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Test Creality CR-Scan Raptor : le compagnon idéal pour votre imprimante 3D

Le Creality CR-Scan Raptor est un scanner 3D hybride qui combine sept lasers bleus parallèles et une lumière infrarouge structurée pour capturer des objets en trois dimensions.

Lancé en 2024 lors du 10e anniversaire de Creality, le CR-Scan Raptor se présente comme le premier scanner grand public à multiples lignes laser bleues. Commercialisé autour des 1500 euros, il vise à offrir des performances de niveau professionnel à un tarif bien inférieur aux scanners industriels classiques. Le Raptor promet ainsi une précision jusqu’à 0,02 mm en mode laser bleu, sans nécessiter de spray matifiant sur les surfaces noires ou métalliques grâce à des algorithmes avancés. Capable de numériser en couleur sur 24 bits, avec un éclairage intégré à LED, il s’adresse autant aux makers qu’aux ingénieurs cherchant un outil de numérisation 3D polyvalent. Un an après sa sortie, qu’en est-il de ce scanner après de multiples mises à jour et face à une concurrence qui s’est étoffée ?

Découvrir le Creality CR-Scan Raptor

Caractéristiques techniques

Sur le papier, le CR-Scan Raptor impressionne. Léger (372 g) et maniable à une main, il dispose d’une coque antidérapante et d’une dragonne pour sécuriser son utilisation. Il peut numériser des objets de 5 mm (petite figurine, vis) jusqu’à environ 2 m (pièce de carrosserie) en deux modes : le mode laser bleu et le mode infrarouge (IR).

En mode laser bleu, sept lignes laser parallèles balaient l’objet avec une épaisseur de faisceau d’à peine 0,1 mm, permettant de capter des arêtes vives et des détails fins. Ce mode offre ainsi la précision maximale annoncée de 0,02 mm. Le revers de la médaille est qu’il peut nécessiter des cibles de repositionnement (markers) sur les objets très uniformes ou lorsqu’on recherche la plus haute exactitude, afin d’assurer un alignement parfait.

Le second mode exploite une lumière infrarouge structurée (technologie NIR à deux caméras) : il permet un scan sans marqueur grâce à la technique du speckle matching (projection d’un motif aléatoire) qui aligne les prises de vue sur les caractéristiques de la surface. Ce mode IR est idéal pour les sujets de forme organique ou de grande taille – visages, corps humains, artefacts culturels – sans avoir à coller de marqueurs. Sa précision est moindre (environ 0,1 mm) mais reste suffisante pour la plupart des usages créatifs ou visuels.

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Le volume de scan et la distance de travail s’ajustent selon le mode. En mode bleu, le champ de vision est d’environ 270×170 mm à 28 cm de distance, avec une plage de travail optimale entre \~15 et 40 cm. En mode IR, le champ de vision s’élargit (930×580 mm à \~1 m de distance) avec une portée de 17 cm jusqu’à environ 1 mètre. Cela permet de capturer rapidement de grandes pièces, quitte à assembler plusieurs scans si l’objet dépasse le mètre.

Côté vitesse, le Raptor est très rapide : jusqu’à 60 fps en mode laser bleu et 20 fps en infrarouge, des chiffres élevés qui se traduisent par la possibilité d’acquérir un modèle 3D détaillé en quelques minutes seulement. Creality annonce qu’un corps humain entier peut être scanné en 2 minutes grâce à un algorithme de capture morphologique spécialement conçu. L’appareil génère des nuages de points denses, convertis ensuite en maillage (formats OBJ, STL, PLY supportés). Pour préserver la qualité de numérisation, une plaque de calibration haute précision en verre est fournie, garantissant l’étalonnage du Raptor sur la durée. On retrouve également 12 LEDs blanches disposées en anneau autour des capteurs, qui assurent l’éclairage des textures couleurs. À noter que le scanner fonctionne via une connexion filaire USB-C (USB 3.0) standard vers PC ou Mac – un détail qui a son importance pour l’évolution de l’appareil, comme on le verra.

Logiciel et de écosystème

Depuis le lancement du Raptor, Creality a fait évoluer son écosystème de façon significative. Le logiciel Creality Scan (fourni pour Windows et macOS) a bénéficié de mises à jour mensuelles apportant à la fois correctifs et nouvelles fonctionnalités.

Parmi les ajouts marquants figure la fonction « Continuer le scan » (Continue Scanning) qui permet de reprendre un projet là où on l’avait interrompu ou de compléter un maillage ultérieurement, comblant ainsi une lacune initiale. L’interface d’édition s’est enrichie avec des outils de lissage de maillage (Mesh Smooth) et de comblement de trous, désormais exécutables avec une option d’annulation en cours de calcul pour plus de confort.

Les performances ont aussi été optimisées : un problème de chute de la fréquence d’images lors des scans prolongés en mode laser a été résolu, et la détection de la bonne distance de scan est devenue plus fiable grâce à de meilleurs indicateurs visuels. Par ailleurs, Creality Scan a élargi son public en intégrant plusieurs langues (allemand, espagnol, portugais, etc.).

Capture D’écran 2025 05 09 155443

En ce qui concerne la partie hardware, Creality a introduit des accessoires et déclinaisons pour étoffer son écosystème. Le plus notable est le Scan Bridge, un module complémentaire qui rend le Raptor sans fil. Branché sur le port USB du scanner, ce boîtier intègre une puce Wi-Fi 6 et une batterie, et fait office de relais entre le Raptor et un PC ou un smartphone. L’objectif est d’éliminer la contrainte du câble USB lors des scans, qui pouvait causer des soucis de stabilité ou de compatibilité sur certains ordinateurs. Le Scan Bridge crée son propre réseau Wi-Fi 5 GHz et assure la transmission rapide des données de scan, avec un dongle fourni pour les PC dépourvus de Wi-Fi6.

De plus, Creality a implémenté dans le logiciel une fonction de miroir d’écran pour permettre à un smartphone de servir de retour visuel en temps réel pendant qu’on scanne en sans-fil sur PC. En pratique, vous pouvez tenir le Raptor d’une main et votre téléphone de l’autre, voir le rendu en direct, tandis que le PC traite les données – une configuration plus confortable notamment pour scanner de grands objets.

Le logiciel s’est également adapter à ce mode de fonctionnement : la version 3.3.42 de Creality Scan a par exemple introduit un adressage réseau fixe afin d’éviter de redemander le scan du QR code de connexion à chaque nouveau projet en mode sans-fil. Si le scan 100% mobile (sans PC) n’est pas encore totalement abouti – l’application Android notamment reste limitée en mode laser hautes performances – Creality pose les bases d’un environnement où la numérisation nomade deviendra possible à brève échéance, à mesure que la puissance des terminaux mobiles augmentera.

Capture D’écran 2025 05 09 155501

Creality Scan, bien que propriétaire, exporte dans des formats standards (OBJ, STL, PLY), ce qui permet de récupérer les modèles 3D dans la plupart des suites 3D du marché (logiciels de CAO/FAO, Blender, Maya, etc.) sans encombre. Les textures couleur sont sauvegardées sous forme d’images JPEG ou PNG accompagnant le fichier 3D (par ex. un OBJ + un fichier .MTL + une image UV). On apprécie que Creality n’ait pas bridé son scanner à un écosystème fermé : on peut donc tout à fait scanner un objet, exporter le maillage et le retravailler dans MeshLab, ZBrush ou un slicer d’impression 3D comme Ultimaker Cura. À l’inverse, il n’existe pas à ce jour de plugin tiers pour piloter le Raptor depuis un autre logiciel – il faut passer par Creality Scan pour l’acquisition.

Expérience d’utilisation au quotidien

Malgré sa fiche technique pointue, le CR-Scan Raptor reste conçu pour être simple à prendre en main. L’installation initiale se résume à brancher le scanner (deux câbles à connecter : l’USB et l’alimentation) et à lancer le logiciel Creality Scan fourni. Lors de notre test, nous avons téléchargé la dernière version du logiciel sur le site de Creality et branché le Raptor en quelques minutes. Cependant, une maj de Windows 11 nous a empêché de pouvoir l’utiliser de suite, il a donc fallu faire quelques manipulations pas trop évidentes (désinstallation de maj Windows, update du firmware, etc.) pour pouvoir enfin l’utiliser !

La calibration avec la planche en verre s’est faite de façon guidée : le logiciel affiche des instructions pour positionner le scanner face à la plaque à différentes distances. En trois minutes, l’étalonnage était effectué et nous n’avons pas eu à y revenir par la suite – le scanner est resté stable, sans dérive notable de précision pendant plusieurs jours d’utilisation. L’interface logicielle CrealityScan (v3.3.42 au moment du test) est sobre et épurée.

Un bouton pour démarrer/arrêter le scan, quelques options pour choisir le mode (Bleu ou NIR), avec ou sans couleur, et pour basculer entre scan individuel ou assemblage de plusieurs scans. Les débutants apprécieront la présence de tutoriels pas-à-pas intégrés et la relative simplicité des menus. En revanche, les experts pourraient trouver le logiciel un peu léger en fonctionnalités avancées. Par exemple, il n’offre pas (encore) de véritable outils de retouche des nuages de points en cours de scan – on peut supprimer quelques points isolés et découper grossièrement, mais pas beaucoup plus. De même, l’alignement automatique de plusieurs scans (pour numériser un objet sous tous les angles) fonctionne bien tant qu’il y a suffisamment de repères, mais il manque parfois de souplesse sur des formes très symétriques. Cela dit, Creality améliore son logiciel régulièrement : des mises à jour mensuelles ont été rapportées, corrigeant bugs et ajoutant des options.

Durant notre test, une mise à jour est d’ailleurs sortie, améliorant la compatibilité avec certains GPU et corrigeant les soucis rencontrés au moment de l’installation.

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Sur le plan ergonomie matérielle, scanner avec le Raptor est un vrai plaisir. Sa légèreté réduit la fatigue lors des sessions prolongées, et la forme de la poignée permet une manipulation précise. Un bouton bien placé sur le dessus de l’appareil sert à lancer ou mettre en pause la capture sans avoir à retourner à l’ordinateur, ce qui est très pratique en mode portable. Le câble USB 3.0 est assez long et souple pour ne pas gêner nos mouvements, même si on doit rester vigilant à ne pas s’emmêler autour d’objets volumineux (ce point-là faisant ressortir l’intérêt potentiel du module sans fil, surtout pour scanner une personne ou même un véhicule par exemple). Le voyant LED circulaire s’est avéré utile : il passe au vert quand la distance de scan est optimale et clignote si on s’éloigne trop ou si le suivi se perd. Grâce à la technologie anti-shake, nous n’avons presque jamais perdu la trace de l’objet une fois le scan engagé, même en bougeant assez vite autour de la pièce. Notez que le système encaisse bien les petites vibrations ou tremblements de la main.

Qualité des scans

Au final, qu’en est-il des résultats ? Sur ce point, le CR-Scan Raptor tient largement ses promesses. Pour évaluer la qualité, nous avons scanné divers objets : une petite figurine détaillée de 5 cm, une pièce mécanique en aluminium de la taille d’une tasse, et un buste humain. Dans chaque cas, le scanner a su capturer la géométrie avec finesse. Les petites gravures et arêtes vives de la figurine sont ressorties clairement dans le modèle 3D, sans déformation visible. La pièce mécanique, comportant des trous et recoins profonds, a été numérisée dans son intégralité, le Raptor parvenant à enregistrer des zones pourtant peu accessibles en orientant l’appareil sous différents angles. On note qu’un laser bleu fin aide à atteindre ces détails dans les cavités là où un scanner à LED classique aurait peut-être peiné.

Sur le scan de personnes, le Raptor se débrouille aussi très bien. En activant le mode « Face & Body » optimisé par un algorithme spécifique, nous avons pu scanner le buste d’un collègue en moins de deux minutes, sans marqueur, et obtenir un modèle 3D texturé réaliste. Les traits du visage sont bien définis et les cheveux, bien que toujours délicats à numériser, apparaissent sous forme de volume diffus convenable. Le fait que l’éclairage infrarouge soit invisible à l’œil humain rend l’expérience plus confortable pour la personne scannée (pas de flash lumineux éblouissant). Attention toutefois, comme avec tous les scanners, une personne doit rester relativement immobile pendant la capture – quelques secondes de mouvement parasite peuvent créer des artefacts ou flous dans le modèle. Le Raptor étant rapide, ce n’est généralement pas un souci pour un scan de tête ou de corps en quelques minutes. En examinant les fichiers générés, nous constatons une qualité de maillage globalement très propre. Les nuages de points sont bien alignés et denses, et le logiciel CrealityScan génère automatiquement un maillage (maillage fusionné) assez homogène. Les triangles sont bien répartis et l’algorithme comble les petits trous automatiquement lorsque c’est possible.

Sur des objets complexes, il reste parfois de petites lacunes ou du bruit (quelques points aberrants isolés), mais un rapide nettoyage dans un logiciel tiers (par exemple MeshLab ou Blender) suffit à obtenir un modèle parfait pour l’impression 3D ou l’archivage.

En ce qui concerne la capture des couleurs, le Raptor délivre des textures en 24 bits plutôt convaincantes. Les 12 LEDs blanches fournissent un éclairage homogène, et un algorithme de mappage des couleurs vient peaufiner la correspondance des teintes sur le modèle final. Les scans couleur obtenus sont suffisants pour de la visualisation. On notera que sur des surfaces très sombres, le rendu couleur était initialement biaisé (tendance violette sur du noir) mais ce bug a récemment été corrigé via une mise à jour firmware. Évidemment, la capture de texture n’égale pas celle d’un appareil photo réflex : la résolution des images couleur est limitée par le capteur (env. 2,3 MP par caméra), donc le détail des textures peut sembler un peu flou de près. Néanmoins, pour habiller un maillage 3D en quelques clics, cela reste un atout appréciable par rapport aux scanners purement “géométriques” qui sortent des modèles uniformément gris.

La finesse du maillage généré a également été améliorée par Creality au fil des versions – les derniers algorithmes réduisent l’apparition d’artefacts sur les bords des objets, et la fonction de lissage aide à effacer d’éventuelles aspérités résiduelles. En somme, le Raptor produit des scans de très bonne qualité pour sa gamme de prix, aptes à être utilisés tels quels pour de l’impression 3D, ou comme base pour de la modélisation plus poussée.

Forces et limites

Le Creality CR-Scan Raptor a su, en l’espace d’un an, s’imposer comme une référence des scanners 3D grand public évolués. Ses forces résident dans son excellente précision pour le prix, sa double technologie laser + infrarouge qui lui confère une grande polyvalence, et l’attention portée par Creality à le faire progresser via des mises à jour régulières. Le fait de pouvoir capturer aussi bien une petite pièce qu’un sujet humain, en couleur et sans préparation compliquée, est un argument de poids en faveur du Raptor. Il a démocratisé des fonctionnalités (multi-laser bleu, scan sans marqueur de surfaces difficiles) qu’on ne voyait auparavant que sur des appareils beaucoup plus onéreux. De plus, l’ajout du sans-fil via Scan Bridge répond à l’une des principales critiques initiales.

Cependant, le Raptor n’est pas exempt de limites. La première est inhérente à sa catégorie : il requiert un certain investissement personnel pour être maîtrisé. Ce n’est pas un gadget “plug and play” pour néophyte total – il faut comprendre les principes de la capture 3D, savoir calibrer, ajuster les réglages de scan selon les conditions, etc. Son logiciel bien qu’amélioré peut encore sembler intimidant pour un débutant complet en 3D.

Ensuite, malgré le sans-fil, le Raptor reste tributaire d’un PC performant pour délivrer tout son potentiel. La promesse de scans directement traités sur mobile est encore à venir, ce qui signifie qu’il faut accepter de mobiliser une station de travail musclée pour les projets les plus complexes. Il faut en effet un ordinateur suffisamment puissant pour traiter les données : Creality recommande au moins 16 Go de RAM et une carte graphique décente. Nous confirmons qu’avec 16 Go de RAM, le logiciel tournait correctement, utilisant en pointe environ 12 Go sur nos gros scans. Avec 8 Go seulement, on pourrait être limité sur les scans complexes. De même, un GPU moyen de gamme (type GTX 1660 ou supérieur) est conseillé pour fluidifier l’affichage temps réel et la reconstruction. Sur notre machine de test (AMD Ryzen 5, 32 Go RAM, RTX 4070), tout était fluide, mais une config plus modeste pourrait avoir du mal à suivre le rythme de 60 fps du Raptor.

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Par ailleurs, si le Raptor est efficace sans poudre matifiante sur la plupart des matériaux, il ne peut toujours pas scanner correctement du transparent (verre, eau) ni des surfaces miroir parfaites – des cas extrêmes qui nécessitent de recourir à des astuces (spray, scan par projection).

Enfin, l’apparition des modèles Raptor Pro et RaptorX pourrait faire un peu d’ombre à la version originale : ceux qui recherchent ce qui se fait de mieux en 2025 chez Creality opteront peut-être pour le Raptor Pro (plus rapide) ou le RaptorX (sans fil intégré, lasers supplémentaires), reléguant le Raptor standard comme modèle intermédiaire. Néanmoins, ce dernier conserve un rapport performances/prix très attractif et profite de la plupart des avancées via ses mises à jour.

Le Creality CR-Scan Raptor est disponible au prix de 899 euros avec le code NNNFRCR3DS pour une durée limitée chez Geekbuying !

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Notre avis

Le CR-Scan Raptor s’est affirmé comme un scanner 3D fiable et évolutif, qui a su tenir ses promesses initiales tout en corrigeant ses faiblesses au fil du temps. À mi-chemin entre le grand public et le professionnel, il ouvre des possibilités autrefois réservées à une élite, le tout dans un format compact et un budget maîtrisé. Ce Raptor « hybride » constitue un choix judicieux pour quiconque souhaite se lancer sérieusement dans la numérisation 3D sans investir des sommes exorbitantes. On suivra avec intérêt les évolutions futures de cette gamme qui pourraient bien continuer de bousculer le secteur.
Note : 8  /  10

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