartes sont spécifiques à des combats rapprochés, notamment avec l’absence de support aérien. Cela entraîne assez rapidement un choix de sa classe en fonction du nombre de petits espaces, le sniper y étant moins efficace généralement.

On note également le retour du mode Portal qui permet à la communauté de créer ses propres parties avec des cartes et des conditions de victoire modifiées. Pour celle que j’ai personnellement testée, le créateur avait mis en place une longue ascension avec des morceaux de décor et il fallait tenir le sommet pendant 20 secondes alors que chaque élimination nous téléportait à la place de la victime.
Mange-bitume en multi
Me voilà lançant la première multi, une Conquête dans la Cité de Sobek. Il est 10h. Ne sachant pas trop à quoi m’attendre, je privilégie assaut, classique. À 10h00 et 40 secondes, l’ennemi m’a gentiment proposé de me redéployer en me logeant une balle en pleine tête. À 10h02, j’avais pu faire le tour des quatre classes et de plusieurs points de redéploiement. J’ai donc courageusement décidé de rester sur l’éclaireur et son fusil de précision et d’aller me planquer dans un buisson.
L’éclaireur a été le compagnon de toutes mes premières parties, le temps de me familiariser avec le décor, la mécanique et l’appel à l’aide. J’ai beaucoup, beaucoup appelé à l’aide. Et combien d’alliés les ignorant, piétinant mon corps agonisant. Le soin est accessible rapidement via le soutien, ou plus long et moins efficace par n’importe quel collègue passant par là. J’ai apprécié la possibilité de tirer le camarade blessé à distance des tirs pendant le soin manuel.

À ce stade, vous l’aurez compris, mon absence de talent dans le FPS m’a suivi jusqu’à Battlefield 6. D’autant qu’il était, à l’heure du test, impossible de diviser les joueurs PC et les joueurs consoles sur le cross-play (option qui sera ajoutée à la sortie du jeu). Cependant, les développeurs ont pensé à incorporer la possibilité de brancher souris et clavier sur sa console afin de rendre l’affrontement moins inégal. Pour l’avoir essayé, il est vrai que cela permet de se doter des mêmes armes, surtout avec la possibilité de modifier les commandes clavier et souris. Après, cela avantagera toujours les joueurs PC qui se lanceront sur console. Pour ma part, n’ayant pas cette habitude, j’ai pris tout aussi cher qu’avec une manette.
Malgré mon statut de victime, j’y suis retourné, encore et encore. Pourquoi ? Parce qu’en termes d’ambiance, on est dedans ! Battlefield Studios a bossé le côté immersif et on a le sentiment d’être sur un véritable champ de bataille qui ne fait aucun cadeau, peu importe le mode. Qu’on soit 64, 32, 16 ou 8 joueurs, un tir dans la tête ne pardonne pas. On ne peut pas défier un tank avec la mauvaise classe et il faut être solide sur ses appuis pour foncer dans un camp adversaire en solo.

L’ensemble est incroyablement dynamique avec des objectifs et des armées toujours en mouvement et la destruction du décor est un véritable plus qui fait la différence. Alors évidemment, tout n’est pas destructible, mais une fois que l’on connaît un peu la carte et que l’on a retenu ce qui pouvait l’être, cela peut vite faire pencher le cours d’une bataille. Un souci de sniper planqué sur un toit ? Détruisons le toit et avec de la chance, ça éliminera également ses alliés planqués à l’étage en dessous.
Battlefield 6 est vivant et bien que les joueurs de FPS professionnels y feront toujours leur loi, il suffit parfois d’un rien pour retourner la situation. Un contournement, le poids du nombre, le manque de munition fréquent… Car oui, il ne faudra pas compter sur des chargeurs infinis et des caisses de loot. Il n’y a que le soutien et son sac de réapprovisionnement pour te tirer d’un chargeur vide. À moins de récupérer l’arme d’un mort au passage, avec la baisse d’efficacité inhérente.
On gagne en équipe ou on perd en équipe
Cela me permet d’accentuer un point que j’aborde en filigrane jusqu’alors : l’importance de l’escouade. L’absence de vocal des premiers jours – et l’envie de chacun de faire ce qu’il lui plaît – m’a poussé à avoir une expérience assez solitaire du multi, ne jouant pas forcément des classes complémentaires de mes équipiers du moment. Et il en était de même pour eux.

L’arrivée du chat vocal a tout changé. Je suis tombé sur un Français et nous avons pu créer une vraie synergie changeant toute l’expérience de jeu. On vous dira que deux soutiens ensemble, capables de se réanimer rapidement l’un l’autre, est très efficace, mais jamais autant qu’un assaut créant un point en hauteur avec son échelle pour son éclaireur, pendant que l’ingénieur mine le terrain en cas de tank. D’autant qu’agir en escouade permet d’engranger davantage de points pour grimper les niveaux. Une équipe de 4 jouant ensemble est déjà un pas vers la victoire et pas juste en fonction de leurs capacités de tir.

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Après plusieurs jours de jeu, j’étais toujours de la chair à canon, mais je savais déjà mieux rendre les balles. L’expérience Battlefield 6 c’est aussi ça, la possibilité de s’améliorer, ou du moins de le croire. Car je ne me fais pas d’illusion sur deux choses. L’arrivée des joueurs pro à la sortie du titre va permettre de tester le SBMM et potentiellement, me renvoyer à ma condition de larve ainsi qu’à mon incapacité à contrôler les véhicules aériens à la manette. J’ai beaucoup décollé, jamais atterri. Mais est-ce le FPS m’a donné envie de continuer d’essayer ? Assurément.
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