Test

Test : Binary Domain (Xbox 360/PS3)

Par Gaylord le

Cela nous est déjà arrivé au moins une fois dans notre vie de fantasmer sur un futur idéal à base d’Overboard, de voitures volantes et de gentils robots à notre service. Bizarrement, les scénario catastrophes nous excitent plus avec son lot de réchauffement climatique, de violentes inondations, d’anarchie totale et de robots – moins sympas ceux-là – prenant le pouvoir. Et puis franchement, entre nous, on s’amuse mieux dans le dernier cas, avec des gros lance-roquettes et des avions du futur à tabasser comme il se doit. Binary Domain ne s’encombre pas d’une approche réfléchie et pioche dans toutes ces idées pour nous montrer qu’en 2080, le monde ne va vraiment pas super bien. L’idée pour lutter contre la montée du niveau de la mer est donc de se lancer dans la fabrication en masse de robots pour reconstruire notre civilisation, un peu plus haut (un choix logique…). Heureusement pour nous, un scientifique plus dérangé qu’un autre, vient tout remettre en cause.

Hollywood au Japon

La dernière trouvaille de Toshihiro Nagoshi détient la palme du prétexte bidon pour se payer une jolie tranche de n’importe quoi, mitraillette à la main et catchlines à foison. Dans ses idées, le jeu a ce petit quelque chose de foufou, dans son gameplay, du classique de chez classique. Le jeu nous place dans un third person shooter dans lequel un groupe d’élite (les casseurs) a pour mission de mettre la main sur le responsable d’une grosse crise moral au sein du gouvernement mondial. Un petit malin du nom de Amada (le mad scientist japonais de l’histoire) qui décide, un beau matin, de briser une règle fondamentale, la fameuse clause 21 interdisant de construire des robots à l’apparence humaine. Le bonhomme pousse le vice allant jusqu’à donner à ses « simulacres » une conscience humaine, pour ensuite les infiltrer à l’insu de tous dans la société moderne. Grosse ambiance paranoïa donc. La suite vous la connaissez déjà : une poignée d’inconscients est appelée à la rescousse, et nous incarnons l’un d’eux, l’ancien soldat belle gueule au sourire hollywoodien Dan Marshall. Le joueur infiltre le Japon illégalement avec pour mission de mettre la main sur le bad guy planqué en haut de sa tour. Accompagné d’un sidekick aux allures de quaterback gros bras/grande gueule, l’infiltration n’est même plus à envisager dès les premières minutes de jeu, pensez plutôt à des scènes d’action aux schémas identiques, des vagues de tas de ferrailles et du tir planqué, puis on avance et on continue la même chose un peu plus loin. Des personnages très stéréotypés viennent grossir les rangs de l’équipe, chacun représentant l’élite de son pays. Entre autres nous aurons le choix de créer notre petite équipe personnelle avec la chinoise sexy, l’anglais psycho-rigide, la russe taciturne et le robot français à grappin intégré (claaasse). Vous l’aurez déjà compris, derrière une ambiance tiré par les cheveux, Binary Domain ne joue pas les petits bras sur l’ambiance série Z et joue la carte de l’auto-dérision, sans grande conviction toutefois. Dans ses personnages, sa progression, les gars de la localisation ont même poussé le délire jusqu’à coller l’accent marseillais au premier ministre américain. Un éclair de génie, certes, noyé dans un éventail de recettes éculées. Il y a quelques belles possibilités, mais le tout reste figer dans des facilités de gameplay un brin poussives.

C’est marrant, ça me dit quelque chose…

Le jeu ne cache à aucun moment ses influences au modèle du genre, Gears of War. Le gros mot est lâché, celui nous fait soupirer longuement à la vue d’un énième TPS moderne usant les mêmes mécanismes surexploités dans un level design prévisible à mort. Binary Domain joue dans cette catégorie et va jusqu’à en reprendre chaque miette, sans complexe : caméra à l’épaule, boss de huit mètres de haut aussi bruyants que susceptibles, coups de crosse, grenades, combats derrière des gentils murets qui n’ont rien fait du tout, le système de coopération (mieux insérer dans la progression de l’aventure que son aîné) et cette propension à l’humour un peu gras sur les côtés, vannes sur les mamans et franches tapes dans le dos. Là où par exemple Vanquish proposait quelque chose de très arcade et super speed (avec un vrai pitch déglingué), Binary Domain nous remet dans un contexte plus terre à terre. Les déplacement ne sont pas aussi lourds que la série phare de Epic Games, mais on ne joue pas non plus avec la savonnette énervée de Platinium Games. Un bon point dans le maniement de Dan, léger et rapide, même si le jeu au final nous demande souvent de rester figé derrière un élément du décor pour shooter un à un les vagues de robots, en toute souplesse. Autre bon point : l’idée de jouer en groupe propose des choses amusantes, les prétextes de séparations sont plausibles, amenés de façon à garder un rythme soutenu. La cohésion du groupe n’est pas non plus le nerf du jeu mais il faudra composer avec eux, voir en fonction de leurs suggestions tactiques et de cette sale manie de passer tout le temps devant le viseur pour se plaindre ensuite d’un tir non mérité. Franchement. Selon la façon de jouer et de répondre à leurs demandes, une jauge d’humeur positive ou négative vous renseigne sur l’état moral de la troupe – en gros, si oui ou non ils prendront des risques pour venir vous soigner. Le jeu ajoute d’ailleurs une fonction de dialogue au micro, très basique, qui laisse le choix entre quelques réponses possibles. Le gadget se révéle plutôt sympathique mais ne vient pas non bousculer nos habitudes non plus. Rajoutez quelques boss over sized, la liste complète des poncifs du film d’action et une petite philosophie à deux balles, et vous tenez de quoi vous occuper quelques heures sans forcer.

Soyons honnête, Binary Domain n’est pas la licence japonaise qui révolutionnera le genre très occidental du shooter. Amusant dans son décalage entre le sérieux des évènements et la caricature poussée des acteurs, le jeu propose tout de même un bon divertissement, une dizaine d’heures environ auquels on ajoute un système de missions en ligne plutôt gentillet. Mais voilà, le style ne suit pas. Des idées sont là mais ne vont pas jusqu’au bout. On se contentera alors de ce compromis étrange entre le jeu qui se laisse jouer et le nanard dégoulinant à souhait. Malgré ces quelques facilités, tabasser du robot à la chaîne reste un métier d’avenir plutôt jouissif.


Que signifie cette pastille ?

Cela nous est déjà arrivé au moins une fois dans notre vie de fantasmer sur un futur idéal à base d’Overboard, de voitures volantes et de gentils robots à notre service. Bizarrement, les scénario catastrophes nous excitent plus avec son lot de réchauffement climatique, de violentes inondations, d’anarchie totale et de robots – moins sympas ceux-là – prenant le pouvoir. Et puis franchement, entre nous, on s’amuse mieux dans le dernier cas, avec des gros lance-roquettes et des avions du futur à tabasser comme il se doit. Binary Domain ne s’encombre pas d’une approche réfléchie et pioche dans toutes ces idées pour nous montrer qu’en 2080, le monde ne va vraiment pas super bien. L’idée pour lutter contre la montée du niveau de la mer est donc de se lancer dans la fabrication en masse de robots pour reconstruire notre civilisation, un peu plus haut (un choix logique…). Heureusement pour nous, un scientifique plus dérangé qu’un autre, vient tout remettre en cause.

Hollywood au Japon

La dernière trouvaille de Toshihiro Nagoshi détient la palme du prétexte bidon pour se payer une jolie tranche de n’importe quoi, mitraillette à la main et catchlines à foison. Dans ses idées, le jeu a ce petit quelque chose de foufou, dans son gameplay, du classique de chez classique. Le jeu nous place dans un third person shooter dans lequel un groupe d’élite (les casseurs) a pour mission de mettre la main sur le responsable d’une grosse crise moral au sein du gouvernement mondial. Un petit malin du nom de Amada (le mad scientist japonais de l’histoire) qui décide, un beau matin, de briser une règle fondamentale, la fameuse clause 21 interdisant de construire des robots à l’apparence humaine. Le bonhomme pousse le vice allant jusqu’à donner à ses « simulacres » une conscience humaine, pour ensuite les infiltrer à l’insu de tous dans la société moderne. Grosse ambiance paranoïa donc. La suite vous la connaissez déjà : une poignée d’inconscients est appelée à la rescousse, et nous incarnons l’un d’eux, l’ancien soldat belle gueule au sourire hollywoodien Dan Marshall. Le joueur infiltre le Japon illégalement avec pour mission de mettre la main sur le bad guy planqué en haut de sa tour. Accompagné d’un sidekick aux allures de quaterback gros bras/grande gueule, l’infiltration n’est même plus à envisager dès les premières minutes de jeu, pensez plutôt à des scènes d’action aux schémas identiques, des vagues de tas de ferrailles et du tir planqué, puis on avance et on continue la même chose un peu plus loin. Des personnages très stéréotypés viennent grossir les rangs de l’équipe, chacun représentant l’élite de son pays. Entre autres nous aurons le choix de créer notre petite équipe personnelle avec la chinoise sexy, l’anglais psycho-rigide, la russe taciturne et le robot français à grappin intégré (claaasse). Vous l’aurez déjà compris, derrière une ambiance tiré par les cheveux, Binary Domain ne joue pas les petits bras sur l’ambiance série Z et joue la carte de l’auto-dérision, sans grande conviction toutefois. Dans ses personnages, sa progression, les gars de la localisation ont même poussé le délire jusqu’à coller l’accent marseillais au premier ministre américain. Un éclair de génie, certes, noyé dans un éventail de recettes éculées. Il y a quelques belles possibilités, mais le tout reste figer dans des facilités de gameplay un brin poussives.

C’est marrant, ça me dit quelque chose…

Le jeu ne cache à aucun moment ses influences au modèle du genre, Gears of War. Le gros mot est lâché, celui nous fait soupirer longuement à la vue d’un énième TPS moderne usant les mêmes mécanismes surexploités dans un level design prévisible à mort. Binary Domain joue dans cette catégorie et va jusqu’à en reprendre chaque miette, sans complexe : caméra à l’épaule, boss de huit mètres de haut aussi bruyants que susceptibles, coups de crosse, grenades, combats derrière des gentils murets qui n’ont rien fait du tout, le système de coopération (mieux insérer dans la progression de l’aventure que son aîné) et cette propension à l’humour un peu gras sur les côtés, vannes sur les mamans et franches tapes dans le dos. Là où par exemple Vanquish proposait quelque chose de très arcade et super speed (avec un vrai pitch déglingué), Binary Domain nous remet dans un contexte plus terre à terre. Les déplacement ne sont pas aussi lourds que la série phare de Epic Games, mais on ne joue pas non plus avec la savonnette énervée de Platinium Games. Un bon point dans le maniement de Dan, léger et rapide, même si le jeu au final nous demande souvent de rester figé derrière un élément du décor pour shooter un à un les vagues de robots, en toute souplesse. Autre bon point : l’idée de jouer en groupe propose des choses amusantes, les prétextes de séparations sont plausibles, amenés de façon à garder un rythme soutenu. La cohésion du groupe n’est pas non plus le nerf du jeu mais il faudra composer avec eux, voir en fonction de leurs suggestions tactiques et de cette sale manie de passer tout le temps devant le viseur pour se plaindre ensuite d’un tir non mérité. Franchement. Selon la façon de jouer et de répondre à leurs demandes, une jauge d’humeur positive ou négative vous renseigne sur l’état moral de la troupe – en gros, si oui ou non ils prendront des risques pour venir vous soigner. Le jeu ajoute d’ailleurs une fonction de dialogue au micro, très basique, qui laisse le choix entre quelques réponses possibles. Le gadget se révéle plutôt sympathique mais ne vient pas non bousculer nos habitudes non plus. Rajoutez quelques boss over sized, la liste complète des poncifs du film d’action et une petite philosophie à deux balles, et vous tenez de quoi vous occuper quelques heures sans forcer.

Soyons honnête, Binary Domain n’est pas la licence japonaise qui révolutionnera le genre très occidental du shooter. Amusant dans son décalage entre le sérieux des évènements et la caricature poussée des acteurs, le jeu propose tout de même un bon divertissement, une dizaine d’heures environ auquels on ajoute un système de missions en ligne plutôt gentillet. Mais voilà, le style ne suit pas. Des idées sont là mais ne vont pas jusqu’au bout. On se contentera alors de ce compromis étrange entre le jeu qui se laisse jouer et le nanard dégoulinant à souhait. Malgré ces quelques facilités, tabasser du robot à la chaîne reste un métier d’avenir plutôt jouissif.


Que signifie cette pastille ?