Passer au contenu

Test Ninja Gaiden 4 : lame d’un grand… avec ses vieux démons

La saga de ninjas la plus sanguinolente de tous les temps est de retour avec Ninja Gaiden 4. Les amateurs de beat’em all ont-ils toutes les raisons de se plonger dans ce bain de sang ?

Voilà quelques années que la Team Ninja brille grâce à sa licence Nioh, dont le prochain épisode sobrement intitulé Nioh 3 arrive le 6 février prochain. Le studio de développement jamais n’a pas pour autant tiré un trait sur la saga qui l’a fait connaître : Ninja Gaiden, créé par Tomonobu Itagaki, récemment disparu.

Après une longue période de disette, les amateurs d’exécutions sanguinolentes ont pu retrouver Ryu Hayabusa plus classe que jamais dans le remake Ninja Gaiden 2 Black paru en janvier 2025. Il ne manquait plus qu’un nouvel opus pour contenter la communauté. Il est enfin là.

Ninja Gaiden 4, premier épisode inédit depuis 2012 et la sortie de Ninja Gaiden 3, est-il à la hauteur des attentes ? Notre test du titre de Team Ninja et PlatinumGames après 12 heures de jeu sur PS5.

Découvrez Ninja Gaiden 4 au meilleur tarif sur PS5 ici

Il était une fois… pas grand-chose

L’histoire de Ninja Gaiden 4 se déroule plusieurs années après celle du précédent épisode. Ryu Hayabusa a pourfendu le Dragon Noir, responsable du chaos dans lequel se trouvait Tokyo. Le problème, c’est qu’il est simplement endormi au-dessus de la ville et que la menace de son retour pèse toujours. Il existe un seul moyen de le bannir à jamais : un membre du clan du Corbeau doit briser les sceaux qui le retiennent prisonnier puis l’anéantir définitivement. Cette tâche revient à Yakumo, personnage principal du jeu.

Ninja Gaiden 4 Yakumo Seori
© Xbox Game Studios

Ninja Gaiden a rarement brillé par son scénario et ce quatrième épisode ne fait pas exception. Les événements dépeints tout au long du jeu sont d’un classicisme parfois assez affligeant, donnant à Ninja Gaiden 4 des airs de série B. Vous ne serez probablement jamais ni surpris ni emballé par l’histoire.

Par ailleurs, le casting de personnages est très limité. Seori est le seul visage connu récurrent de l’aventure et elle n’est pas particulièrement attachante, car très stéréotypée. Au moins, la moindre apparition de Ryu Hayabusa et d’autres figures connues de la série comme Ayane se savoure.

Ninja Gaiden 4 Ayane
© Xbox Game Studios

La mise en scène plutôt travaillée, notamment lorsque les combattants font parler leurs lames, arrive quand même à nous capter. La Team Ninja nous gratifie, comme d’habitude, de modèle de personnages particulièrement fins, même si leur aspect lisse que l’on retrouve aussi dans Dead or Alive peut ne pas plaire à tout le monde.

Ninja Gaiden 4 fait du neuf avec du vieux

Heureusement, on ne joue pas à un beat’em all pour se plonger dans une histoire captivante. Là où Ninja Gaiden 4 est attendu au tournant, c’est au niveau de son gameplay.

La Team Ninja est coutumière du fait : qui dit nouveau Ninja Gaiden dit nouveau personnage. Yakumo n’a rien à envier à Ryu Hayabusa en combat. Il peut manier quatre armes différentes, à débloquer tout au long de l’aventure.

Ninja Gaiden 4 Combat
© Xbox Game Studios

Il existe deux touches principales pour attaquer : alterner entre les deux permet de déployer des combos dévastateurs. Les ennemis les plus éloignés peuvent être atteints grâce à la touche d’attaque à distance. Bien entendu, Yakumo peut se mettre en position de garde classique et se protéger avec sa lame ou bien esquiver, de préférence juste avant l’attaque ennemie pour réaliser une esquive parfaite. Du classique.

La Team Ninja et PlatinumGames ne se contentent pas du statu quo et introduit une jauge du Corbeau sanglant. Yakumo active la forme spéciale de chaque arme lorsque vous maintenez la touche servant à passer en état de Corbeau Sanglant. Les attaques sont alors bien plus puissantes. Vous devez impérativement attaquer sous cette forme lorsque l’ennemi lance une attaque puissante, signalée par un point d’exclamation rouge. Si votre attaque en forme de Corbeau sanglant le touche juste avant d’être atteint, un contre encore plus puissant se déclenche.

Toute la subtilité de Ninja Gaiden 4 passe par la gestion de la jauge de Corbeau sanglant, qui se remplit au fil du temps et monte encore plus vite si vous attaquez les ennemis. On s’amuse beaucoup à jongler entre les différentes formes et armes de Yakumo. Les amateurs de Souls-like apprécieront l’importance du contre dans le gameplay, même s’il ne se révèle évidemment pas aussi central que dans un Sekiro, par exemple.

Ninja Gaiden 4 Parade
© Xbox Game Studios

Yakumo n’est jamais aussi puissant qu’en mode Berserk, disponible uniquement une fois la jauge dédiée pleine. Le ninja peut alors provoquer un véritable bain de sang et annihiler presque tous les ennemis à l’écran en un instant. Ninja Gaiden 4 nous gratifie du plaisir attendu au combat grâce toutes ces mécaniques, nouvelles comme anciennes.

La palette de mouvements de Yakumo peut s’étoffer considérablement en achetant des techniques auprès de Tyran avec des NinjaCoin. Vous pouvez même apprendre des techniques propres à chaque arme directement dans le menu avec des points de compétence.

On regrette tout de même que celles-ci soient finalement assez dispensables. En plus, certaines nécessitent d’entrer des commandes de manière assez peu intuitive, comme maintenir deux touches à l’opposée l’une de l’autre sur votre manette (croix et triangle, par exemple).

Ninja Gaiden 4 Boss
© Xbox Game Studios

Des boss qui ne déçoivent pas (sauf quand on perd)

Par ailleurs, il est assez difficile de trouver le bon compromis entre attaque et défense dans cet épisode. Soyez trop entreprenant et vous risquez de prendre une attaque signalée en rouge soit parce que vous n’avez pas réussi à interrompre votre combo, soit parce que l’ennemi en question est hors du champ de la caméra. Une caméra moins aux fraises qu’avant, mais toujours capable de nous faire perdre l’adversaire de vue.

Bien entendu, impossible de miser uniquement sur la parade avec R1, le flash parfait en attaquant en même temps et que l’ennemi et le contre en Corbeau sanglant pour triompher. Résultat, Ninja Gaiden 4 peut s’avérer frustrant pour son manque de limpidité, perdu entre deux eaux.

Finalement, le jeu brille avant tout durant les combats de boss. Ici, nous avons le temps d’analyser le pattern de l’ennemi pour choisir judicieusement les fenêtres d’attaque et les moments où esquiver, parer et contrer. Les combats contre les ennemis humains durant lesquels les lames s’entrechoquent sont de loin les plus satisfaisants de l’aventure. Une véritable chorégraphie se joue sous nos yeux. Les exécutions de boss extrêmement satisfaisantes font office de sublime bouquet final.

Ninja Gaiden 4 Boss Humain
© Xbox Game Studios

Bien entendu, il faudra souffrir un peu avant d’en arriver là. La difficulté est bel et bien au rendez-vous à partir du mode normal. En difficile et en maître ninja, vos larmes couleront autant que le sang dans le jeu. Les temps de chargement particulièrement longs pour un titre next-gen viennent ajouter à la frustration de passer l’arme à gauche.

Autre point noir, le système de sauvegarde et de checkpoints très obscur. Il arrive que le jeu nous fasse réapparaître juste avant les zones « safe » où l’on peut acheter des objets et des compétences. Il faut donc tout refaire avant de se relancer dans un combat.

Un level-design sans génie

Oui, il y a beaucoup, beaucoup de combats de Ninja Gaiden 4. Mais ce n’est pas tout. Il faut bien que Yakumo se déplace d’une arène à l’autre. Il dispose de plusieurs gadgets pour cela : un planeur, un grappin et un surf en plus de la course murale. Les phases de plateformes vous demandent parfois d’enchaîner les sauts, les glissades et le vol, avec le vide comme principale menace.

Ninja Gaiden 4 Vol
© Xbox Game Studios

Dommage que le level design se révèle bien trop timide et n’exploite ces accessoires qu’en surface. Des phases de plateformes ingénieuses et audacieuses auraient cassé la monotonie propre au genre du beat’em all, mais ce n’est pas vraiment le cas ici (hormis dans les tout derniers chapitres, très rythmés).

Les niveaux ne nous en mettent pas non plus plein la vue sur le plan graphique, surtout en extérieur. Les environnements sont souvent très sombres et les textures trop brillantes et grossières. Ninja Gaiden 4 est bien plus agréable à l’œil en intérieur.

Un Ryu plus discret que jamais

Pour ne rien arranger, Ninja Gaiden 4 nous fait l’injure de nous mettre au contrôle de Ryu Hayabusa seulement pour quelques chapitres et simplement pour nous faire traverser les mêmes niveaux qu’avec Yakumo. Il dispose également de moins d’atouts en combat, avec quatre ninpo et une seule arme.

Certes, le peu de temps d’écran d’Hayabusa lui donne une dimension encore plus légendaire. Il faut quand même avouer qu’il est assez douloureux de ne le voir que si peu durant ces 12 heures d’aventure.

Ninja Gaiden 4 Ryu Hayabusa
© Xbox Game Studios

Les quelques quêtes annexes, qui demandent généralement de trouver des objets ou d’éliminer des ennemis dans une zone un peu cachée, viennent rallonger un peu la durée de vie. Il faut également fouiller pour trouver les portes des différents purgatoires. Ici, des vagues d’ennemis vous tombent dessus. Réussir à survivre permet de récupérer de l’argent et des points de compétences d’arme.

Vous voulez encore prolonger le plaisir ? Sachez que l’endgame de Ninja Gaiden 4 tient ses promesses. Une fois l’histoire principale achevée, vous débloquerez un mode boss rush qui mettra vos talents à rude épreuve. Bien sûr, vous pouvez vous relancer dans l’aventure, cette fois avec le personnage de votre choix, pour tenter d’améliorer vos scores de fin de chapitre.

Ninja Gaiden 4 Sss
© Xbox Game Studios

Découvrez Ninja Gaiden 4 au meilleur tarif sur Xbox ici

Ninja Gaiden 4 sort ce 21 octobre sur PC, PS5 et Xbox Series.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Notre avis

Ninja Gaiden 4 signe le retour en grâce d'une licence à l'image écornée par son troisième opus. L'association de la Team Ninja et de PlatinumGames accouche d'un titre au gameplay grisant porté par quelques innovations très appréciables. Ninja Gaiden 4 ne parvient pas pour autant à se débarrasser de quelques défauts bien connus des amateurs de la saga et du genre du beat'em all. Le scénario convenu, le level-design décevant et la caméra frustrante viennent souvent calmer nos ardeurs durant cette aventure où le personnage le plus attachant, Ryu Hayabusa, se fait bien trop rare. Une belle copie tout de même, à laquelle l'extension Two Masters prévue à l'hiver 2026 donnera peut-être une dimension encore plus grande.
Note : 7.5  /  10

Les plus

  • Un gameplay plaisant porté par ses nouveautés
  • Les combats de boss
  • On en prend plein les yeux en combat
  • La starification de Ryu Hayabusa
  • Les derniers chapitres très intenses
  • La bande-son parfaitement dans le ton

Les moins

  • Une histoire convenue et ennuyeuse
  • Un level design vraiment pauvre
  • Une caméra moins « flottante », mais pas encore parfaite
  • Le recyclage des zones et des boss dans la quête de Ryu
  • Quelques chapitres tirent en longueur

Mode