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[Test] The Binding of Isaac : Rebirth – Isaac à bien se tenir ! [PS4]

Notre avis
9 / 10

Par Gaylord le

Difficile à croire mais The Binding of Isaac: Rebirth est bel et bien là. On le connait déjà presque par cœur mais c’est avec un certain soulagement que l’on accueille la nouvelle version d’un des jeux phares d’Edmund McMillen, assisté pour l’occasion par Nicalis (connus pour leurs portages de VVVVVV et Cave Story). Est-ce que les promesses sont tenues ? Spoilers : oh oui.

Pour ceux d’entre vous qui hibernent depuis 2011 et qui viennent tout juste de se réveiller, The Binding of Isaac est un rogue-like procédural en vue du dessus inspiré de l’architecture des salles des donjons d’un Zelda en 2D. On passe d’une salle à l’autre comme si chaque fois était la toute première fois. On la vide ses occupants, on se fraie un chemin à grands renforts de bombes, clés et items lâchés par les ennemis. Chaque étage contient son trésor allant d’un item surpuissant à une mauvaise blague, c’est selon. L’ambiance n’est pas en reste : dans un univers particulièrement dépressif, on incarne un bébé qui tente d’échapper au fanatisme religieux de sa mère. Les contrôles sont très simples, basés sur une double utilisation des commandes ZQSD — d’un côté le personnage, de l’autre ses projectiles, des larmes devant être améliorés au fil du jeu. Sous ses aspects rudimentaires The Binding of Isaac épatait par les réflexes demandés, les choix cornéliens imposés. Il épate encore près de trois ans après sa naissance dans une version généreusement upgradée, rééquilibrée pour les nouvelles âmes encore pures. Pour les autres, c’est comme découvrir une version Director’s Cut d’une oeuvre fétiche. Il y a ceux qui sont conquis depuis l’annonce du projet et ceux qui ne voient pas grand intérêt à ce remake (les fous).

Malgré les apparences, tout va super bien !
Too many cooks !

Dans un cas comme dans l’autre, la transition graphique ne peut laisser indifférent. La version Rebirth se sépare du moteur Flash (source de nombreux bugs et plantages du jeu) pour se tourner vers un habillage plus rétro fait d’appétissants pixels 16-bits — l’envie de départ d’Edmund McMillen pour la petite histoire. Outre un évident clin d’oeil nostalgique, ce changement de structure permet de petites prouesses visuelles comme des salles fourmillant d’animations du plus bel effet (bougies, gouttes d’eau, fumée, etc.), mais surtout, la modification intelligente de parcelles de gameplay. La plus évidente étant le changement de tailles et de configurations des salles qui obligent le joueur à revoir son style de jeu. On y trouve de tout : des salles étirées, des immenses carrés regorgeant d’ennemis ou des salles aux dimensions connues mais métamorphosées en coupe-gorge par la réduction de la zone de mouvement. On y avait déjà goûté à l’E3 cet été et on reste sur cette très bonne première impression : ces trouvailles redynamisent le challenge global et obligent à revoir ses anciens réflexes sans dénaturer l’aventure.

Un exemple des salles gigantesques qui vous attendent.
Un exemple des salles gigantesques qui vous attendent.

Une version « plus » n’en serait pas une sans ses longues listes de nouveautés pour nous faire saliver. En plus d’inclure la totalité du contenu de la première version et l’intégralité de l’extension Wrath of Lamb, comptez 150 nouveaux objets au roaster de base, seize boss supplémentaires et trois nouveaux personnages jouables. Fermez les yeux et imaginez les nouvelles combinaisons possibles, les heures perdues dans la cave à tenter toutes sortes de mélanges. Non, rouvrez les et foncez sur les millions de retransmissions sur Twitch qui lui sont déjà consacrées.

Infestation 2 : chaque ennemi tué devient une araignée. Ça devient rapidement le bordel <3
Infestation 2 : chaque ennemi tué devient une araignée. Ça devient rapidement le bordel <3

Comme son copain de coeur Spelunky, une partie est unique. La comparaison ne s’arrête pas là : on revient sur The Binding of Isaac pour avoir mal, pour se venger de la mort injuste subie dans la run précédente — à savoir que toutes les morts sont injustes, ces jeux renforcent à la fois le skill et la mauvaise foi. Le cru Rebirth nous accapare tout autant dans sa spirale infinie, la douleur faisant place à un sentiment de toute puissance par l’ajout de deux paliers de difficulté. D’emblée, chaque nouvelle partie est réglée dans une configuration de base (dite « normale ») qui propose un loot d’objets plus avantageux fait d’améliorations beaucoup plus puissantes. On peut toujours switcher en « difficile » pour retrouver la frustration d’antan mais on passe à côté de ce que BoI:R tente d’apporter de nouveau : l’impression de jouer à un shmup, de nettoyer des salles à la vitesse de la lumière et d’engranger des items de plus en plus pétés. Pour tout vous dire :

– j’ai battu Satan et Isaac plusieurs fois dans cette version (ce que je n’avais jamais fait dans Wrath of the Lamb);
– une fois j’avais sept familiers sur moi, je ne voyais plus grand chose, mes ennemis non plus;
– une autre fois encore j’ai battu Mom’s Heart sans bouger, ça a duré cinq secondes.

Et normalement je suis très mauvais. Mais le jeu n’est pas plus facile, hein, il est juste plus généreux avec vous. À vous ensuite de continuer à faire les bons choix sur la longueur et d’avoir de bons réflexes, sinon c’est la mort, encore et toujours.

Je vole, je suis en flammes, je suis turbo rapide, et pourtant, je vais me faire enchaîner par Satan dans 3… 2… 1…
Je vole, je suis en flammes, je suis turbo rapide, et pourtant, je vais me faire enchaîner par Satan dans 3… 2… 1…

Dans l’amas de nouveaux contenus (par ici pour la liste complète), l’un des plaisirs bourgeois les plus jouissifs reste de jouer sur la version PS Vita. Un vrai petit bonheur. Les doubles sticks de la portable se prêtent parfaitement au genre. Petit bémol cependant : la synchronisation entre les versions PS4 et PS Vita souffre de violents bugs pouvant, par erreur, superposer une sauvegarde sur l’autre. Le problème est répandu à l’heure qu’il est, donc un conseil, attendez le patch qui devrait bientôt corriger ça.

Si on devait absolument retenir un point négatif, ce serait l’absence de Danny Baranowsky aux musiques. La nouvelle bande originale souffre clairement de la comparaison avec l’ancienne. Non pas que la nouvelle soit mauvaise, elle a de beaux moments, mais elle ne parvient pas à retranscrire aussi parfaitement cette sale angoisse qui vous tenaille à chaque run. Pas avec autant de caractère.

The Binding of Isaac: Rebirth s’offre une renaissance bien méritée. Graphismes rétros, problèmes d’équilibrage revus, foule de contenus… l’attente valait le coup et c’est avec plaisir qu’on se replonge dans l’univers du bébé le plus glauque du jeu vidéo. Les nouveaux venus découvriront un jeu calibré pour eux, les anciens découvriront une nouvelle façon de jouer. Tout le monde est gagnant, c’est parfait. À deux doigts du sans faute si la bande son avait été vraiment à la hauteur du travail fourni sur la structure.

The Binding of Isaac : Rebirth, disponible sur PS4, PS Vita, PC

Difficile à croire mais The Binding of Isaac: Rebirth est bel et bien là. On le connait déjà presque par cœur mais c’est avec un certain soulagement que l’on accueille la nouvelle version d’un des jeux phares d’Edmund McMillen, assisté pour l’occasion par Nicalis (connus pour leurs portages de VVVVVV et Cave Story). Est-ce que les promesses sont tenues ? Spoilers : oh oui.

Pour ceux d’entre vous qui hibernent depuis 2011 et qui viennent tout juste de se réveiller, The Binding of Isaac est un rogue-like procédural en vue du dessus inspiré de l’architecture des salles des donjons d’un Zelda en 2D. On passe d’une salle à l’autre comme si chaque fois était la toute première fois. On la vide ses occupants, on se fraie un chemin à grands renforts de bombes, clés et items lâchés par les ennemis. Chaque étage contient son trésor allant d’un item surpuissant à une mauvaise blague, c’est selon. L’ambiance n’est pas en reste : dans un univers particulièrement dépressif, on incarne un bébé qui tente d’échapper au fanatisme religieux de sa mère. Les contrôles sont très simples, basés sur une double utilisation des commandes ZQSD — d’un côté le personnage, de l’autre ses projectiles, des larmes devant être améliorés au fil du jeu. Sous ses aspects rudimentaires The Binding of Isaac épatait par les réflexes demandés, les choix cornéliens imposés. Il épate encore près de trois ans après sa naissance dans une version généreusement upgradée, rééquilibrée pour les nouvelles âmes encore pures. Pour les autres, c’est comme découvrir une version Director’s Cut d’une oeuvre fétiche. Il y a ceux qui sont conquis depuis l’annonce du projet et ceux qui ne voient pas grand intérêt à ce remake (les fous).

Malgré les apparences, tout va super bien !
Too many cooks !

Dans un cas comme dans l’autre, la transition graphique ne peut laisser indifférent. La version Rebirth se sépare du moteur Flash (source de nombreux bugs et plantages du jeu) pour se tourner vers un habillage plus rétro fait d’appétissants pixels 16-bits — l’envie de départ d’Edmund McMillen pour la petite histoire. Outre un évident clin d’oeil nostalgique, ce changement de structure permet de petites prouesses visuelles comme des salles fourmillant d’animations du plus bel effet (bougies, gouttes d’eau, fumée, etc.), mais surtout, la modification intelligente de parcelles de gameplay. La plus évidente étant le changement de tailles et de configurations des salles qui obligent le joueur à revoir son style de jeu. On y trouve de tout : des salles étirées, des immenses carrés regorgeant d’ennemis ou des salles aux dimensions connues mais métamorphosées en coupe-gorge par la réduction de la zone de mouvement. On y avait déjà goûté à l’E3 cet été et on reste sur cette très bonne première impression : ces trouvailles redynamisent le challenge global et obligent à revoir ses anciens réflexes sans dénaturer l’aventure.

Un exemple des salles gigantesques qui vous attendent.
Un exemple des salles gigantesques qui vous attendent.

Une version « plus » n’en serait pas une sans ses longues listes de nouveautés pour nous faire saliver. En plus d’inclure la totalité du contenu de la première version et l’intégralité de l’extension Wrath of Lamb, comptez 150 nouveaux objets au roaster de base, seize boss supplémentaires et trois nouveaux personnages jouables. Fermez les yeux et imaginez les nouvelles combinaisons possibles, les heures perdues dans la cave à tenter toutes sortes de mélanges. Non, rouvrez les et foncez sur les millions de retransmissions sur Twitch qui lui sont déjà consacrées.

Infestation 2 : chaque ennemi tué devient une araignée. Ça devient rapidement le bordel <3
Infestation 2 : chaque ennemi tué devient une araignée. Ça devient rapidement le bordel <3

Comme son copain de coeur Spelunky, une partie est unique. La comparaison ne s’arrête pas là : on revient sur The Binding of Isaac pour avoir mal, pour se venger de la mort injuste subie dans la run précédente — à savoir que toutes les morts sont injustes, ces jeux renforcent à la fois le skill et la mauvaise foi. Le cru Rebirth nous accapare tout autant dans sa spirale infinie, la douleur faisant place à un sentiment de toute puissance par l’ajout de deux paliers de difficulté. D’emblée, chaque nouvelle partie est réglée dans une configuration de base (dite « normale ») qui propose un loot d’objets plus avantageux fait d’améliorations beaucoup plus puissantes. On peut toujours switcher en « difficile » pour retrouver la frustration d’antan mais on passe à côté de ce que BoI:R tente d’apporter de nouveau : l’impression de jouer à un shmup, de nettoyer des salles à la vitesse de la lumière et d’engranger des items de plus en plus pétés. Pour tout vous dire :

– j’ai battu Satan et Isaac plusieurs fois dans cette version (ce que je n’avais jamais fait dans Wrath of the Lamb);
– une fois j’avais sept familiers sur moi, je ne voyais plus grand chose, mes ennemis non plus;
– une autre fois encore j’ai battu Mom’s Heart sans bouger, ça a duré cinq secondes.

Et normalement je suis très mauvais. Mais le jeu n’est pas plus facile, hein, il est juste plus généreux avec vous. À vous ensuite de continuer à faire les bons choix sur la longueur et d’avoir de bons réflexes, sinon c’est la mort, encore et toujours.

Je vole, je suis en flammes, je suis turbo rapide, et pourtant, je vais me faire enchaîner par Satan dans 3… 2… 1…
Je vole, je suis en flammes, je suis turbo rapide, et pourtant, je vais me faire enchaîner par Satan dans 3… 2… 1…

Dans l’amas de nouveaux contenus (par ici pour la liste complète), l’un des plaisirs bourgeois les plus jouissifs reste de jouer sur la version PS Vita. Un vrai petit bonheur. Les doubles sticks de la portable se prêtent parfaitement au genre. Petit bémol cependant : la synchronisation entre les versions PS4 et PS Vita souffre de violents bugs pouvant, par erreur, superposer une sauvegarde sur l’autre. Le problème est répandu à l’heure qu’il est, donc un conseil, attendez le patch qui devrait bientôt corriger ça.

Si on devait absolument retenir un point négatif, ce serait l’absence de Danny Baranowsky aux musiques. La nouvelle bande originale souffre clairement de la comparaison avec l’ancienne. Non pas que la nouvelle soit mauvaise, elle a de beaux moments, mais elle ne parvient pas à retranscrire aussi parfaitement cette sale angoisse qui vous tenaille à chaque run. Pas avec autant de caractère.

The Binding of Isaac: Rebirth s’offre une renaissance bien méritée. Graphismes rétros, problèmes d’équilibrage revus, foule de contenus… l’attente valait le coup et c’est avec plaisir qu’on se replonge dans l’univers du bébé le plus glauque du jeu vidéo. Les nouveaux venus découvriront un jeu calibré pour eux, les anciens découvriront une nouvelle façon de jouer. Tout le monde est gagnant, c’est parfait. À deux doigts du sans faute si la bande son avait été vraiment à la hauteur du travail fourni sur la structure.

The Binding of Isaac : Rebirth, disponible sur PS4, PS Vita, PC

Notre avis

MAMAN !

9 / 10