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[Test] Nous avons testé Form 2 : l’imprimante 3D pour les professionnels

Tests et Impressions

Par Malo le

Form 2 est la toute dernière imprimante 3D de Formlabs. Grâce à l’utilisation d’une technologie différente de ses concurrentes, elle fait partie des modèles les plus performants sur le marché et s’appuie sur une impressionnante précision.

Il y a peu, nous avions testé la Dagoma Discovery200 (300 euros) qui est un outil pour débuter dans le domaine. Avec Form 2, on passe vraiment aux choses sérieuses en terme d’impression 3D. L’imprimante de Formlabs se positionne comme un outil complet et destiné aux professionnels.

Nous avons donc testé Form 2 pour vous. Comment manipuler l’imprimante, qu’est-ce qu’on fait avec et qui en aura besoin ? On répond à toutes vos interrogations.

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Form 2 coûte 3300 euros et vient accompagné d’un kit de finition (outils, bacs de nettoyage) et d’un litre de résine standard transparente.
Types de résine : Standard (transparente, blanche, grise, noire), flexible, résistante, calcinable, dentaire. Litre de résine supplémentaire : de 135 à 375 euros.
Poids : 13 kg
Connexions Wifi, Ethernet et USB. Ecran tactile.
Zone d’impression : 145×145×175 mm
Taille du faisceau laser : 140 microns (0,14 mm)
Différentes tailles des couches : 100, 50 et 25 microns (en fonction de la résine)

[nextpage title= »Manipulation »]

L’imprimante de Formlabs n’utilise pas la technologie standard d’impression 3D. Elle fonctionne différemment grâce à l’utilisation de la résine, à l’inverse des filaments de plastique utilisés chez les autres.

La grande majorité des imprimantes 3D possède une plateforme immobile sur laquelle se dessine l’objet grâce à un « jet » qui se déplace au dessus. Form 2 procède à l’envers : c’est la plateforme qui se meut de bas en haut et qui trempe (à chaque couche) dans un bac de résine chauffé à 35°. Un laser positionné en dessous envoie une forte chaleur dans la résine aux endroits ciblés pour dessiner petit à petit l’objet sur cette plateforme (objet qui terminera donc la tête en bas). Particularité de ce procédé : il permet d’être beaucoup plus libre lors de l’impression (formes plus complexes). Cependant, l’impression nécessite d’être soutenue par de fines tiges (créées en même temps que l’objet) afin que les parties imprimées au dessus du vide puissent avoir un support.

Après chaque couche, la plateforme se lève afin que le racloir puisse remuer la résine
Après chaque couche, la plateforme se lève afin que le racloir puisse remuer la résine

Après impression, l’objet peut être retiré de la plateforme métallique. Il faut ensuite l’immerger dans des bassines d’alcool à 90% fournies avec l’imprimante (sans l’alcool). Le but : nettoyer la résine solidifiée de toutes traces et des gouttes de résine liquide pour une meilleure finition. Après un aller retour dans les deux bassines, il est temps de sortir l’impression et de la laisser sécher. La découpe des supports vient en dernier. Mais ce n’est pas fini ! Afin de garder l’imprimante opérationnelle pour la prochaine impression, il faut également nettoyer la plateforme avant de la remettre sur son socle.

Le même modèle avec Form 2 (à gauche) et Dagoma Discovery 200 (à droite)
Le même modèle avec Form 2 (à gauche) et Dagoma Discovery 200 (à droite)

Le matériau utilisé pour l’impression est une résine qui se décline en plusieurs versions (standard, flexible…) et en différentes couleurs. Elles ont toutes une utilisation différente. La résine standard permet d’imprimer des objets solides et détaillés. La flexible permet d’obtenir des créations plus modulables mais au prix d’un vrai manque de détails. Il existe une résine dentaire pour les prototypes et les outils médicaux. Et ainsi de suite. Pas besoin de vous expliquer à quoi sert la résine calcinable par exemple.

Le logiciel PreForm vient en complément de l’imprimante et peut être téléchargé gratuitement sur le site de Formlabs. Il permet d’héberger le ou les modèles 3D afin de les préparer en vue de l’envoi vers l’imprimante (fichiers .stl ou .obj). Cela consiste en trois étapes : l’orientation de l’objet, la création des supports et l’agencement des modèles. Elles peuvent être réalisées manuellement ou de façon automatique. Une fois prêt, le fichier nouvellement créé (.form) est envoyé à l’imprimante via Wifi (réseau local), par ethernet ou par câble USB.

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Ainsi, nous avons d’abord pu tester la résine standard. Une matière solide qui nous a permis d’effectuer des impressions de très bonne qualité avec des détails impressionnants. Nous sommes encore étonnés par la finesse de ce Bat-bouddha et les courbes de cette Statue de la Liberté :

Quelque soit la résine, l’imprimante permet de choisir l’épaisseur des couches. Alors que la plupart des imprimantes 3D « standard » ne dépassent pas les 100 microns (0,1 mm), Form 2 peut atteindre les 0,025 mm pour la résine standard et les 0,05 mm pour la résine flexible. Pour notre part, nous n’avons utilisé que les couches les plus épaisses. Et pourtant, la précision était déjà au rendez-vous.

Pour ce qui est de la résine flexible (que nous avons également testée), nous avons d’abord tenté de créer des objets aussi détaillés qu’avec la résine standard. Mais les résultats étaient brouillons : le matériau n’est pas fait pour les détails, il sert à créer des objets de formes simples utilisés comme supports ou articulations. On peut obtenir des résultats modulables mais fermes, sans détails.

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Une fois imprimées, ces pièces peuvent être assemblées. La diversité des résines permet de créer différents types d’articulations. Nous avons essayé à notre niveau et avec nos moyens : voici donc un poulpe composé de 73 pièces. Autant vous dire que celui-là nous a demandé de la patience !

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A savoir : les impressions 3D sont longues. Comptez 4 heures pour un objet de la taille du Bat-buddha jusqu’à 10 heures pour les plus gros. Form 2 se connecte à internet et vous informe de l’avancée de l’impression depuis le site de Formlabs. Vous pouvez également la configurer afin qu’elle vous envoie une message lorsque l’objet est prêt à être retiré.

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L’imprimante de Formlabs est présentée comme un outil de bureau, utile aux professionnels de divers domaines (médical, design…). Elle peut certainement trouver une utilisation intéressante pour créer des prototypes à partir de modèles 3D, à moindre coût et dans un court délai. L’investissement à l’achat est conséquent (3300 euros on le rappelle), mais pour une entreprise qui fait appel à un tiers, le gain de temps et d’argent à long terme est très envisageable.

Cependant, les professionnels qui préfèrent travailler sur plusieurs matériaux, faire des retouches et bricoler ne trouveront pas réellement d’utilité dans les impressions de la Form 2 (et dans n’importe quelle imprimante 3D en général). Il nous semble encore trop difficile de manipuler les résines post-impression et de les faire interagir entre elles à part en les assemblant, mais cela signifie qu’aucune retouche n’est possible. En bref, l’objet est « figé » après avoir été finalisé.

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[nextpage title= »Conclusion »]

Nous n’avons certainement pas testé l’imprimante au maximum de ses capacités, mais nous avons pu entrevoir son potentiel et ses limites.
Première chose : nous avons été impressionné par le niveau de détails des impressions de la Form 2. C’est un vrai bond en avant par rapport à ce qu’on avait testé auparavant et nous n’avons pas encore vu d’autre machine capable d’une aussi grande précision. Autre point positif : la prise en main est très facile. Tous les outils nécessaires sont fournis et le processus à respecter avant et après l’impression (préparation, lavage, séchage…) est simple et intuitif. Pour autant, il ne faut pas se laisser aller et faire n’importe quoi, notamment avec les parties sensibles de l’imprimante, sous peine de voir la qualité des impressions s’envoler en un rien de temps.

Un des principaux points négatifs de l’imprimante Form 2 réside dans les « supports », ces petites tiges qui soutiennent l’impression. Ils sont indispensables mais détériorent grandement la qualité des objets imprimés en laissant des petites marques après les avoir enlevés. Même le meilleur des polissages n’assurera pas le rendu des détails et la suppression des traces. (ci-dessus les deux faces du Faucon Millenium)

Le coût et la performance de la Form 2 ne se destinent pas à tous. Les milieux professionnels qui ont réellement besoin d’une telle machine forment une niche. Mais nous espérons que cette technologie deviendra de plus en plus accessible à tous, afin d’être utilisée à des fins ludiques et éducatives. Pour l’instant, il faudra vous rabattre sur des machines moins performantes pour imprimer en 3D dans votre salon.

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