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Test – Far Cry 5 : Haineux Montana

Notre avis
8 / 10
Jeux-Video

Par M. Excuisite le

Comme tout un chacun, il m’arrive d’avoir des interrogations sur les choses de la vie. Existe-t-il d’autres formes de vie dans l’univers ? Arrivera-t-on un jour à tromper la mort ? Peut-on encore être hypé par Half-Life 3 ? Que se passe-t-il si l’on donne de la cocaïne à un enfant hyperactif ? À défaut d’avoir encore toutes les réponses à ces questions, tester Far Cry 5 m’a donné un début de réflexion sur la dernière d’entre elles. Car bien que le nouveau FPS open-world d’Ubisoft veut nous faire profiter de la campagne américaine, cette aventure, aussi appréciable qu’elle soit, est loin d’être une promenade de santé.

La licence Far Cry c’est avant tout l’histoire d’une mutation. Tant au niveau de l’histoire que du gameplay. Le troisième épisode dépeignait la transformation d’un simple vacancier californien en machine de guerre au fur et à mesure qu’il sombrait dans la folie des îles de Rook. Far Cry 4, lui, montrait comment une révolution pourtant juste contre un dictateur himalayen dérivait petit à petit vers la mise en place d’un narco-état totalitaire ou d’un régime religieux et traditionaliste oppressif.

De même au fil des épisodes, Ubisoft a de plus en plus ouvert ses mondes, et éclaté sa narration. Le joueur est libre de faire ce qu’il lui plaît, et d’aborder l’intrigue dans l’ordre qu’il le souhaite. Et comme on ne change pas (ou peu) une équipe qui gagne, Far Cry 5 ne déroge  pas à la règle. De sa promotion, qui laissait croire à une critique ouverte de l’alt-right et du bigotisme qui ronge les États-Unis, Far Cry 5 est devenu le portrait, exacerbé, d’une Amérique devenue paranoïaque à l’extrême et conciliante avec le sectarisme. Et honnêtement, ce n’est pas plus mal.

Make America freak again

Aaah la douceur de la campagne du Montana. Les joies de profiter de ses champs gorgés d’un blé bien jaune, de ses petites bourgades typiquement américaines. Et puis quel régal pour les yeux ces forêts de pins à perte de vue, ces falaises escarpées qui promettent des heures d’escalades et d’excellents points de départ pour s’adonner au base jump.

Ah, si seulement une secte religieuse persuadée que la fin du monde est proche n’avait pas décidé de prendre le contrôle par la force du comté du coin. Car ce décor de carte postale est désormais entaché par les cadavres, les fermes en flammes, les symboles religieux à ne plus savoir quoi en faire, et les fanatiques armés jusqu’aux dents.

Et dans une région composée majoritairement de rednecks survivalistes, et donc propriétaires d’un bunker dans le jardin et d’un arsenal conséquent, la pilule passe mal, et la sérénité rurale a pris un sacré coup de fusil à pompe dans les rotules.

Ubisoft est parvenu à bien retranscrire l’ambiance rurale des États-Unis. On prend un certain plaisir à parcourir les vastes plaines et zones boisées du Montana, même si la faible circulation sur les routes laisse une sensation étrange, surtout dans un pays qui ne cache pas son amour de l’automobile.

Les voies du Seigneur sont impénétrables

Longtemps resté indifférent par la prise de pouvoir des membres du Projet Eden’s Gate, le gouvernement américain a décidé de faire montre de sa puissance en envoyant un U.S. marshall, accompagné des autorités locales, pour arrêter Joseph Seed. Le leader de ce groupe a en effet la fâcheuse tendance à intégrer des membres dans son culte sans leur demander leur avis.

Ici pas de Jason Brody ou de Ajay Ghale (les héros des précédents Far Cry), seulement le joueur dans la peau d’un shérif adjoint. Pour la première fois, Ubisoft permet au joueur de créer son personnage, avec le choix du sexe dans un premier temps, puis du visage et de la couleur de peau une fois l’introduction terminée. Cette astuce s’inscrit dans une volonté de laisser toujours plus de liberté au joueur, tout en se débarrassant d’un héros souvent jugé sans charisme (eh oui Jason et Ajay, on parle de vous).

Quoi qu’il en soit, tout puissant au début du jeu car porteur de la froideur et de l’implacabilité de la justice américaine, le joueur se retrouve rapidement en position d’infériorité. Comme disent nos amis d’outre-Atlantique, everything went south, et de parangon de la justice vous vous devenez la proie impuissante d’une secte qui aimerait vraiment que vous rejoigniez ses rangs.

L’Amérique libéra(b)le

L’aventure commence réellement ici. Une fois encore, Ubisoft offre une immense latitude d’action au joueur, et par conséquent une sensation de déjà vu. Le comté de Hope County se présente comme un grand bac à sable, avec ses trois régions à libérer des Messagers de Joseph, pour enfin atteindre ce dernier, et accessoirement, de sauver ses collègues captifs.

Pour ce faire, il faut faire grimper le niveau de résistance de chaque secteur, dans l’ordre que l’on souhaite, en complétant diverses missions principales et secondaires, en relâchant des civils captifs, en détruisant moult propriétés des “Peggies” (le petit surnom des cultistes) ou en libérant les traditionnels avant-postes. Une fois passés certains caps, le psychopathe en charge du territoire va chercher à vous rencontrer pour vous convaincre de rejoindre cette secte qui ne vous veut que du bien (jusqu’à l’affrontement final). Des rencontres qui jouissent d’une mise en scène souvent audacieuse et/ou originale.

Pour ceux qui n’ont que faire de l’histoire et qui veulent juste profiter du monde ouvert, ils auront la possibilité de participer à des parties de chasse, de pêche, de récolter les innombrables merdouilles collectibles à collectionner, ou tenter de battre les records de cascades qui émaillent le monde.

On vous parlait de bunkers plus tôt. Ces derniers, répartis sur toute la carte, font office de mini-donjon. Les compléter permet de récupérer de l’argent, essentiel pour obtenir de l’équipement, et surtout des points de compétences à dépenser dans un arbre à 5 branches (soit 50 talents) sommes toutes classique. Vous pouvez ainsi augmenter votre discrétion, votre rapport à la faune et la flore, muscler votre côté bourrin, développer votre gestion de l’équipement ou encore améliorer votre leadership (on y reviendra).

7 réponses à “Test – Far Cry 5 : Haineux Montana”

  1. "Une virée, certes fantasmée et ultra-violente, dans une Amérique
    paranoïaque et survivaliste qui on l’espère, ne sortira jamais du cadre
    de la fiction." Plus consensuel tu meurs

  2. Si j’ai bien compris, pas de révolution en vue: mêmes mécaniques de jeu (les tours en moins), l’IA est toujours lamentable et le scénario est sympa (pour ceux que ça intéresse). Je pense avoir eu ma dose avec le 3, le 4 et Blood Dragon. Je vais passer mon tour sur celui-ci.

  3. J’ai fait ni le 3 ni le 4 mais celui-ci m’intéresse pour son aspect coop intégré. Et du coup je ne suis pas "gavé" de la réutilisation du gameplay. Après ça à l’air assez similaire à n’importe quel open world "fait des missions secondaire pour dominer cette zone et accéder à la mission principale". Mais osef si en coop c’est fun, un ptit *** des bières et on est bien.

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