Avec la sous-marque CMF, le cofondateur de Nothing Carl Pei annonçait en août dernier trois produits à prix très abordable : un chargeur, des écouteurs true wireless (les surprenants Buds Pro) et cette montre connectée vendue sous la barre des 100 euros. À ce tarif, le constructeur promettait toutefois de ne pas faire l’impasse sur le design et la qualité. Nous avions donc hâte de tester cet appareil, après avoir été agréablement surpris par les écouteurs.
Comme pour ces derniers, la présentation de la Watch Pro est très flatteuse, promettant une multitude de fonctionnalités et de qualités. Au point de se demander pourquoi on achèterait une Apple Watch. Il faut dire que la première impression est tout de même prometteuse. Le design est d’une simplicité extrême, mais élégant grâce à son cadre en aluminium. L’écran AMOLED de presque 2 pouces fait partie des plus grands du marché et présente un cadran au design d’inspiration graphique très moderne. Bref, l’ensemble donne envie de s’y aventurer plus en avant.
L’OS, ce mystère
Pour ce faire, il faut tout d’abord installer l’application CMF Watch, compatible aussi bien iOS qu’Android. C’est sur notre iPhone du quotidien que nous avons donc choisi de le faire. Cette versatilité est possible grâce à l’un des grands mystères de cette montre : CMF n’indique pas du tout quel OS est ici utilisé ; un système propriétaire quoi qu’il en soit. L’interface de l’appli est à l’avenant, avec le même design futuriste que l’on peut aussi retrouver sur les produits Nothing. On y trouve quatre onglets : une page de garde récapitulative, un consacré aux exercices, un troisième aux paramètres de la montre et un dernier à son compte (création indispensable pour l’utiliser).
Une fois la montre au poignet, la première étrangeté ergonomique vient de l’absence de molette. L’unique bouton sur l’un des côtés sert en effet à afficher le menu des applications, mais il faudra systématiquement le faire défiler en glissant son doigt sur l’écran. Pas forcément des plus pratiques. Depuis le cadran principal, on accède aux réglages rapides en faisant glisser son doigt depuis le haut, aux notifications depuis le bas et aux applications les plus utilisées depuis l’un ou l’autre des côtés.
Always on pour 20 minutes
Notre première envie a été de l’utiliser pour faire de l’exercice. CMF se vante en effet de supporter 110 sports différents. C’est parti pour une séance de marche que nous lançons non pas depuis la montre, mais via l’interface de l’application pour vérifier si les deux communiquent bien. Après quelques minutes, on jette un coup d’œil au cadran pour consulter les données et l’on se rend tout d’abord compte que l’écran n’est pas « always on » comme indiqué sur le site du constructeur. Un tour dans les paramètres (pas toujours bien traduits en français), on trouve le menu « Allumer l’écran », on clique sur « Activer » et on règle ensuite la durée qui ne va pas plus loin que 20 minutes. L’écran reste alors bien allumé, mais s’éteint finalement au bout de 20 minutes (il ne se réactive que quand on lève le poignet). À la fin de cette période, il faudra recommencer l’intégralité de la manipulation. CMF vient d’inventer le « pas vraiment always on ».
Pendant tout ce temps, on se rend compte finalement que l’exercice lancé depuis l’application n’apparaît nulle part sur la montre ; il ne tourne donc que sur notre smartphone. On le stoppe, on veut le lancer depuis l’application Exercice de la montre, mais le signal GPS n’a toujours pas été acquis. On s’impatiente, on lance l’exercice de marche malgré l’avertissement, tant pis pour la géolocalisation. Cette fois-ci, il apparaît bien sur le cadran de la montre, mais pas sur le smartphone. Les deux appareils pourtant reliés en Bluetooth ne communiquent pas du tout. Notons également qu’il est impossible de sortir de l’application pendant qu’un exercice est lancé sur la montre, sauf à tout simplement l’arrêter. À la fin de l’exercice, on consulte les données sur le smartphone et l’on se rend compte que le tracé GPS est finalement bien disponible alors que la montre nous avait averti que non. Bref, absolument rien n’est sensé concernant cette utilisation.

Impossible d’y stocker contenu ou applications supplémentaires
Tout cet exercice en plein air nous a aussi permis de nous rendre compte que l’écran ne dispose d’aucun capteur de luminosité. Réglé sur le niveau 3 sur 5 par défaut et limité par ses 600 nits maximum annoncés, il devient vite illisible à l’extérieur. On a du mal à imaginer ce que cela donnera en plein été… Et l’absence de capteur rend l’écran éblouissant lorsqu’on l’a réglé sur 5 et qu’on rentre à l’intérieur. Ça devient alors très pénible de jongler entre ces réglages selon l’endroit où l’on se trouve.

Le reste des applications est très basique : analyse du rythme cardiaque et d’oxygène dans le sang, affichage des appels téléphoniques ou de la musique en cours de lecture sur le téléphone, chronomètre, alarme, minuteur. Finalement, la Watch Pro est une sorte de déport de l’écran de son smartphone au poignet. Pas d’applications de cartographie, impossible d’ajouter de nouvelles applications, pas d’accès au stockage pour stocker du contenu et l’utiliser sans téléphone ; c’est finalement à se demander à quoi elle sert vraiment. Dernier détail amusant pour ceux qui aiment porter leur montre au poignet droit : il est impossible d’inverser l’affichage pour placer le bouton à l’extérieur, rendant la manipulation d’autant plus sympathique.

On se consolera avec l’autonomie, forcément préservée puisque le mode « always on » n’existe pas vraiment. Après trois jours d’utilisation consécutifs, nous avions encore 65 % de batterie. On n’atteindra pas les 11 jours promis par CMF, mais on s’en approche. Pour notre part, nous avons préféré arrêter les frais et remettre la Watch Pro dans sa boîte.

Où l’acheter ?
La CMF Watch by Nothing est disponible en France au prix de 109 euros.







