Test

Test – SimCity : Oui, mais…

Par Cyril le

Voilà presque une semaine que SimCity est sorti. Entre des serveurs visiblement loin d’être prêts pour l’affluence d’un grand nombre de joueurs et son game-design qui s’éloigne des précédents volets, le jeu n’aura pas franchement connu un lancement des plus faciles. Pourtant, une fois la polémique mise à part et l’esprit centré sur le jeu, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il y a du bon dans ce SimCity.

Oui, les cartes de ce nouveau SimCity sont petites, très petites. Mais est-ce vraiment un défaut ou plutôt d’un trait de caractère sur lequel se jette hargneusement tous les joueurs des anciens épisodes ? La réponse est simple : tout dépend de votre manière de jouer.

Si vous êtes du genre à réserver un coin de votre mégalopole aux décharges, centrales nucléaires, stations d’épurations et autres joyeusetés, vous allez surement pester contre les quelques kilomètres carrés qui vous sont alloués. Impossible également de construire aisément tous les grands bâtiments spécialisés avec leurs annexes tant ils prennent de la place.

Mais raisonner ainsi, c’est oublier le coeur même de ce nouveau SimCity : le principe des régions. Il vous est en effet possible de bâtir jusqu’à 16 villes dans une même région, reliées par la route, le rail, les airs ou la voie maritime. Au premier abord peu intéressants, les échanges entre ces villes sont en fait indispensables à leur développement.

Le système de région incite fortement à inviter vos amis
Le système de région incite fortement à inviter vos amis

Il est tout d’abord possible d’acheter des ressources comme l’eau où l’énergie aux villes voisines, ce qui s’avère bien utile pour économiser de la place dans la vôtre, notamment si vous avez choisi une énergie propre. Vous pouvez également choisir de prêter une partie de vos camions-poubelles ou de vos voitures de police à un voisin, ce qui vous rapportera plus d’argent tout en le soulageant de la nécessité de construire de gros bâtiments.

Il est par exemple très simple de construire chez vous un grand hôpital disposant de nombreuses ambulances avant d’en envoyer quelques-unes s’occuper des blessés d’à côté, ce qui permettra au second maire de se contenter d’une simple clinique sur son territoire. Vous l’aurez compris, il est tout à fait possible de créer un « ville-service » dédiée au support des voisins.

une ambulance en route pour porter secours au maire d'à côté
une ambulance en route pour porter secours au maire d’à côté

Gérer plusieurs villes de manière simultanée se révèle vite indispensable pour ne pas se retrouver dans une cité voué à la ruine. Si vous tentez de bâtir une métropole unique, chaque étape de son évolution vous semblera parfaitement logique jusqu’à ce que vous vous rendiez compte que chaque nouveau bâtiment vous oblige à détruire une partie de vos habitations/commerces/industries et diminue donc votre source de revenus…

C’est là que le jeu en ligne prend soudain tout son sens : en s’organisant avec quelques amis, il devient assez simple de progresser très rapidement puisque vous n’avez pas à vous préoccuper de tout. On peut alors reprocher au jeu de nous forcer la main en nous obligeant presque à ne construire que des cités déséquilibrées, mais il est tout à fait possible de jouer les rois de la micro-gestion en construisant la ville parfaite dans un coin en y plaçant peu à peu les bâtiments indispensables à l’autarcie.

On aperçoit au loin les cités des voisins
On aperçoit au loin les cités des voisins

Autre problème soulevé par les joueurs, la facilité du jeu, dont la gratuité des zones RCI (résident/commerce/industrie) est un symptôme évident. Si dans les faits cette gratuité se révèle bien pratique puisqu’on ne peut passer des rues aux avenues sans démolir tous les bâtiments adjacents, sans compter qu’on réaménage souvent sa ville, le budget s’équilibre effectivement très aisément. Vous pouvez même demander de l’argent à un voisin si jamais vous avez vidé vos caisses.

L’absence de défi financier porte le jeu vers l’avant de manière permanente. Il y a toujours quelque chose à construire, un réglage à peaufiner, une route à améliorer… à moins d’être un gestionnaire extrêmement maladroit, vous n’aurez jamais trop de problèmes à résoudre simultanément, mais la progression de votre ville sera constante. Surement même un peu trop pour les maires qui n’en sont pas à leur premier mandat, tant le seul défi du jeu est en fait l’évolution vers le palier supérieur.

Une fois votre ville à peu près correctement établie, vous pourrez en effet la spécialiser dans une source de revenu particulière : extraction, commerce, tourisme… s’il est facile de commencer à se spécialiser, il vous faudra toutefois travailler dur pour devenir la ville incontournable dans votre domaine.

Avec cet hôtel, les touristes pourront se loger dans votre ville
Avec cet hôtel, les touristes pourront se loger dans votre ville

Ce système suit en réalité la même logique que le reste du jeu : pour construire une ville efficace le plus vite possible, il est nécessaire d’avoir une vue d’ensemble du résultat souhaité dès le départ. C’est peut-être là la plus grande difficulté du jeu : une progression souple et sans accroc ne passera que par une optimisation et une anticipation des besoins. Peut-être pas le genre de défi qu’on attendait, mais un objectif qui promet toutefois de longues heures de jeu avant d’être atteint.

Un petit paragraphe toutefois sur la connexion internet permanente obligatoire du jeu : difficilement justifiée par les cours instantanément mis à jour des marchandises et quelques tableaux de classement complètement inutiles, elle devient véritablement un problème lorsque les serveurs souffrent, comme c’est la cas depuis le lancement du jeu.

Maxis n’ayant semble-t-il pas l’intention de permettre aux joueurs de profiter de SimCity hors-connexion, il convient d’en tenir compte avant l’achat. Pas d’inquiétude à avoir néanmoins quant à une future fermeture des serveurs : au vu des DLC déjà proposé, il ne fait aucun doute qu’Electronic Arts a l’intention de faire du city-builder sa nouvelle poule aux œufs d’or. Il faut dire qu’après 21 contenus supplémentaires en quatre ans, les Sims 3 commencent un peu à fatiguer…

L'un des DLC déjà proposé. Bientôt une extension mégalopole ?
L’un des DLC déjà proposé. Bientôt une extension mégalopole ?

S’il manque clairement de challenge et se montre frustrant à première vue, SimCity ne révèlera sa richesse qu’à ceux qui sauront oublier leurs habitudes pour réapprendre le métier de maire. Pas exempt de défauts, la simulation se montre cependant très prenante une fois lancée, et il ne fait aucun doute qu’elle contient de quoi y passer de nombreuses heures pour les amateurs du genre.

Voilà presque une semaine que SimCity est sorti. Entre des serveurs visiblement loin d’être prêts pour l’affluence d’un grand nombre de joueurs et son game-design qui s’éloigne des précédents volets, le jeu n’aura pas franchement connu un lancement des plus faciles. Pourtant, une fois la polémique mise à part et l’esprit centré sur le jeu, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il y a du bon dans ce SimCity.

Oui, les cartes de ce nouveau SimCity sont petites, très petites. Mais est-ce vraiment un défaut ou plutôt d’un trait de caractère sur lequel se jette hargneusement tous les joueurs des anciens épisodes ? La réponse est simple : tout dépend de votre manière de jouer.

Si vous êtes du genre à réserver un coin de votre mégalopole aux décharges, centrales nucléaires, stations d’épurations et autres joyeusetés, vous allez surement pester contre les quelques kilomètres carrés qui vous sont alloués. Impossible également de construire aisément tous les grands bâtiments spécialisés avec leurs annexes tant ils prennent de la place.

Mais raisonner ainsi, c’est oublier le coeur même de ce nouveau SimCity : le principe des régions. Il vous est en effet possible de bâtir jusqu’à 16 villes dans une même région, reliées par la route, le rail, les airs ou la voie maritime. Au premier abord peu intéressants, les échanges entre ces villes sont en fait indispensables à leur développement.

Le système de région incite fortement à inviter vos amis
Le système de région incite fortement à inviter vos amis

Il est tout d’abord possible d’acheter des ressources comme l’eau où l’énergie aux villes voisines, ce qui s’avère bien utile pour économiser de la place dans la vôtre, notamment si vous avez choisi une énergie propre. Vous pouvez également choisir de prêter une partie de vos camions-poubelles ou de vos voitures de police à un voisin, ce qui vous rapportera plus d’argent tout en le soulageant de la nécessité de construire de gros bâtiments.

Il est par exemple très simple de construire chez vous un grand hôpital disposant de nombreuses ambulances avant d’en envoyer quelques-unes s’occuper des blessés d’à côté, ce qui permettra au second maire de se contenter d’une simple clinique sur son territoire. Vous l’aurez compris, il est tout à fait possible de créer un « ville-service » dédiée au support des voisins.

une ambulance en route pour porter secours au maire d'à côté
une ambulance en route pour porter secours au maire d’à côté

Gérer plusieurs villes de manière simultanée se révèle vite indispensable pour ne pas se retrouver dans une cité voué à la ruine. Si vous tentez de bâtir une métropole unique, chaque étape de son évolution vous semblera parfaitement logique jusqu’à ce que vous vous rendiez compte que chaque nouveau bâtiment vous oblige à détruire une partie de vos habitations/commerces/industries et diminue donc votre source de revenus…

C’est là que le jeu en ligne prend soudain tout son sens : en s’organisant avec quelques amis, il devient assez simple de progresser très rapidement puisque vous n’avez pas à vous préoccuper de tout. On peut alors reprocher au jeu de nous forcer la main en nous obligeant presque à ne construire que des cités déséquilibrées, mais il est tout à fait possible de jouer les rois de la micro-gestion en construisant la ville parfaite dans un coin en y plaçant peu à peu les bâtiments indispensables à l’autarcie.

On aperçoit au loin les cités des voisins
On aperçoit au loin les cités des voisins

Autre problème soulevé par les joueurs, la facilité du jeu, dont la gratuité des zones RCI (résident/commerce/industrie) est un symptôme évident. Si dans les faits cette gratuité se révèle bien pratique puisqu’on ne peut passer des rues aux avenues sans démolir tous les bâtiments adjacents, sans compter qu’on réaménage souvent sa ville, le budget s’équilibre effectivement très aisément. Vous pouvez même demander de l’argent à un voisin si jamais vous avez vidé vos caisses.

L’absence de défi financier porte le jeu vers l’avant de manière permanente. Il y a toujours quelque chose à construire, un réglage à peaufiner, une route à améliorer… à moins d’être un gestionnaire extrêmement maladroit, vous n’aurez jamais trop de problèmes à résoudre simultanément, mais la progression de votre ville sera constante. Surement même un peu trop pour les maires qui n’en sont pas à leur premier mandat, tant le seul défi du jeu est en fait l’évolution vers le palier supérieur.

Une fois votre ville à peu près correctement établie, vous pourrez en effet la spécialiser dans une source de revenu particulière : extraction, commerce, tourisme… s’il est facile de commencer à se spécialiser, il vous faudra toutefois travailler dur pour devenir la ville incontournable dans votre domaine.

Avec cet hôtel, les touristes pourront se loger dans votre ville
Avec cet hôtel, les touristes pourront se loger dans votre ville

Ce système suit en réalité la même logique que le reste du jeu : pour construire une ville efficace le plus vite possible, il est nécessaire d’avoir une vue d’ensemble du résultat souhaité dès le départ. C’est peut-être là la plus grande difficulté du jeu : une progression souple et sans accroc ne passera que par une optimisation et une anticipation des besoins. Peut-être pas le genre de défi qu’on attendait, mais un objectif qui promet toutefois de longues heures de jeu avant d’être atteint.

Un petit paragraphe toutefois sur la connexion internet permanente obligatoire du jeu : difficilement justifiée par les cours instantanément mis à jour des marchandises et quelques tableaux de classement complètement inutiles, elle devient véritablement un problème lorsque les serveurs souffrent, comme c’est la cas depuis le lancement du jeu.

Maxis n’ayant semble-t-il pas l’intention de permettre aux joueurs de profiter de SimCity hors-connexion, il convient d’en tenir compte avant l’achat. Pas d’inquiétude à avoir néanmoins quant à une future fermeture des serveurs : au vu des DLC déjà proposé, il ne fait aucun doute qu’Electronic Arts a l’intention de faire du city-builder sa nouvelle poule aux œufs d’or. Il faut dire qu’après 21 contenus supplémentaires en quatre ans, les Sims 3 commencent un peu à fatiguer…

L'un des DLC déjà proposé. Bientôt une extension mégalopole ?
L’un des DLC déjà proposé. Bientôt une extension mégalopole ?

S’il manque clairement de challenge et se montre frustrant à première vue, SimCity ne révèlera sa richesse qu’à ceux qui sauront oublier leurs habitudes pour réapprendre le métier de maire. Pas exempt de défauts, la simulation se montre cependant très prenante une fois lancée, et il ne fait aucun doute qu’elle contient de quoi y passer de nombreuses heures pour les amateurs du genre.

Notre avis

Chronophage

7 / 10