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Test de Football Manager 2026 : Pourquoi le roi de la gestion de football ne fera pas l’unanimité cette année

Après une absence remarquée l’année dernière, Football Manager est de retour le 4 novembre prochain, sur PC, consoles, tablettes et mobiles. Avec beaucoup d’attente et une sacrée pression, pour un jeu qui se présente comme tout nouveau et devant servir de base pour les prochaines années. On y a joué. C’est l’heure du coup de sifflet final, celui de notre verdict.

Au fait, Football Manager c’est quoi ?

Football Manager est, comme son nom l’indique, un jeu de gestion de football dans lequel le joueur incarne le rôle du manager, le coach, celui qui dirige l’équipe première d’un club et qui impulse sa dynamique sportive. En clair, FM donne l’occasion au supporter passionné et au fan de football de prendre le contrôle de son club favori ou d’un autre et d’écrire l’histoire à sa façon, donnant ainsi à des milliers, pardon, millions de coaches sur leur canapé l’opportunité unique d’appliquer enfin leurs nombreuses remarques quelque part.

Le jeu, développé depuis 2004, est né de la séparation de l’éditeur Eidos Interactive et du studio londonien Sports Interactive. A l’époque, la licence s’appelle Championship Manager ou L’Entraîneur en français. Depuis cette date, c’est Sega qui accompagne Sports Interactive dans la production de chaque épisode de Football Manager, vendu en moyenne à un million d’exemplaires chaque année et qui en 2021, avait dépassé les 33 millions d’exemplaires vendus.

Pourquoi c’est un jeu phénomène ?

Football Manager a marqué plusieurs époques et plusieurs générations par la fiabilité de ses données et le réalisme toujours plus prononcé de son gameplay. Chaque changement apporté dans le monde du football, comme l’introduction du VAR, la refonte de la Ligue des Champions, le fair-play financier ou encore le Brexit ont été intégrés au jeu. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que cette année, l’une des principales nouveautés est l’arrivée du football féminin, déjà présent dans d’autres licences de simulation sportive, comme c’est le cas d’EA Sports FC par exemple.

FM est fiable donc, bénéficie d’un travail de scouting – des scouts évaluent les joueurs dans les clubs, déterminent le potentiel des jeunes joueurs et le jeu se charge ensuite de développer ledit potentiel selon vos choix – ce qui est régulièrement associé au vrai monde du football. Le récent Ballon d’Or, le joueur du PSG Ousmane Dembelé en est fan. Certains grands coaches ont servi de modèle pour inspirer des nouveautés tactiques dans le jeu (Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City et l’un des meilleurs entraîneurs au monde) et certains clubs (Nice en France notamment, Watford en Angleterre) se sont servis de la base de données du jeu pour évaluer et même recruter des joueurs.

Quelles sont les nouveautés cette année ?

Cinq heures courant octobre, une vingtaine depuis avec l’accès à la bêta, qui est la version qui nous aura servi de tests – tout ce temps de jeu aura été bien suffisant pour voir et éprouver les principales nouveautés apportées à Football Manager 2026. Au-delà de l’arrivée du football féminin, c’est le nouveau moteur utilisé, Unity – en partie responsable du report puis de l’annulation de Football Manager 2025 l’année dernière – qui est évidemment l’élément central du jeu. Ce dernier a contribué à des changements profonds sur les matches et leur rendu. “Spoiler alert” : ce n’est pas encore cette année ni les prochaines que Football Manager ira concurrencer EA Sports FC ou eFootball en termes de graphismes. Pas grave, car cela n’a jamais été le but et ne le sera probablement jamais. L’idée des matches en 3D a toujours été d’accompagner et de matérialiser les décisions prises par le coach (le joueur donc) et comment son équipe traduit ces mêmes consignes sur le terrain.

En cela, un travail de fond a été effectué, au niveau des lumières et des éclairages. Mais aussi au niveau des cinématiques, avec de nouvelles entrées pour les joueurs, des présentations d’équipes conforment à celles que l’on peut voir le samedi ou le dimanche à la télévision, notamment en ce qui concerne la Premier League, le championnat de première division anglais. Les animations des joueurs sont beaucoup plus réalistes, avec une gestuelle améliorée, plus authentique à ce que l’on voit, dans les tirs, les dribbles et les passes. Enfin, on a pu apprécier lors de notre vaste session de jeu la particularité de ne pas (trop) marquer les mêmes buts, histoire de ne pas rendre les situations dans la surface de réparation beaucoup trop répétitives.

Pour le reste ? La création de votre avatar épouse désormais le système de build qu’on a pu avoir dans d’autres jeux de sport, type NBA 2K, avec une personnalisation très poussée et des statistiques déterminées sous la forme de questions-réponses. Sur le plan tactique, on va pouvoir désormais déterminer en un clic le positionnement avec et sans le ballon de ces joueurs, afin de bien comprendre les potentielles erreurs de son équipe en cas de déroute et, dans l’autre sens, tenter de se prémunir d’un mauvais scénario. Enfin, le Transfer Room, un module lié au recrutement, vous permet d’anticiper avec précision les besoins de votre équipe pour la saison en cours et les autres à venir. À condition de maîtriser la nouvelle interface.

Du coup, c’est quoi le problème ?

Après un an d’attente, la pression était considérable sur les épaules des équipes de Sports Interactive. La bêta de FM 26 était attendue comme le lait sur le feu et en annulant l’édition 2025 pour mieux travailler celle-ci, les équipes n’avaient pas le droit à l’erreur pour la communauté. Quelques jours après sa mise à disposition et à quelques encablures, aussi, de sa version définitive, Football Manager 2026 ne fait pas l’unanimité auprès des joueurs. Les retours de ces derniers sont assez secs, négatifs et pointent deux choses de manière négative : les bugs actuels sur le jeu et l’interface.

Découvrir Football Manager 26

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© Sports Interactive

Pour la première option, on ne jettera pas la pierre à Sports Interactive. Déjà, parce que des bugs dans une bêta, ce n’est pas un cas isolé et il reste quelques jours aux équipes pour corriger certaines erreurs d’affichage, voire certaines fonctionnalités manquantes ou ne répondant pas en cours de partie. De tout temps, Football Manager a eu des légers soucis à son lancement et, en ce qui concerne cette version, les bugs étaient listés au moment de la sortie de la bêta. Pas tous, c’est vrai, mais en partie quand même, preuve que les équipes sont sur le dossier. Pour preuve, une commande en cours de partie invite le joueur à signaler le moindre bug afin d’aider à sa correction.

C’est surtout la deuxième option qui fait parler et a déjà provoqué l’ire de pas mal de joueurs. Réputée intuitive et passionnante à utiliser par le passé, l’interface de FM 26 ne l’est plus, suite aux changements apportés par les développeurs de Sports Interactive. L’écran principal se retrouve scindé en plusieurs blocs, avec un code couleur pour inviter le joueur à cliquer au bon endroit. On doit bien reconnaître que le résultat est brouillon. On se perd plusieurs minutes – si ce n’est plus – dans les menus pour retrouver les infos habituellement recherchées. On ne sait pas toujours où aller et même après plusieurs heures de jeu, tout n’est pas intuitif comme cela pouvait l’être par le passé. Cela est forcément problématique pour les fans de la saga, qui se retrouvent désorientés, parfois découragés même, devant une navigation qui n’est plus vraiment la leur.

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© Sports Interactive

On comprend l’idée du changement et on peut supposer qu’elle est là pour uniformiser la jouabilité du jeu, que ce soit sur PC, consoles (avec une sortie conjointe pour la première fois sur PlayStation et Xbox) et mobiles et on comprend mieux, aussi, les propos du créateur, Miles Jacobson, qui évoque un “tout nouveau jeu”, avec une base pour les 25 prochaines années. Mais ce choix, certainement pensé aussi pour rallier un nouveau public, peut-être effrayé par le nombre de données et d’informations à ingérer par le passé, risque fort de peser dans la balance et dans le succès à venir ou non de cette version, tant la navigation est un des moments clés du jeu, vu que l’on passe littéralement des heures à sonder des données et à cliquer sur des liens interactifs.

Certains raccourcis de jeu ont disparu, certaines fonctions (la causerie en cours de match) comme celle de pouvoir démarrer comme sélectionneur, voire de le devenir en cours de partie, sont aux abonnés absents… pour le moment. Sports Interactive a prévu de grosses mises à jour pour le lancement de son jeu le 4 novembre prochain et les sélections nationales arriveront très rapidement, avec l’intégration d’un partenariat officiel avec la FIFA ( sur le même modèle que celui existant avec la Ligue des Champions) pour bénéficier des nations licenciées, des maillots et de l’habillage officiel des Coupes du monde. Suffisant pour convaincre ?

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Notre avis

Retour aux affaires chaotique pour la saga Football Manager. Si les critiques qui pleuvent actuellement sur la bêta sont un peu dures - notamment concernant les bugs - le choix de changer le système de navigation, pour une interface plus épurée, moins invasive et plus directe aussi, va dérouter les fans de la licence (c'est d'ailleurs déjà le cas) et risque d'être le point central dans leur choix d'investir ou non cette année sur le jeu. Pour le reste, Football Manager garde sa base, qu'il étoffe avec un tout nouveau moteur 3D parfaitement adapté, des ajouts tactiques bienvenus et l'arrivée du football féminin. Pas le meilleur épisode de la saga au vu des problèmes actuellement rencontrés par le jeu mais d'ici au 4 novembre et dans les prochaines semaines, nul doute que FM aura corrigé bon nombre de ces scories.
Note : 6  /  10

Les plus

  • Le nouveau moteur 3D
  • Un jeu plus beau, plus soigné
  • Une base de données toujours aussi impressionnante
  • L'intégration du football féminin
  • Un habillage encore plus immersif pour les compétitions sous licence
  • Le nouveau système de build des coaches
  • Un système de transferts beaucoup plus pointu

Les moins

  • L'interface, vraiment peu intuitive
  • Certaines fonctions et options en moins, comme le contrôle des sélections
  • Les nombreux bugs au lancement
  • Encore un peu trop austère sur le plan visuel

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