Lorsque l’on évoque la marque Parrot il nous vient immédiatement à l’esprit deux choses : un constructeur d’accessoires sans fil pour l’automobile ou les piétons et l’image que l’on se fait d’une multinationale américaine bien rodée. Or il n’en est rien dans les deux cas, d’une part Parrot ne fabrique pas uniquement (même si c’est l’une de ses expertises) des accessoires téléphoniques Bluetooth. Le constructeur travaille activement sur le marché du son haute définition avec son Zikmu, et plus récemment sur celui des casques audio haut de gamme avec la star du jour, le Parrot Zik.


Concernant la seconde idée reçue pour certains, Parrot n’est pas une société américaine, mais française installée au coeur de Paris dans le Xème arrondissement. Les quelque 500 employés de la société suivent les projets du groupe de l’idée de départ à la conception finale dans la plus stricte intimité. Nous y reviendrons, mais le Zik du constructeur français dégage une qualité de finition indéniable, certainement aidé par plus de 3 ans de développement.

« Il faut vivre avec son temps » – Packaging

Sans vouloir paraphraser Philipe Starck, cette citation s’avère fort à propos pour évoquer l’emballage du Zik. Point de blister en plastique intégral, ici nous avons droit à une boîte en carton recyclé travaillée et du plus bel effet. La partie supérieure de l’emballage laisse entrevoir le casque très distinctement : on sait ce qu’on achète et c’est un plus en rayon lors du choix décisif.

Le casque ainsi que son moule porteur enlevés, on se retrouve avec une boîte et un ensemble de câbles : un câble micro-USB gainé de très bonne facture, un autre câble jack cette fois-ci : Parrot n’a pas commis l’erreur ici de choisir un mini jack à l’entrée de l’écouteur à l’image de certains modèles concurrents.

La boîte quant à elle, contient les habituelless documentations et garanties à conserver précieusement. Une housse est également au rendez-vous, là aussi on a droit à la qualité française avec un tissu agréable au toucher.

« Inspiré par le corps, pensé pour les nomades » – Design et ergonomie

Très clairement, le design et l’ergonomie seront les atouts majeurs du casque haut de gamme de Parrot. On ne reste pas insensible aux matériaux soigneusement sélectionnés ainsi qu’à l’arceau aux lignes originales inspirées des os de l’oreille interne du corps humain.

Flexible, l’arceau bénéficie d’un revêtement en cuir des plus confortable, ce qui ne sera pas de trop pour supporter les quelque 325 grammes du Zik. Car oui, le casque de Parrot est lourd, un défaut qui trouve sa justification précisément parmi ses nombreuses qualités.

Les écouteurs dégagent un sentiment de qualité immédiat notamment au niveau des coussins (en cuir souple) et du revêtement « soft touch » de la partie extérieure.

Le côté droit d’ailleurs héberge l’intégralité des commandes tactiles et physiques du casque : les gestes horizontaux pour le changement de pistes, les gestes verticaux pour le volume, un appui bref pour la lecture et la mise en pause.

En dessous de l’écouteur droit, on note la présence d’une prise jack (utile quand on arrive à bout de la batterie), d’une prise micro-USB d’un micro (nous y reviendrons) ainsi qu’un interrupteur marche/arrêt qui s’illumine en blanc quand tout va bien, en violet quand il est en cours d’appairage Bluetooth et en orange quand la batterie devient faible.

L’écouteur gauche quant à lui héberge deux autres micros. Ces micros au nombre de trois servent à la réduction active du bruit, un dispositif déjà rencontré sur un certain nombre de produits concurrents. Là où le Zik se démarque quant à l’utilisation de ces capteurs, c’est dans l’optimisation qui a été réalisée afin que vous puissiez vous entendre parler si le besoin s’en faisait sentir.

Le casque détecte alors presque immédiatement le son de la voix du porteur et diminue l’isolation en conséquence afin par exemple, de suivre une conversation dans le métro sans avoir besoin d’enlever le casque (en bon parisien n’est-ce pas ?).

Si malgré tout vous n’avez d’autre choix que d’enlever le casque, inutile de mettre en pause votre morceau de « déception d’assaut » : un autre capteur situé sur l’écouteur gauche détecte si vous portez le casque ou non. Il suffit alors de placer le casque sur votre nuque et la musique s’arrêtera. Comptez une latence d’une seconde et demie environ pour que le capteur prenne en compte le changement d’état.

Gadget au début, cette astuce se révèle vite indispensable tellement elle est pensée pour s’adapter au quotidien de personnes nomades souvent dans les transports.

Car la force du Zik de Parrot est bien là : les commandes tactiles évitent de devoir sortir systématiquement son smartphone de la poche d’un jean ou d’un sac à main pour mesdames. Concrètement, il sera difficile si vous avez goûté aux joies des commandes tactiles du Zik de retourner à l’utilisation d’une télécommande filaire ou pire encore, devoir passer par l’écran de son téléphone.

Une remarque d’autant plus justifiée lorsque l’on se retrouve dans des trains de banlieue surpeuplés (non on parle pas de toi ligne 3bis).

En revanche, cette profusion de capteurs et le soin apporté à la finition ont un impact négatif sur le poids du casque d’une part (certains accuseront le coup des 325 grammes sur la durée) tandis que d’autres ressentiront très vite une gêne au niveau des oreilles en raison de la chaleur accumulée à l’intérieur des écouteurs.

Le casque ne se montre d’ailleurs pas « impressionnant » en isolation non plus : à volume moyen, l’environnement sonore ambiant se devine aisément sans toutefois nuire à la qualité d’écoute. Un mal pour un bien selon moi pour ceux qui traversent souvent les rues (question de sécurité). Ceux qui recherche en revanche une isolation complète se tourneront inévitablement vers Bose ou Harman Kardon pour ne citer qu’eux.

En définitive, et pour terminer sur le (long) chapitre du design et de l’ergonomie, Parrot a frappé fort pour un premier essai : la qualité de fabrication est irréprochable, la dimension nomade et la simplicité sont bien mises en avant et c’est ce sont les points sur lesquels on attendait le Zik.

« Quand la musique est bonne » – Qualité sonore

Après un peu plus d’une semaine d’utilisation, le verdict est sans appel : le Zik n’est pas à mettre entre toutes les mains et ce n’est pas plus mal. Pas question ici de basses sur-dimensionnées ou de son comprimé (un des reproches inhérents faits aux casques fermés). Le spectre est équilibré dans son ensemble et en fonction du style de musique, le Zik sera à son avantage au mieux, neutre et donc sans défauts particuliers au pire.

Rap/RnB

Des Hauts, Des Bas Et Des Strings – Hyacinthe

Dead Wrong – Miss Jade Ft Nate Dogg & Timbaland

Re-Up Gand – Zen – Clipse

On attaque d’emblée avec une sélection de morceaux RAP privilégiant les enchaînements parlés.

Le Parrot Zik brille par son équilibre : les instruments empiètent peu ou pas sur les vocales même à volume élevé. Pour preuve : moi qui aime parfois jouer de l’égaliseur sur ce style musical pour (enfin) comprendre ce que dit Kanye West, je n’ai pas eu à l’employer une seule fois durant la semaine de test.

Bien évidemment cet équilibre a ses limites, en particulier lorsqu’il s’agit de…

…Drum and Bass – Dubstep – Electro

Le timing était plus que parfait : nouvel album de l’artiste Netsky et test du Parrot Zik. l’occasion s’offrait littéralement à moi de découvrir coup sur coup de nouveaux morceaux et un équipement musical différent.

Detonate – Netsky

No Begining – Netsky

Cross the line – Camo & Crooked

Une sélection 100% Hospital Records donc pour ce second volet consacré à la qualité d’écoute de ce Zik. Et là, on se demande où sont passées les basses dans un style musical où avouons-le, ce critère est déterminant. Le casque manque de « punch » dès lors qu’il s’agit de titres généreux en basses.

Le manque (relatif) d’isolation s’il n’était pas un souci sur des morceaux parlés devient réellement gênant pour le passionné qui souhaite s’immerger pleinement dans ses titres nerveux lors de ses déplacements.

A titre de comparaison, j’utilise actuellement de nouveaux intras de la fondation Marley : les Midnight Ravers commercialisés aux alentours de 35 euros. Évidemment ce sont des intras donc forcément avantagés en ce qui concerne les basses et pourtant…

On regrette de ne pas retrouver ne serait-ce qu’un semblant de salle de concert pleine à craquée à deux mètres des enceintes (à éviter pour votre santé je vous l’accorde).

On termine ce tour du monde musical en compagnie du Zik avec un peu de soul

Hometown Glory – Adele

Pense à moi – Gage

Ma conscience – Singuila

Et comme prévu le Zik sublime les voix, détaille chaque instrument et n’envahit pas le spectre avec des basses indésirables, laissant un véritable boulevard aux aiguës et médiums.

On ressort de cette expérience ravi et secrètement satisfait d’avoir un bon compromis entre une écoute à volume modéré et une parfaite restitution des sonorités en présence.

Conclusion

Plus que des mots, c’est une expérience que j’ai souhaité partager avec ce test du Zik du constructeur Parrot. Loin de la démonstration de force d’un Monster Beats en terme de visuel ou d’autres produits Bluetooth bardés de boutons, le casque laisse place à la sobriété et à la simplicité.

Les commandes tactiles ainsi que le capteur de présence s’impriment parfaitement dans nos habitudes et on prend plaisir à interagir avec le casque de la manière la plus intuitive qu’il m’ait été donné depuis la création des télécommandes filaires.

Dans le meilleur des mondes, le Parrot Zik aurait pu être moins cher (349 euros tout de même), mais là encore il s’agit d’une affaire de finances qu’il appartiendra à chacun de définir. Pour ce prix en revanche, vous ne serez pas déçu à moins d’être un irréductible des volumes sonores élevés et des basses généreuses.

Je passe rapidement sur la partie logicielle : le Parrot Zik sera commercialisé avec une application iOS et Android qui permettra de mesurer le niveau de batterie du casque, mais aussi d’agir de manière notable sur le son moyennant l’utilisation de l’égaliseur dédié. L’application n’étant pas encore disponible au moment d’écrire ce test, on tentera d’en savoir un peu plus très rapidement.

Quoi qu’il en soit, le retour à mes intras (ou à tout autre casque filaire en fait) a été difficile. Produit soigné sans être tape-à-l’oeil, robuste sans être massif, performant sans être percutant, le Zik est équilibré et trouvera certainement preneur chez de nombreux utilisateurs nomades.