Dans une lettre ouverte adressée à la classe politique, trois syndicats et six réalisateurs (soit 95% de la scène cinématographique française) se manifestent pour une augmentation substantielle du tarif des offres de vidéo à la demande. Faute de quoi, c’est l’exception culturelle et l’avenir même du cinéma français qui seraient en jeu.

Cette lettre ouverte en quatre actes est censée interpeller les décideurs de notre pays sur les réalités de la consommation de biens audiovisuels numériques sur le territoire.

Les feux de l’argent

Parmi les recommandations présentes dans cette lettre, on notera la volonté de fixer par décret un tarif minimum de 4 euros à verser aux ayant droits sur chaque transaction. A des fins de comparaison, nos confrères de Zdnet.fr ont calculé que cela représenterait un prix d’achat de 8,13 euros TTC pour avoir accès à un film en qualité standard, en stéréo simple et ce pour une durée de location de 48 heures uniquement.

Malaise donc lorsque l’on sait qu’à l’heure actuelle ces mêmes ayant droits s’approprient 60% du prix hors taxes des locations de vidéos sur les plateformes de VOD. Les 40% restants sont à destination des distributeurs (30%) et des éditeurs (10%).

Une situation clairement à l’avantage des ayants-droits donc qui bénéficient là de revenus supérieurs comparativement à des offres physiques, les intermédiaires étant de fait réduits aux uniques distributeurs (propriétaires des plateformes).

Sans lecteur DVD, c’est plus cher !

Ces mesures sont donc pensées pour lutter contre une concurrence jugée déloyale des offres à la demande qui apparaissent quelques mois après la sortie en salle d’oeuvres cinématographiques pour se retrouver sur des plateformes en télé-location pour un tarif moins élevé que les DVD/Bluray, commercialisés à la même période.

Les ayants droits souhaitent ainsi s’octroyer des marges équivalentes à celles dont ils bénéficient déjà sur supports physiques, passant ainsi complètement à côté de la réalité de la dématérialisation du bien culturel, exception française ou pas.

En définitive, l’industrie cinématographique française semble ne pas avoir retenu les leçons de l’ère mp3 et tente par tous les moyens à sa disposition de conserver une dynamique coûteuse sur le marché des offres légales de streaming vidéo.

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