Test

Test – Overwatch

Par Pierre le

Je me suis souvent demandé « c’est quoi un bon jeu vidéo ? ». Un bon jeu est-il un soft qui redéfinit un genre ? Une aventure qui vous raconte une histoire qui prend aux tripes ? Une expérience qui fait avancer le média ? Qui apporte quelque chose de nouveau, de jamais vu ? J’ai finalement trouvé la réponse. Un jeu vidéo, c’est avant-tout une création qui apporte du plaisir, qui vous fait dire, une fois votre PC éteint : « J’ai passé un bon moment ! », sans forcément réunir toutes les conditions citées ci-dessus. Et de ce point de vue, Overwatch est un excellent jeu vidéo.

Fun, Rythme, Gameplay : les maîtres mots d'Overwatch
Fun, Rythme, Gameplay : les maîtres mots d’Overwatch

Première licence originale de Blizzard depuis Starcraft (1998, tout de même), Overwatch est le gros pari de Blizzard en cette année 2016. Créer un nouvel univers, se lancer dans le FPS, se focaliser à fond sur l’eSport… la firme américaine a vu les choses en grand pour son nouveau soft. Et il faut avouer que la chose est réussie, tant Overwatch aborde le jeu vidéo de la manière la plus candide possible : jouer, c’est avant tout se faire plaisir.

Si vous n’avez jamais entendu parler d’Overwatch, expliquons la chose simplement : Le nouveau jeu de Blizzard est un Team Fortress 2 remis au goût du jour. Une arène de six contre six, quatre mode de jeux, douze cartes et surtout 21 personnages différents.

Le chara design est très réussi
Le chara design est très réussi

Voici donc le cœur d’Overwatch, ses personnages. En plus de se montrer attachants, ces derniers disposent chacun d’un gameplay propre qui se montre utile suivant le déroulement d’une partie. D’ailleurs, la grande force du jeu est de quasiment vous obliger à changer de personnage en fonction du déroulement d’une partie et du roster de votre équipe. Chaque équipe doit se montrer homogène, efficace dans ses défenses ou ses attaques pour espérer gagner. En effet, chaque personnage propose des capacités totalement différentes, des manières d’aborder les adversaires qui changent en fonction du terrain et surtout de la situation en cours. Par exemple, il vaut mieux privilégier les personnages défensifs dans une situation où vous devez tenir un siège.

Voilà la vraie force d’Overwatch, proposer plusieurs gameplay différents au cours d’une même partie, qui ne dépasse rarement les dix minutes. Et dix minutes, c’est court. Ainsi Blizzard a fait le choix de la nervosité en nous offrant des parties à 100 à l’heure avec des cartes assez bien conçues pour éviter les temps morts et créer des points de friction.

Protéger le convoi est votre mission première sur certaines maps
Protéger le convoi est votre mission première sur certaines maps

Si les personnages faciles à prendre en main mais difficiles à maîtriser rendent ce gameplay ultra nerveux possible, nous devons également beaucoup aux cartes, dotées d’un design diablement efficace. Chaque carte sert son mode de jeu (Attaque/Défense, Escorte, Contrôle et Attaque/Défense/Escorte) et non l’inverse. Par exemple, le mode Escorte demande d’amener un convoi d’un point A à un point B en restant à ses côtés. Les joueurs sont dans l’obligation de suivre une route toute tracée, néanmoins, chaque tournant est un point d’embuscade, chaque goulet représente un point de friction obligatoire. Chaque petit recoin peut se montrer mortel pour les défenseurs, et salutaires pour les attaquants (ou l’inverse).

Le tout est enrobé par une ambiance optimiste, proche de celle des films Pixar, qui n’est là que pour décor, Blizzard préférant développer ce nouvel univers via des courts-métrages animés ou des BD en ligne.

[nextpage title= »Taillé pour l’eSport »]
En proposant des modes de jeux simples, des gameplay différents et surtout des séquences spectaculaires, Blizzard cherche avant tout à séduire la scène eSport. Il est encore trop tôt pour dire si la mayonnaise va prendre ou non, mais en tout cas, Overwatch a toutes les cartes en main pour.

Fatale est redoutable une fois maîtrisée
Fatale est redoutable une fois maîtrisée

Se voulant populaire, Overwatch s’éloigne du modèle free-to-play pour proposer un jeu payant, mais entier. Ainsi, personne n’est amputé de certains personnages pouvant faire la différence lors d’une partie, la boutique en ligne n’étant que cosmétique. Overwatch joue sur la fibre compétitive grâce à des formules simples. Chaque fin de partie est ponctuée par « l’action de la partie », qui met en avant une séquence où un joueur s’est démarqué. Puis, comme dans un match de foot, l’homme du match est désigné par ses pairs.

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Mais il ne faut pas s’y tromper : si un joueur peut faire la différence, une victoire n’est que la conséquence d’un travail d’équipe efficace et coordonné. Si la communication est primordiale dans ce genre de jeux, Blizzard s’est montré assez malin pour faire comprendre aux participants quelle stratégie à adopter à l’instant T.

Mais la vraie force d’Overwatch, c’est d’être aussi fun à regarder qu’à jouer. Chaque partie étant déjà un concentré de rythme au niveau amateur, les parties professionnelles ont tout pour se montrer totalement folles, avec des exploits individuels, des performances collectives et des suspenses insoutenables. Bref, Overwatch dispose de toutes les cartes en main pour réussir, il ne reste plus qu’à les utiliser.

Pharah doit rester constamment mobile sous peine de se faire tirer comme un lapin
Pharah doit rester constamment mobile sous peine de se faire tirer comme un lapin

Overwatch n’est pas parfait, loin de là. On peut regretter son design et son univers classiques, son gameplay qui n’apporte rien de nouveau sur le marché, ses cartes et modes de jeux trop peu nombreux et ses personnages pipés (WTF Bastion ?). Mais Overwatch nous regarde avec ses yeux de chaton et impossible de ne pas lui pardonner ses travers, sans compter que Blizzard nous promet un suivi très assidu du jeu avec ajout de nouveaux contenus régulièrement (et vu leur expérience, on peut leur faire confiance). Et comme je vous le disais au début de ce test, l’important dans un jeu, au final, c’est de s’amuser. Et quand je quitte le jeu après quelques parties, je ne peux m’empêcher de penser « j’ai passé un excellent moment ! J’ai hâte de recommencer ! ».



Overwatch, testé sur PC, disponible également sur PS4 et Xbox One

Notre avis

Avec Overwatch, Blizzard a cherché à créer un nouveau maître-étalon sur la scène compétitive. S'il est encore trop tôt pour dire si la formule va séduire, il faut admettre qu'Overwatch a toutes les cartes en main. Beau, fun, rythmé, il ravira les amateurs d'eSport mais surtout les joueurs, qui trouveront là une source de plaisir immédiate.

8 / 10