Test

Test : Tesla Model S P85+

Notre avis
10 / 10
automobile

Par Anh Phan le

Très honnêtement, je ne sais pas si je peux appeler ce qui suit comme un test dans la mesure où le Journal du Geek ne teste pas encore de voitures. C’est plus une sorte de grosse prise en main en fait. On est loin d’avoir l’expertise pour vraiment juger une voiture. Cependant, avec l’arrivée en masse des moteurs électriques dans le monde de l’automobile, la voiture rejoignait de plus en plus le monde de la hi-tech et vice-versa. Il faut bien un début à tout et même si on n’est clairement pas encore au point, on compte sur vous pour nous épauler et vos remarques nous aideront forcément à être de plus en plus précis.

Dans tous les cas, on a pu profiter d’un petit week-end avec la Tesla Model S P85+ (qui devient P85D maintenant) pour non seulement rouler avec, mais aussi pour tester les fameux super-chargeurs de Tesla qui sont déjà au nombre de 19 en France et qui vous permet, gratuitement, de recharger votre Tesla en moins d’une heure.

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La Petite Histoire

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Tesla Motors Inc. C’est un constructeur automobile américain qui produit avant tout des voitures haut de gamme avec un moteur électrique. La compagnie a été créée en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning avant d’être rejoint une année plus tard par Elon Musk (qui en devient le CEO en 2008). Depuis, ce dernier a tout fait pour faire de Tesla Motors Inc. un constructeur automobile à part entière et surtout pour, à long terme, proposer des véhicules électriques au grand public. Le premier véhicule de la marque était le Tesla Roadster et il s’en est vendu 2.250 unités entre 2008 et mars 2012. Le prix de base était tout de même de plus de 100.000$ alors. Le Model S a succédé au Roadster et vous propose un prix de base à partir de 60.000$. Le constructeur automobile ne cache pas ses ambitions de proposer une voiture électrique haut de gamme pour le grand public à moins 30.000$ en prix de base, il s’agira du Model 3, prévu pour 2017. En attendant, Tesla Motors Inc. continue à se diversifier et a annoncé début 2012 le Model X, un SUV électrique dans la lignée du Model S.

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Tesla Motors Inc. est présent en Europe depuis juin 2009. Cela avait commencé par l’Angleterre puis l’Allemagne et les Pays-Bas où se trouve d’ailleurs le siège européen. La marque est arrivée en France durant le second semestre 2014.

La Découverte

À vraie dire, ce n’était pas la première fois que je testais un véhicule électrique, il y avait bien évidemment les Autolib dans Paris que j’utilise de temps en temps, mais aussi les véhicules hybrides chez Toyota ou Ford ainsi que la Renault Zoe avec laquelle j’avais pu passer deux jours. Dans tous les cas et très honnêtement, je n’étais pas plus emballé que cela, peut-être à cause de l’autonomie de 120km seulement pour la Zoe et quant aux véhicules hybrides, eh bien l’expérience était similaire à un véhicule thermique. Mais là, on parle d’une Tesla Model S, une berline haut de gamme aux dimensions d’une Mercedes Classe S ou d’une Audi A6 avec sous le capot un moteur éléctrique avec une puissance de 420 chevaux et une autonomie moyenne de 350/400 kilomètres. La donne était changée. Je m’étais promis de la tester un jour ou l’autre et puis les vidéos sur internet n’aidaient pas forcément à garder la tête froide.

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C’est donc dans le Nord de Paris chez Tesla France que nous avions rendez-vous un samedi matin pour découvrir dans des conditions réelles la Tesla Model S. Inutile de vous décrire notre excitation quand nous découvrions les voitures que nous allions testé. Après un bref briefing, Tesla France nous a enfin remis les clés d’une des Tesla Model S que nous allions conduire. La clé se présente sous la forme d’une petite Tesla en modèle réduit avec un bouton pour le coffre. À l’approche du véhicule, les poignées de porte se sont dévoilées sous nos yeux ébahis. À noter que si, vous vous éloignez de votre véhicule avec votre clé, les poignées se rétracteront d’elles-mêmes et la voiture se verrouillera automatiquement.

Bref, comme vous vous en doutez, je ne voulais pas spécialement m’éloigner de la voiture. Je me suis ainsi installé à la place conducteur afin de découvrir la console centrale. Fini les boutons et molettes, sur la Tesla Mode S, c’était un écran tactile géant de 17″. On y reviendra plus tard. Je trouvais l’écran un peu bas et parce que je suis habitué à avoir le GPS sur la console centrale, je trouvais le positionnement un peu bas, mais c’était sans compter le tableau de bord qui n’était autre qu’un écran avec toutes les informations dont on pouvait avoir besoin comme la vitesse, le GPS, etc. On notera par ailleurs que la Tesla Model S ne propose plus de freins à main, tout est contrôlé par la voiture quand vous êtes en mode Parking.

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Après un second briefing sur les fonctions où tout se fera vraiment depuis l’écran tactile géant, on démarre enfin la voiture. Pas un bruit, c’est comme une Toyota Prius sauf que là, quelque soit la vitesse, on n’entend pas de moteur, c’est un peu déstabilisant au départ, mais pas désagréable. On devait rejoindre la l’autoroute pour aller dans le sud, du coup, la petite demi-heure en ville a permis de constater qu’une Tesla Model S, c’est aussi impressionnant qu’une Ferrari ou une Porsche. Les gens dans la rue se retournaient, ceux en voiture nous observaient et certains ne savaient sans doute même pas qu’était la voiture que j’avais entre les mains. La comparaison avec les voitures de sport n’est pas anodine. La Tesla Model S est électrique et il n’y a pas de couple, son accélération est juste IMPRESSIONNANTE ! Atteindre 100 km/h en 4,2 secondes, c’est complètement fou, ça vous scotche au siège, et ce, malgré les 2 tonnes de la voiture. En gros, la vraie différence avec un véhicule thermique, c’est qu’un véhicule électrique vous délivre toute sa puissance à la demande, un peu comme les produits informatiques. On peut tout avoir ou rien, c’est à la demande.

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D’ailleurs, c’est assez déroutant au départ, mais le frein moteur est super puissant. En discutant avec de nombreux fans et utilisateurs de la marque (j’étais au Rallye Tesla), tous n’utilisent plus vraiment la pédale de frein. En gros, pour comprendre, quand vous appuyez sur la pédale d’accélération, vous avez accès à toute la puissance disponible du moteur, mais dès que vous relâchez un peu la pédale, la voiture va freiner d’elle-même. Du coup, parce qu’il n’y a plus d’embrayage, la voiture n’est jamais en mode “roue libre”. C’est un peu déstabilisant au départ, mais on s’y fait au bout d’une petite demi-heure en ville. En fait, le seul moment où j’utilisais la pédale de frein, c’était pour arrêter complètement la voiture et c’est là qu’on réalise le remarquable travail des ingénieurs de Tesla pour nous proposer une pédale d’accélération à la fois souple et précise.

Design et Finition

Bon, n’ayant aucune expérience réelle dans le monde de l’automobile, je ne sais pas trop comment je vais vous parler de finition et de design. Pour moi, on aime ou on n’aime pas, c’est avant tout une affaire de goût. De mon point de vue, les lignes de la Tesla Model S sont à la fois sportives et harmonieuses, les phares et rétroviseurs suivent bien les courbes initiées par le design général de la voiture. Pour ce qui est de la finition, je ne vais pas pouvoir dire du mal dans la mesure où le modèle testé avait toutes les options avec du cuir, des sièges chauffants et tout et tout.

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Les sièges sont très confortables et l’habitacle plus que spacieux. Le fait de ne pas avoir d’arbre de transmission ou encore de réservoir vous procure une place hors norme, que cela soit devant ou pour les passagers à l’arrière. Je vous avouerai que je n’ai pas spécialement regardé tous les espaces de rangement, mais Tesla pourra clairement faire mieux, surtout pour les passagers arrière. Maintenant, si on se cale sur l’espace pur, il y a de quoi faire sans cet arbre de transmission, si typique des voitures thermiques. De même, parce que le moteur n’est plus un moteur à proprement parler et que tout se passe sous la voiture (les batteries sont à plat), vous avez non seulement un coffre arrière classique, mais aussi un coffre avant. Ce dernier est bien évidemment pratique, mais ça me fait penser aussi que ça doit être mieux en cas d’accident avec une meilleure répartition en cas de choc avant.

Toujours est-il que la finition reste de haute volée avec une parfaite isolation entre l’intérieur de la Tesla Model S et l’extérieur. On est clairement au niveau des berlines allemandes. C’est agréable.

Performances et Autonomie

J’ai donc eu en main la Tesla Model S P85+ avec un moteur électrique d’une puissance de 310 kW (contre 225 kW pour le modèle de base). Dans un usage normal, Tesla nous promet entre 350 et 400 kilomètres d’autonomie. Et si on est vraiment économe, on peut même monter jusqu’à 500 kilomètres d’autonomie. Maintenant, tout va dépendre de votre utilisation. En gros, il faut comprendre qu’un moteur électrique, c’est vraiment différent d’un moteur thermique en terme de consommation. Typiquement, en ville, un moteur électrique consommera beaucoup moins d’énergie que sur route alors que c’est l’inverse sur un moteur thermique.

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Du coup, vous l’aurez compris, plus vous voudrez vous la péter sur la route en allant vite, plus ça va prendre sur la batterie et moins d’autonomie vous aurez. Pour avoir essayé d’être à 160 km/h pendant 10 minutes, ça m’avait pris quasiment 10% de batterie. Du coup, l’ordinateur de bord me conseillait vivement de réduire ma vitesse si je voulais au moins atteindre le prochain super-chargeur. En plein milieu d’une autoroute, le calcul en temps réel fait quand même peur. Déjà que je flippe de ne plus avoir de batterie pour mon smartphone en milieu d’après-midi, je vous laisse imaginer mon inquiétude sur la route avec une voiture électrique. Et c’est d’ailleurs la préoccupation première quand on s’intéresse pour l’instant à une voiture électrique.

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Dans tous les cas, c’est en sortie de péage que j’ai pu tester la fameuse accélération et je peux vous dire que ça vous scotche au siège. C’est vraiment impressionnant, tout simplement parce qu’on récupère la puissance maximale sans temps d’attente. Conséquence directe, la reprise est tout aussi impressionnante, je dépassais sans le moindre effort. Dès que j’avais besoin de dépasser, j’étais quasi-automatiquement à la vitesse que je souhaitais. Vive l’électrique. Et en plus, c’est tout silencieux. J’adore.

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Il faudra donc faire attention à sa consommation. L’avantage de l’électrique, c’est que ça vous empêche d’aller trop vite si vous n’êtes pas sûr d’avoir un point de recharge à disposition. Cela concerne ainsi plus les grandes distances que ce que vous pouvez couvrir en ville. Du coup, avec une allure à 130km/h en moyenne, on peut facilement relier les différents super-chargeurs avec encore 10%/20% d’autonomie possible. Pour les super-chargeurs, je vous rappelle que c’est ce que Tesla est en train de déployer dans le monde et surtout, c’est totalement gratuit pour ses clients. Un peu comme un smartphone, il faudra environ 30 minutes pour vous assurer 80% de recharge et encore 30 minutes supplémentaires si vous voulez avoir une batterie à 100%. Dans mon usage, j’estimerai l’autonomie aux alentours de 250 kilomètres. À noter enfin que la conduite d’une voiture électrique implique de nouvelles habitudes qui vous permettront d’améliorer sensiblement l’autonomie. Je pense notamment au frein moteur qu’on exploite très mal au départ.

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À part tout cela, j’ai trouvé que la voiture était très confortable en route, et ce, quel que soit le mode de conduite (Sport, Standard ou Confort). Les suspensions répondaient parfaitement et j’ai à peine senties les aspérités de la route, un peu comme dans une berline allemande type Mercedes Classe E/S ou BMW Série 6/+. Le fait que ça soit une voiture électrique implique un silence des plus agréables, surtout en ville.

Le Tableau de Bord

Comme je vous l’ai déjà dit, tout se gère à partir d’un écran tactile géant de 17″. Il n’y a pas de boutons ou autres, c’est le strict minimum. J’avoue avoir été un peu sur la défensive au départ. Tout ce minimalisme me gênait un peu, mais mon esprit geek a repris le dessus au bout de 5 secondes. Le fait de tout pouvoir géré depuis l’écran tactile est super agréable, c’est comme si je jouais avec une tablette géante.

J’avais super peur au départ, j’ai toujours trouvé que les écrans tactiles dans les voitures jusqu’à présent étaient tout sauf pratique avec des menus de menus et avec des fonctions de base, souvent, super bien cachées. Heureusement pour nous, Tesla a fait en sorte que son écran tactile soit le mieux exploité possible et surtout, cet écran de 17″ nous donne des accès directs à toutes les fonctions dont on pourrait avoir besoin. C’est sobre et pratique, tout ce que j’aime, surtout quand je conduis.
On notera que Tesla propose une voiture connectée par défaut. En effet, une puce 3G (pas de 4G encore) est intégrée dans la voiture. En France, le partenaire de choix n’est autre qu’Orange. Du coup, pas besoin de votre smartphone ou autre, vous aurez accès aux cartes satellites, à l’info-traffic Google, etc. Le tout géré par Tesla. Avec cette connexion, vous pourrez même surfer sur internet avec le navigateur intégré. La navigation est basée sur la solution de Google, il vous suffit de saisir l’adresse ou le point d’intérêt et on vous propose l’itinéraire, qui est d’ailleurs retransmis sur le tableau de bord.

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Avec une telle taille d’écran, vous pourrez afficher jusqu’à deux fonctions en même temps. Par exemple la navigation avec le navigateur internet ou encore le lecteur multimédia avec le navigateur internet. En parlant de lecteur multimédia, vous aurez bien évidemment accès à la radio, la radio par satellite ou encore votre propre contenu via USB ou Bluetooth. Sans m’être vraiment attardé dessus, il m’a semblé que le son était très bon. À voir plus tard.
Si l’écran tactile répond bien aux différentes sollicitations, j’aurais voulu que l’expérience utilisateur soit plus réactive, il y a toujours des petits lags que je n’aurais pas forcément pardonnés sur un smartphone ou un ordinateur portable. Du coup, je ne sais pas si ça vient de l’OS basé sur Linux ou du processeur Nvidia.

Pour finir, j’ai bien aimé le système de mise à jour du firmware de la voiture qui apporte ainsi de nouvelles fonctions comme ce fut le cas de l’assistance de conduite adaptive durant le troisième trimestre 2014. Bon, j’espère juste que les constructeurs utiliseront ce système de mises à jour OTA pour ajouter des fonctions et non corriger des bugs et autres. Oui, j’aimerai, dans la mesure du possible éviter d’avoir une voiture en Beta. À noter aussi la possibilité d’avoir des profils avec réglages des sièges, du mode de conduite, etc.

Conclusion


L’autonomie me faisait peur et elle me fait toujours peur. Les bornes de recharges ne sont pas encore légion et si on n’a pas sa propre borne de recharge, on ne consommera pas la Tesla Model S comme elle devrait être consommée.

Maintenant, si on met cette partie de côté, la Tesla Model S est agréable tant au niveau du confort de route qu’au niveau de la conduite. Elle reste certes chère, mais le futur de la voiture est là. Très personnellement, j’ai été emballé de pouvoir tester cette Tesla S et je suis impatient de voir ce que nous réservent le future des voitures électriques.

PS : La note, c’est pour le fun ! J’adore cette voiture, mais je n’ai pas les moyens et la borne de recharge 😛

Galerie

Très honnêtement, je ne sais pas si je peux appeler ce qui suit comme un test dans la mesure où le Journal du Geek ne teste pas encore de voitures. C’est plus une sorte de grosse prise en main en fait. On est loin d’avoir l’expertise pour vraiment juger une voiture. Cependant, avec l’arrivée en masse des moteurs électriques dans le monde de l’automobile, la voiture rejoignait de plus en plus le monde de la hi-tech et vice-versa. Il faut bien un début à tout et même si on n’est clairement pas encore au point, on compte sur vous pour nous épauler et vos remarques nous aideront forcément à être de plus en plus précis.

Dans tous les cas, on a pu profiter d’un petit week-end avec la Tesla Model S P85+ (qui devient P85D maintenant) pour non seulement rouler avec, mais aussi pour tester les fameux super-chargeurs de Tesla qui sont déjà au nombre de 19 en France et qui vous permet, gratuitement, de recharger votre Tesla en moins d’une heure.

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La Petite Histoire

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Tesla Motors Inc. C’est un constructeur automobile américain qui produit avant tout des voitures haut de gamme avec un moteur électrique. La compagnie a été créée en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning avant d’être rejoint une année plus tard par Elon Musk (qui en devient le CEO en 2008). Depuis, ce dernier a tout fait pour faire de Tesla Motors Inc. un constructeur automobile à part entière et surtout pour, à long terme, proposer des véhicules électriques au grand public. Le premier véhicule de la marque était le Tesla Roadster et il s’en est vendu 2.250 unités entre 2008 et mars 2012. Le prix de base était tout de même de plus de 100.000$ alors. Le Model S a succédé au Roadster et vous propose un prix de base à partir de 60.000$. Le constructeur automobile ne cache pas ses ambitions de proposer une voiture électrique haut de gamme pour le grand public à moins 30.000$ en prix de base, il s’agira du Model 3, prévu pour 2017. En attendant, Tesla Motors Inc. continue à se diversifier et a annoncé début 2012 le Model X, un SUV électrique dans la lignée du Model S.

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Tesla Motors Inc. est présent en Europe depuis juin 2009. Cela avait commencé par l’Angleterre puis l’Allemagne et les Pays-Bas où se trouve d’ailleurs le siège européen. La marque est arrivée en France durant le second semestre 2014.

La Découverte

À vraie dire, ce n’était pas la première fois que je testais un véhicule électrique, il y avait bien évidemment les Autolib dans Paris que j’utilise de temps en temps, mais aussi les véhicules hybrides chez Toyota ou Ford ainsi que la Renault Zoe avec laquelle j’avais pu passer deux jours. Dans tous les cas et très honnêtement, je n’étais pas plus emballé que cela, peut-être à cause de l’autonomie de 120km seulement pour la Zoe et quant aux véhicules hybrides, eh bien l’expérience était similaire à un véhicule thermique. Mais là, on parle d’une Tesla Model S, une berline haut de gamme aux dimensions d’une Mercedes Classe S ou d’une Audi A6 avec sous le capot un moteur éléctrique avec une puissance de 420 chevaux et une autonomie moyenne de 350/400 kilomètres. La donne était changée. Je m’étais promis de la tester un jour ou l’autre et puis les vidéos sur internet n’aidaient pas forcément à garder la tête froide.

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C’est donc dans le Nord de Paris chez Tesla France que nous avions rendez-vous un samedi matin pour découvrir dans des conditions réelles la Tesla Model S. Inutile de vous décrire notre excitation quand nous découvrions les voitures que nous allions testé. Après un bref briefing, Tesla France nous a enfin remis les clés d’une des Tesla Model S que nous allions conduire. La clé se présente sous la forme d’une petite Tesla en modèle réduit avec un bouton pour le coffre. À l’approche du véhicule, les poignées de porte se sont dévoilées sous nos yeux ébahis. À noter que si, vous vous éloignez de votre véhicule avec votre clé, les poignées se rétracteront d’elles-mêmes et la voiture se verrouillera automatiquement.

Bref, comme vous vous en doutez, je ne voulais pas spécialement m’éloigner de la voiture. Je me suis ainsi installé à la place conducteur afin de découvrir la console centrale. Fini les boutons et molettes, sur la Tesla Mode S, c’était un écran tactile géant de 17″. On y reviendra plus tard. Je trouvais l’écran un peu bas et parce que je suis habitué à avoir le GPS sur la console centrale, je trouvais le positionnement un peu bas, mais c’était sans compter le tableau de bord qui n’était autre qu’un écran avec toutes les informations dont on pouvait avoir besoin comme la vitesse, le GPS, etc. On notera par ailleurs que la Tesla Model S ne propose plus de freins à main, tout est contrôlé par la voiture quand vous êtes en mode Parking.

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Après un second briefing sur les fonctions où tout se fera vraiment depuis l’écran tactile géant, on démarre enfin la voiture. Pas un bruit, c’est comme une Toyota Prius sauf que là, quelque soit la vitesse, on n’entend pas de moteur, c’est un peu déstabilisant au départ, mais pas désagréable. On devait rejoindre la l’autoroute pour aller dans le sud, du coup, la petite demi-heure en ville a permis de constater qu’une Tesla Model S, c’est aussi impressionnant qu’une Ferrari ou une Porsche. Les gens dans la rue se retournaient, ceux en voiture nous observaient et certains ne savaient sans doute même pas qu’était la voiture que j’avais entre les mains. La comparaison avec les voitures de sport n’est pas anodine. La Tesla Model S est électrique et il n’y a pas de couple, son accélération est juste IMPRESSIONNANTE ! Atteindre 100 km/h en 4,2 secondes, c’est complètement fou, ça vous scotche au siège, et ce, malgré les 2 tonnes de la voiture. En gros, la vraie différence avec un véhicule thermique, c’est qu’un véhicule électrique vous délivre toute sa puissance à la demande, un peu comme les produits informatiques. On peut tout avoir ou rien, c’est à la demande.

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D’ailleurs, c’est assez déroutant au départ, mais le frein moteur est super puissant. En discutant avec de nombreux fans et utilisateurs de la marque (j’étais au Rallye Tesla), tous n’utilisent plus vraiment la pédale de frein. En gros, pour comprendre, quand vous appuyez sur la pédale d’accélération, vous avez accès à toute la puissance disponible du moteur, mais dès que vous relâchez un peu la pédale, la voiture va freiner d’elle-même. Du coup, parce qu’il n’y a plus d’embrayage, la voiture n’est jamais en mode “roue libre”. C’est un peu déstabilisant au départ, mais on s’y fait au bout d’une petite demi-heure en ville. En fait, le seul moment où j’utilisais la pédale de frein, c’était pour arrêter complètement la voiture et c’est là qu’on réalise le remarquable travail des ingénieurs de Tesla pour nous proposer une pédale d’accélération à la fois souple et précise.

Design et Finition

Bon, n’ayant aucune expérience réelle dans le monde de l’automobile, je ne sais pas trop comment je vais vous parler de finition et de design. Pour moi, on aime ou on n’aime pas, c’est avant tout une affaire de goût. De mon point de vue, les lignes de la Tesla Model S sont à la fois sportives et harmonieuses, les phares et rétroviseurs suivent bien les courbes initiées par le design général de la voiture. Pour ce qui est de la finition, je ne vais pas pouvoir dire du mal dans la mesure où le modèle testé avait toutes les options avec du cuir, des sièges chauffants et tout et tout.

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Les sièges sont très confortables et l’habitacle plus que spacieux. Le fait de ne pas avoir d’arbre de transmission ou encore de réservoir vous procure une place hors norme, que cela soit devant ou pour les passagers à l’arrière. Je vous avouerai que je n’ai pas spécialement regardé tous les espaces de rangement, mais Tesla pourra clairement faire mieux, surtout pour les passagers arrière. Maintenant, si on se cale sur l’espace pur, il y a de quoi faire sans cet arbre de transmission, si typique des voitures thermiques. De même, parce que le moteur n’est plus un moteur à proprement parler et que tout se passe sous la voiture (les batteries sont à plat), vous avez non seulement un coffre arrière classique, mais aussi un coffre avant. Ce dernier est bien évidemment pratique, mais ça me fait penser aussi que ça doit être mieux en cas d’accident avec une meilleure répartition en cas de choc avant.

Toujours est-il que la finition reste de haute volée avec une parfaite isolation entre l’intérieur de la Tesla Model S et l’extérieur. On est clairement au niveau des berlines allemandes. C’est agréable.

Performances et Autonomie

J’ai donc eu en main la Tesla Model S P85+ avec un moteur électrique d’une puissance de 310 kW (contre 225 kW pour le modèle de base). Dans un usage normal, Tesla nous promet entre 350 et 400 kilomètres d’autonomie. Et si on est vraiment économe, on peut même monter jusqu’à 500 kilomètres d’autonomie. Maintenant, tout va dépendre de votre utilisation. En gros, il faut comprendre qu’un moteur électrique, c’est vraiment différent d’un moteur thermique en terme de consommation. Typiquement, en ville, un moteur électrique consommera beaucoup moins d’énergie que sur route alors que c’est l’inverse sur un moteur thermique.

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Du coup, vous l’aurez compris, plus vous voudrez vous la péter sur la route en allant vite, plus ça va prendre sur la batterie et moins d’autonomie vous aurez. Pour avoir essayé d’être à 160 km/h pendant 10 minutes, ça m’avait pris quasiment 10% de batterie. Du coup, l’ordinateur de bord me conseillait vivement de réduire ma vitesse si je voulais au moins atteindre le prochain super-chargeur. En plein milieu d’une autoroute, le calcul en temps réel fait quand même peur. Déjà que je flippe de ne plus avoir de batterie pour mon smartphone en milieu d’après-midi, je vous laisse imaginer mon inquiétude sur la route avec une voiture électrique. Et c’est d’ailleurs la préoccupation première quand on s’intéresse pour l’instant à une voiture électrique.

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Dans tous les cas, c’est en sortie de péage que j’ai pu tester la fameuse accélération et je peux vous dire que ça vous scotche au siège. C’est vraiment impressionnant, tout simplement parce qu’on récupère la puissance maximale sans temps d’attente. Conséquence directe, la reprise est tout aussi impressionnante, je dépassais sans le moindre effort. Dès que j’avais besoin de dépasser, j’étais quasi-automatiquement à la vitesse que je souhaitais. Vive l’électrique. Et en plus, c’est tout silencieux. J’adore.

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Il faudra donc faire attention à sa consommation. L’avantage de l’électrique, c’est que ça vous empêche d’aller trop vite si vous n’êtes pas sûr d’avoir un point de recharge à disposition. Cela concerne ainsi plus les grandes distances que ce que vous pouvez couvrir en ville. Du coup, avec une allure à 130km/h en moyenne, on peut facilement relier les différents super-chargeurs avec encore 10%/20% d’autonomie possible. Pour les super-chargeurs, je vous rappelle que c’est ce que Tesla est en train de déployer dans le monde et surtout, c’est totalement gratuit pour ses clients. Un peu comme un smartphone, il faudra environ 30 minutes pour vous assurer 80% de recharge et encore 30 minutes supplémentaires si vous voulez avoir une batterie à 100%. Dans mon usage, j’estimerai l’autonomie aux alentours de 250 kilomètres. À noter enfin que la conduite d’une voiture électrique implique de nouvelles habitudes qui vous permettront d’améliorer sensiblement l’autonomie. Je pense notamment au frein moteur qu’on exploite très mal au départ.

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À part tout cela, j’ai trouvé que la voiture était très confortable en route, et ce, quel que soit le mode de conduite (Sport, Standard ou Confort). Les suspensions répondaient parfaitement et j’ai à peine senties les aspérités de la route, un peu comme dans une berline allemande type Mercedes Classe E/S ou BMW Série 6/+. Le fait que ça soit une voiture électrique implique un silence des plus agréables, surtout en ville.

Le Tableau de Bord

Comme je vous l’ai déjà dit, tout se gère à partir d’un écran tactile géant de 17″. Il n’y a pas de boutons ou autres, c’est le strict minimum. J’avoue avoir été un peu sur la défensive au départ. Tout ce minimalisme me gênait un peu, mais mon esprit geek a repris le dessus au bout de 5 secondes. Le fait de tout pouvoir géré depuis l’écran tactile est super agréable, c’est comme si je jouais avec une tablette géante.

J’avais super peur au départ, j’ai toujours trouvé que les écrans tactiles dans les voitures jusqu’à présent étaient tout sauf pratique avec des menus de menus et avec des fonctions de base, souvent, super bien cachées. Heureusement pour nous, Tesla a fait en sorte que son écran tactile soit le mieux exploité possible et surtout, cet écran de 17″ nous donne des accès directs à toutes les fonctions dont on pourrait avoir besoin. C’est sobre et pratique, tout ce que j’aime, surtout quand je conduis.
On notera que Tesla propose une voiture connectée par défaut. En effet, une puce 3G (pas de 4G encore) est intégrée dans la voiture. En France, le partenaire de choix n’est autre qu’Orange. Du coup, pas besoin de votre smartphone ou autre, vous aurez accès aux cartes satellites, à l’info-traffic Google, etc. Le tout géré par Tesla. Avec cette connexion, vous pourrez même surfer sur internet avec le navigateur intégré. La navigation est basée sur la solution de Google, il vous suffit de saisir l’adresse ou le point d’intérêt et on vous propose l’itinéraire, qui est d’ailleurs retransmis sur le tableau de bord.

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Avec une telle taille d’écran, vous pourrez afficher jusqu’à deux fonctions en même temps. Par exemple la navigation avec le navigateur internet ou encore le lecteur multimédia avec le navigateur internet. En parlant de lecteur multimédia, vous aurez bien évidemment accès à la radio, la radio par satellite ou encore votre propre contenu via USB ou Bluetooth. Sans m’être vraiment attardé dessus, il m’a semblé que le son était très bon. À voir plus tard.
Si l’écran tactile répond bien aux différentes sollicitations, j’aurais voulu que l’expérience utilisateur soit plus réactive, il y a toujours des petits lags que je n’aurais pas forcément pardonnés sur un smartphone ou un ordinateur portable. Du coup, je ne sais pas si ça vient de l’OS basé sur Linux ou du processeur Nvidia.

Pour finir, j’ai bien aimé le système de mise à jour du firmware de la voiture qui apporte ainsi de nouvelles fonctions comme ce fut le cas de l’assistance de conduite adaptive durant le troisième trimestre 2014. Bon, j’espère juste que les constructeurs utiliseront ce système de mises à jour OTA pour ajouter des fonctions et non corriger des bugs et autres. Oui, j’aimerai, dans la mesure du possible éviter d’avoir une voiture en Beta. À noter aussi la possibilité d’avoir des profils avec réglages des sièges, du mode de conduite, etc.

Conclusion


L’autonomie me faisait peur et elle me fait toujours peur. Les bornes de recharges ne sont pas encore légion et si on n’a pas sa propre borne de recharge, on ne consommera pas la Tesla Model S comme elle devrait être consommée.

Maintenant, si on met cette partie de côté, la Tesla Model S est agréable tant au niveau du confort de route qu’au niveau de la conduite. Elle reste certes chère, mais le futur de la voiture est là. Très personnellement, j’ai été emballé de pouvoir tester cette Tesla S et je suis impatient de voir ce que nous réservent le future des voitures électriques.

PS : La note, c’est pour le fun ! J’adore cette voiture, mais je n’ai pas les moyens et la borne de recharge 😛

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