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[Test] Hitman : pris par la patrouille

Par Mathieu le

Avec l’ambition de revenir à ses origines, le sixième opus narrant les aventures de l’agent 47 était très attendu par les fans de la première heure mais suscitait également des interrogations, notamment à la vue de son format épisodique. Et c’est dans la capitale française que débute notre aventure (sur 7 épisodes prévus d’ici à la fin de l’année), le temps de cinq heures d’assassinats (et de quelques objectifs secondaires).

HITMAN-review (1) Prologue

En sachant que si vous l’achetez seul, ce pack d’introduction vous coûtera tout de même 15 euros (13 euros sur PC) et que chaque nouvelle destination, qui devrait vous prendre également 2 à 3 heures (si vous ne vous attardez pas sur les objectifs secondaires), vous coûteront elles 10 euros (8 euros sur PC).

Parlons peu, parlons gameplay

Si vous aviez pu jouer à la bêta, vous avez pu découvrir son prologue, qui nous narre une histoire pas très originale mais néanmoins dans la droite lignée de ce que nous avons pu voir dans les épisodes précédents, mélangeant trahison et découvertes sur la vie de l’agent 47. Mais la véritable différence avec son grand frère Absolution, c’est que le titre retourne vers l’infiltration pure et dure, mettant volontairement de côté la partie action même s’il est toujours possible (mais sans intérêt) de foncer dans le tas, arme à la main.

HITMAN-review (3) Paris

C’est donc là que l’on retrouve la force du jeu qui se veut très immersif et accessible tout en donnant au joueur de nombreux challenges à relever. Le système de déguisements a ainsi été revu pour se faire le plus complet possible. En effet, en fonction des tenues que vous allez porter, vous n’aurez pas accès à l’ensemble des zones. Chaque costume vous donnera la possibilité d’être invisible aux yeux de certains mais pas à ceux de vos supérieurs hiérarchiques, qui ne vous reconnaîtront pas et commenceront à vous suspecter. Par exemple, si vous prenez le costume d’un serveur, ne comptez pas passer une porte surveillée par les services de sécurité. Il faudra donc aviser en temps voulu pour définir la meilleure stratégie qui vous permettra d’atteindre votre cible sans vous faire repérer au préalable. Il en va de même avec les armes, dont vous vous équiperez seulement sur place
(pas question de rentrer dans une fête costumée avec un AK-47).

HITMAN-review (4) Paris

Comme je le disais un peu plus haut, les challenges sont nombreux dans cet épisode et la replay-value très intéressante. Si vous réussissez à tuer vos cibles sans pour autant faire de victimes collatérales, c’est une bonne chose mais avez-vous pour autant été suffisamment rapide et discret ? C’est ici qu’interviennent les défis qui vous proposeront de gagner des points d’expérience afin de monter en niveau et de débloquer du contenu. On retrouve parmi eux, par exemple, le fait de faire vomir notre cible aux toilettes en l’empoisonnant ou de réussir à la cacher dans le placard de sa chambre.

On retrouve également un système d’opportunités assez intéressant. Celui-ci vous donnera la possibilité de changer de stratégie d’attaque en plein jeu et de, par exemple, favoriser une approche plus discrète dans laquelle vous n’aurez pas à vous salir les mains. Dans l’épisode parisien, il vous est par exemple proposé de devenir cameraman ou serveur pour venir à bout de vos cibles, le tout en écoutant les bonnes conversations, au bon moment. Et réussir à tuer quelqu’un sans que personne ne se doute que ce soit vous, il n’y a rien de plus jouissif.

[nextpage title= »L’I.A. mange des fraises à la chantilly »]

Le gros point faible de cet opus reste l’intelligence artificielle. Datée et parfois bête, elle ne fait malheureusement pas honneur aux efforts des équipes d’IO quant à la refonte du gameplay du titre. On retrouve ainsi plusieurs niveaux de « danger » dans Hitman. Le premier est celui où les PNJ seront suspicieux, la plupart du temps en fonction d’une action que vous avez réalisé et qui n’aurait pas dû l’être en public ou parce que vous entrez dans une zone où vous n’avez normalement pas accès. Ensuite, les PNJ partiront à votre recherche, si vous allez trop loin. Enfin, si vous êtes démasqué, le mode « combat » s’activera alors et ils vous pourchasseront dans le seul et unique but de vous arrêter, voire de vous tuer.

HITMAN-review (2) Paris

Très bien me direz-vous alors. Mais non. Il est parfois vraiment trop simple de surprendre ceux que l’on doit berner, de passer à côté d’eux sans qu’ils ne vous voient ou bien même de commettre des actions vraiment très étranges sans pour autant les déranger. Un exemple ? Dans la mission à Paris, une de mes cibles était accompagnée NON-STOP par un garde du corps. J’ai donc voulu l’empoisonner pour qu’elle aille aux toilettes et ainsi la noyer. Lorsqu’elle s’est sentie mal, elle s’est donc rendu aux toilettes les plus proches, dont l’accès est normalement réservé à une seule personne, et son garde du corps l’accompagnait. Pourtant, j’ai pu aisément me mettre derrière ma cible sans que ce dernier n’intervienne et ne m’arrête lorsqu’il m’a vu rentrer dans les toilettes avec elle puis ressortir seul. Un cas isolé me direz-vous ? Loin de là, bien malheureusement.

HITMAN-review (3) Paris

Hey m’sieur, il est beau mon joujou ?

Malheureusement, nous ne pouvons pas vraiment vous parler de la partie technique de ce Hitman (en bien, du moins). La raison est simple : nous avons testé une version PC et malgré des essais sur deux machines différentes, impossible d’obtenir un résultat satisfaisant. Les configurations étant pourtant plutôt costaudes (pour exemple, nous avons pu tester Rise of the Tomb Raider en 1440p et en élevé avec aisance). En Direct X12, le jeu plante sans arrêt tandis que dans sa version antérieure, en DX 11 donc, il fonctionne mais même avec toutes les options graphiques en faible et en 1080p, on dépasse rarement les 30 fps dans le niveau parisien. Sans parler du fait qu’on constate des chutes à parfois 15 fps et que le fait de passer le jeu en élevé et en 1440p ne modifie presque rien. Ces problèmes ont été également relevés chez de nombreux autres utilisateurs, notamment sur Steam et on espère donc qu’un patch arrivera très prochainement.

HITMAN-review (6) Marrakesh (1)

Si l’on peut tout de même noter une chose, c’est que ce Hitman n’est pas un foudre de guerre techniquement, loin de là, mais qu’il reste agréable à l’oeil et propose surtout certaines séquences avec un nombre affolant de PNJ. Si certaines textures sont très fines et quelques intérieurs extrêmement réussis, nous n’arrivons pas à la qualité de ce que peuvent proposer d’autres jeux en 2016. Rassurez-vous tout de même, le titre reste globalement beau et les quelques cinématiques sont elles magnifiques. Notons enfin que les temps de chargements sont très, trèèèèès longs.

Hitman, sorti sur PC, PS4 et Xbox One
NB : les visuels qui illustrent ce test sont des visuels éditeurs

Date d’arrivée des différents niveaux
11 mars – Sortie des contenus du pack d’intro : prologue et missions se déroulant à Paris.
Avril – Sortie des missions se déroulant à Sapienza en Italie.
Mai – Sortie des missions se déroulant à Marrakech au Maroc.
Reste de l’année : La Thaïlande, les Etats-Unis et enfin, le Japon qui viendra clore cette saison de contenus. Normalent, Juin, Juillet et Août.
Début 2017 : Sortie de la version boîte

Notre avis

Hitman revient à ses origines en nous proposant un gameplay similaire mais amélioré à ce que nous avons connu pendant les débuts de l'agent 47. Doté d'un gameplay intéressant et en grande partie réussi mais souffrant d'une I.A. des années 90 et de défauts techniques, le jeu aurait pu faire (bien) mieux. Ceux qui ont adoré Absolution risquent d'être déçus tandis que les aficionados d'infiltration retrouveront des sensations longtemps oubliées. Reste le format épisodique qui ne plaira pas à tout le monde, même si ce n'est pas un problème en soi.

6.5 / 10