En pleine polémique sur le système de surveillance à l’échelle mondiale mis en place par la NSA, le Sénat semble vouloir reprendre la main et se voit accorder la création d’une mission d’information sur la gouvernance mondiale d’Internet.

wargames_gouvernance_Internet

Les puissances, alliées ou non, s’espionnent entre elles, espionnent ses propres citoyens et tout ça dans un relatif secret. Finalement, bien que ce ne soit une réelle surprise pour personne, l’ampleur du système d’espionnage mis au point par la NSA pour le compte du gouvernement américain nécessite de se poser quelques questions, de redéfinir sa propre place et stratégie au milieu de ce capharnaüm.

Dans ce contexte, le Sénat, sous l’impulsion du groupe UDI-UC (Union des Démocrates Indépendants et Mouvement Démocrate), a demandé la création d’une mission d’information sur la gouvernance d’internet. En effet, les « récentes révélations sur le contrôle et la surveillance de l’Internet que pratiquent les États-Unis à une échelle inconnue jusqu’alors » ont réveillé certaines craintes endormies.

Pour cette demande, le groupe UDI-UC a usé de son « droit de tirage annuel », qui, depuis 1998, offre à chaque groupe parlementaire la possibilité de demander, une fois par an, la création d’une mission d’enquête ou d’information. C’est dire l’importance conféré au sujet. Cette mission, composée de 33 membres (le nom de ces membres sont disponibles sur le site du Sénat), plus ou moins sensibles aux sujets touchant à Internet, aura pour but de répondre à cette question : « Quels nouveau rôle et nouvelle stratégie pour l’Union européenne dans la gouvernance mondiale de l’Internet ? » et plus largement « de se pencher sur les enjeux stratégiques liés au risque de fragmentation de l’Internet mondial et sur le rôle de l’Union européenne dans l’émergence d’une véritable gouvernance multilatérale de l’Internet. »

Comme le précise Numerama, cette mission aurait été demandée par François Zocchetto, le président du groupe UDI-UC et la sénatrice Catherine Morin-Dessailly qui avait regretté sur son blog que

l’Union Européenne soit insuffisamment présente dans les différentes enceintes internationales de gouvernance de l’internet, alors même que l’avenir d’Internet, qui occupe une place croissante en matière économique, sociale et politique, représente un enjeu considérable

Ajoutant que

Seule l’Union européenne a le poids nécessaire pour influer dans cette nouvelle géographie du cyberespace, où les USA sont dominants. Dans ce contexte, l’Union européenne doit prendre sa place et défendre une vision de l’internet fondée sur des principes démocratiques

Les dernières révélations du Guardian – via les documents fournis par Snowden -  affirmant que le gouvernement britannique a donné son feu vert à la NSA pour l’espionnage de ses citoyens n’est pas pour rassurer.

La surveillance mondiale, le nerf de la guerre.