Décadence d’une révolution
Pour prendre une photo, on vise avec un écran vraiment minuscule et très mal défini, puis on appuie avec l’index sur le bouton situé sur le haut de l’appareil. Sur le coup, on a une drôle de sensation de vide. Pourtant, la mécanique ressemble énormément à celle des appareils photos compacts classiques ou des smarpthones. Mais là, étant donné que la mise au point n’est plus nécessaire, que l’écran est minuscule, qu’on n’a finalement absolument rien à gérer, on se dit qu’on ne contrôle vraiment rien.
Du coup, prendre une photo sans savoir ce qu’on vise revient à manger dans l’obscurité la plus complète sans savoir ce qu’il y a dans son assiette. C’est le but de l’objet. Mais lorsqu’on veut s’amuser un peu à prendre des photos en plein soleil, on déchante rapidement. Déjà à cause de la taille, vraiment trop réduite, de la définition vraiment ridicule et surtout d’une lisibilité médiocre. Heureusement, la mise au point n’est pas un problème, puisqu’elle se fait en post-production.
Ça commence à beaucoup manquer de fun tout ça. Ensuite, on remarque qu’on peut régler la sensibilité ISO et la vitesse. Mais encore une fois, la taille de l’écran empêche d’être précis. Bref, on va pas s’amuser à jouer de la roulette tactile.
Je dois avouer que je me suis retrouvé un peu bête, mon parallélépipède à la main, à me demander ce que je pouvais photographier. J’ai jeté un coup d’oeil autour de moi, repéré une scène urbaine avec 4 plans distincts intéressants. Le genre de scène faite pour le Lytro. J’ai alors pointé le Lytro vers la scène en question, mon doigt a glissé légèrement sur la bande de zoom sensitive allongeant la focale de quelques millimètres. Le temps de dézoomer, la scène était passée.
De toute évidence, entre la latence de l’appareil à prendre une photo, la difficulté de viser avec un écran si petit, cet appareil n’est pas celui qui deviendra votre compagnon de photo de rue.
Plusieurs photos plus tard, je suis rentré chez moi pour passer à la post-production. Les photos produites par la Lytro nécessitent un logiciel dédié, téléchargeable gratuitement sur le site officiel. Ne vous attendez pas à Lightroom ou à Adobe Photoshop Elements c’est basique. Les effets proposés sont mauvais et inintéressants.
Il faut créer un login et un mot de passe. On peut ensuite envoyer ses créations sur le serveur de la société qui héberge votre image, et vous permet de la partager et voir celles des autres.
Je l’ai donc téléchargé et me suis inscrit. Un exemple basique pour jouer de la PDC :
C’est là que j’ai réalisé que le problème ne venait pas de moi. Mon égo était rassuré mais mon avis sur cet objet si prometteur sur papier s’amenuisait drastiquement. Les photos prises, en dehors de toute considération artistique, n’avaient rien, mais absolument rien de plus que ce que l’on trouve sur Instagram ou Pinterest. Pire, c’était moins créatif, car afin de mettre en évidence les possibilités du Lytro, les photos finissaient par toutes se ressembler.
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