Sans que cela soit vraiment écrit de le marbre, il faut reconnaître les efforts d’Acer. La marque taïwanaise tente, sans oublier l’entrée de gamme, depuis quelques temps de redresser la barre avec des produits plus haut de gamme, plus performants et dotés d’éléments différenciants. On a pu le voir récemment avec le Liquid S2.

Si le téléphone avait encore quelques défauts, il s’agit d’une évidente montée en gamme et le fabricant semble décider à faire de même pour ses ordinateurs. Nous en voulons pour preuve l’Aspire R7 2014 : un ordinateur portable 15,6 pouces, renouvelé à l’occasion de l’IFA. Il est proposé à partir de 999 euros dans la configuration standard.

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La cuvée 2014 se met au goût du jour en passant à la plateforme Haswell d’Intel, à Windows 8.1 et se dote d’une GeForce 750m. Comme son prédécesseur Ivy Bridge, la nouvelle version est pourvue d’une (double) charnière que la marque appelle « Ezel », et persiste à inverser les positions du TouchPad et du clavier.

En faisant ces choix atypiques, Acer a le mérite de tenter de nouvelles choses et de prendre des risques, c’est tout à son honneur. Mais les risques doivent être maîtrisés. Acer a-t-il su prendre des risque sans sacrifier l’ergonomie lors d’usages plus classiques ? Réponse dans ce test.

Design et finitions

Nous le disions en préambule, Acer a positionné sa série R7 en haut de la gamme. La marque a donc apporté un soin particulier au design et aux finitions de la machine. C’est plutôt réussi.

On regrette tout de même que l’emploi de l’aluminium ne soit limité qu’à la charnière, le reste du châssis est conçu dans un plastique imitation alu. Il fait illusion à l’œil, un peu moins au toucher. Grâce à un assemblage monobloc, la partie inférieure semble solide, mais on a bien peur que le poids de la machine pose des problème en cas de chute.

Avec ses 2,3 kilos, la machine pèse presque 300 gramme de plus qu’un MacBook Pro Retina 15 pouces par exemple, et cela se ressent dans la main. Acer a en revanche fait un gros travail sur l’épaisseur de sa machine : 2,8 cm. Vous l’aurez donc compris, Acer fait l’impasse sur le lecteur optique.

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Sans l’écran, l’Aspire R7 est aussi épais qu’un iPhone 5

On pourra heureusement s’appuyer sur les 3 ports USB (dont deux 3.0) en cas de besoin d’un lecteur externe, vendu séparément. Notons également la présence d’une sortie HDMI et d’un « Acer Converter port », un petite prise qui servira à brancher un adaptateur « 3 en 1″ (fourni) doté d’une prise ethernet, USB et VGA.

En y regardant de plus près on s’aperçoit qu’il s’agit d’un port miniDisplay, mais Acer ne garantie pas le bon fonctionnement de tous les moniteurs via ce connecteur. Félicitations enfin pour la présence d’une entrée/sortie jack qui se fait encore rare dans le monde PC.

Écran et Son

Les ultrabook sont à la mode, mais il existe encore un marché pour les dalles de 15 pouces. On y trouve indéniablement un confort d’utilisation, et l’écran Full HD répond aux standards actuels. L’écran est par ailleurs relativement bien étalonné et offre de bons angles de vision.

Ordinateur hybride oblige, il est également tactile (10 points de contact), tout cela se comporte sans soucis et répond bien. Certains regretteront toutefois le traitement brillant de l’affichage qui va toujours créer autant de reflets. Relevons au passage la présence d’une webcam pour le visio-conférence.

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Dolby Approved

Pour ce qui est du son, Acer a choisi d’employer les technologies Dolby. Le fabricant les a placé sous les machines. Un choix qui permet d’obtenir des haut-parleurs plus grands qu’à l’accoutumée.

On ressent assez vite la différence avec un volume plus élevé mais surtout moins nasillard que chez la concurrence. Cela ne vaut que lorsque la machine est posée sur une surface dure comme un bureau, si elle est plus molle, comme sur un lit, ou sur vos genou, il sera vite étouffé. Cela restera audible mais on perd évidemment en finesse. De toute façon, vous ne l’utiliserez pas souvent sur vos genoux, à cause d’un léger problème d’équilibrage.

Déployer s’Ezel

Les fins observateurs que vous êtes remarquerons que nous n’avons pas encore parlé du TouchPad et clavier. Compte tenu de l’inversion de leur position par rapport aux laptop habituels, nous allons nous y attarder un peu plus longtemps.

Commençons par ce qui va : le clavier. La frappe est agréable, on trouve tout ce qu’il faut, à l’exception d’un pavé numérique. Le rétro-éclairage est toujours un plus. Mention passable pour le TouchPad multitouch qui répond bien. Malheureusement vous ne vous en servirez pas souvent.Placé au-dessus du clavier, son utilisation est assez inconfortable, pas tant dans l’ergonomie en tant que telle, mais du fait de son utilisation qui entraînera souvent des frappes involontaires.

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Acer a trouvé deux solutions pour remédier à ce problème. Il est déjà possible de désactiver le clavier via une combinaison de touche. Là encore ce n’est pas idéal, puisqu’il faudra effectuer le manipulation dès que l’on voudra s’en servir, on utilisera alors raisonnablement le clavier tactile sur l’écran, avec les problèmes de productivité que cela comporte.

La seconde solution est sans doute la meilleure, est donc de faire une croix sur le TouchPad. Acer assume plus ou moins puisqu’il fourni une souris sans-fil (802.11) avec son ordinateur. Le dongle viendra alors bloquer une prise USB. Dans ces conditions, la chose devient utilisable sans trop de problèmes.

Cela devient plus gênant quand on veux utiliser sa machine ailleurs que bien installé sur son bureau, au hasard sur ses genoux confortablement installé dans son canapé. C’est ici que les problèmes sérieux commencent.

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Dans cette position, 3 options s’offrent à l’utilisateur. La première est de placer sur ses genoux la machine comme s’il s’agissait d’un ordinateur classique, l’écran loin derrière le clavier. On sera contraint d’utiliser le TouchPad et/ou l’écran avec les problèmes que l’on évoquait.

La seconde option est d’utiliser le « Ezel Hinge » pour venir caler l’écran juste au-dessus du clavier. En fonction de sa position on va devoir repousser un peu l’écran pour qu’il ne soit pas collé aux yeux de l’utilisateur. Mais attention à ne pas trop reculer.

En plaçant ainsi l’écran, on va déplacer le centre de gravité de la machine, qui risque de basculer vers l’arrière. Et n’espérez pas la retenir sans appuyer sur la clavier. Placé juste devant, il ne dispose pas de zones neutres à droite et à gauche du TouchPad.

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La dernière solution, qui restent finalement la moins mauvaise, est de passer en mode « tout tactile » qui ne permettra que la simple consommation de contenu. Notons au passage la présence d’un stylet dans la boîte, mais nous avons eu du mal à lui trouver une réelle utilité pour des usages courants.

Tant pis pour ceux qui souhaiteraient être un peu productifs sans être nécessairement sur un bureau. Dommage, car cela vient légèrement limiter le côté mobile normalement inhérent à un ordinateur portable.

Longues considérations ergonomiques pour dire que si la charnière Ezel semble être sympathique en théorie, elle s’avère être une fausse bonne idée dans  la pratique. Fort heureusement Acer se rattrape sur les performances de sa machine.

Performances et autonomie

La cuvée 2012 de l’Acer Aspire R7 embarque un processeur Intel Core i5 « Haswell » 4200U pour deux cœurs et 4 « threads ». Sa cadence de base est de 1,6 GHz, et atteindra 2,6 GHz en mode « boost ». Il est appuyé par une Intel HD 4400 pour la partie graphique. Les calculs 3D pourront toutefois être assurés par une Nvidia GeForce GT 750m avec 2 Go de mémoire vidéo.  Notons également la présence de 8 Go de DDR3 et d’un disque dur à plateau 1 To appuyé par 24 Go en SSD cette fois.

L’ensemble fonctionne sans problème dans les utilisations bureautique/Navigation. On apprécie la présence de la partie SSD qui permet un démarrage rapide. C’est également bien en jeu, des jeux moyennement gourmands comme League of Legends, Starcraft II ou Diablo III, fonctionneront dans les niveaux de réglages les plus élevés sans aucun problème.

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Sans problème sur LoL

Nous avons voulu pousser la machine dans ses retranchements avec Battlefield 4, mais le jeu a refusé de se lancer en dépit de tous nos efforts, sans que nous sachions vraiment pourquoi. Des tests de la carte montrent qu’elle est capable de faire tourner le jeu convenablement en faisant des concessions. Une conclusion que l’on pourra appliquer aux jeux gourmands. Cela reste acceptable pour un ordinateur portable.

C’est un peu moins glorieux pour l’autonomie. Avec une batterie affichant une capacité de 3560 mAh, le fabricant promet une autonomie de 6h30. Nous avons eu grand mal à atteindre ce score, la batterie se vidant généralement après 5 ou 6h d’utilisation, nettement moins en jeux évidemment. C’est relativement peu.

Conclusion

7

/10

Note JDG

Renversé


Si l’on met de côté le coup de folie sur le TouchPad et le clavier, il est assez difficile de trouver quelque chose à reprocher à cet Aspire R7. Finitions à la hauteurs, performances au rendez-vous pour un prix agressif de 1000 euros. On en aura pour son argent.

Dommage pour Acer qui n’est pas franchement récompensé par les risques pris avec son « Ezel Hinge ». Faire du bon classique est parfois mieux que du mauvais innovant qui cause, en l’espèce, trop de défauts ergonomiques. Malgré cela, la balance penche du bon côté.