Passer au contenu

Les États-Unis préparent un laser géant contre les drones et les missiles

Les États-Unis ont débloqué plusieurs dizaines de millions de dollars pour développer une nouvelle arme laser capable de viser des drones, mais aussi des missiles de croisière. Il reste quand même plusieurs obstacles techniques à régler avant de le voir entrer en service et tout détruire sur son passage.

Le Pentagone aimerait sérieusement augmenter la puissance de ses armes laser. Le gouvernement américain a confié à Lockheed Martin Aculight et nLIGHT Defense le développement du Joint Laser Weapon System, ou JLWS, un dispositif qui devra atteindre une puissance de 500 kW.

Un tir pas cher mais pas illimité

Les premiers contrats représentent 86 millions de dollars, mais le programme pourrait à terme coûter jusqu’à 847 millions. Les autorités américaines veulent avancer rapidement, en privilégiant le développement de prototypes et les essais accélérés plutôt que les procédures d’acquisition militaire habituelles. Le projet doit commencer par un premier laser de 150 kW, destiné à répondre à des besoins opérationnels qui sont jugés les plus urgents. La puissance sera ensuite portée à 300 kW, puis progressivement jusqu’aux 500 kW visés.

Lockheed Martin doit concevoir une version tactique installée dans un conteneur maritime standard d’un peu plus de 12 mètres. Le laser sera donc transportable par camion ou par bateau, mais personne ne le portera à l’épaule. Le conteneur devra accueillir l’arme, les réserves d’énergie et un imposant système de refroidissement. Produire un faisceau aussi puissant dégage beaucoup de chaleur, ce qui complique fortement la conception d’un système capable de fonctionner sur le terrain.

« Il s’agit du laser le plus puissant jamais installé dans un conteneur transportable », affirme Paul Lemmo, vice-président de Lockheed Martin. Son architecture modulaire doit permettre de l’utiliser depuis une installation terrestre ou une plateforme maritime, afin de protéger des bases, des infrastructures importantes ou des forces déployées.

Les lasers intéressent les armées parce qu’ils peuvent viser plusieurs cibles successivement sans avoir besoin de recharger un lanceur. Tant qu’il reste suffisamment d’électricité et que le système ne surchauffe pas, le nombre de tirs est en théorie très élevé. Ils pourraient donc compléter les missiles intercepteurs face à des vagues de drones bon marché. Détruire un petit appareil avec un missile à plusieurs centaines de milliers de dollars n’est en effet pas une solution très économique.

À 500 kW, le JLWS devra aussi s’attaquer à des missiles antinavires et à des missiles de croisière rapides. Le faisceau doit chauffer une zone précise assez longtemps pour endommager la structure ou un composant essentiel de la cible. Mais les lasers n’aiment ni la pluie, ni la poussière, ni les turbulences atmosphériques. Le programme devra maintenant passer par plusieurs prototypes, une phase d’intégration et de nombreux essais avant de griller ses premières saucisses.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Source : DoD

Mode