Reconnaissance faciale : une base de données de 52 millions de clichés pour le FBI

culture geek

Par Elodie le

Le FBI est en train de se constituer une gigantesque base de données de reconnaissance faciale où toute personne non suspecte peut potentiellement être archivée.

FBI_reconnaissance_faciale_base_données

La reconnaissance faciale a le vent en poupe. Elle est récupérée et déclinée par de nombreuses entreprises. Dernièrement nous vous parlions de Facebook et de sa technologie baptisée DeepFace.

Aujourd’hui, c’est le FBI qui se montre désormais en pointe sur le dossier. En 2012 déjà, le Federal Bureau of Investigation avait investi un milliard de dollars dans ce qui devait être un « programme d’identification de nouvelle génération » (NGI) permettant de constituer une base de données nationale photographique des criminels, plus quelques informations concernant leurs données biométriques : empreintes de paumes de mains, scans de l’iris, etc.

À l’époque, les défenseurs de la vie privée s’inquiétaient déjà que des personnes au casier vierge et non suspectes puissent figurer dans cette nouvelle base de données fédérale et se retrouver ainsi surveillées.
Crainte qui semble aujourd’hui se justifier puisque d’après des documents récupérés par la Fondation Electronic Frontier (EFF), une ONG a but non lucratif, sur les millions de clichés contenus dans la base de données (52 millions d’ici à 2015), 4,3 millions ont été récupérés « sans aucune implication criminelle ou enquête en cours » (provenant de sources professionnelles à propos d’employés notamment). Des personnes non suspectes donc mais qui vont se retrouver fichées avec certaines de leurs données personnelles telles que le nom, l’adresse, la date de naissance ou encore le numéro de sécurité sociale et de carte d’identité.

Industrie & Technologies répartit la composition de la base de données de la manière suivante :
– 46 millions d’images criminelles
– 4,3 millions d’images civiles
– 215 000 images provenant du RISC (Repository for Individuals of Special Concern)
– 750 000 images provenant d’une catégorie « Special Population Cognizant » (SPC)
– 215 000 images provenant de « nouveaux répertoires »

Selon l’EFF, ce nouveau programme – qui s’appuie sur une base de données déjà existante comptant 100 millions d’empreintes digitales – a la capacité d’enregistrer près de 55 000 nouveaux fichiers par jour et serait associé à un moteur spécifique d’automatisation des recherches de reconnaissance faciale.

Outre le fait qu’elle s’inquiète de voir des personnes lambda mises virtuellement côte à côte avec des criminels reconnus sans qu’aucune distinction ne soit faite, la Fondation pose la question du « faux positif » que cette pratique pourrait faire ressortir à l’initiative d’une recherche automatisée. Un innocent pourrait donc se retrouver au cœur d’une enquête criminelle.

Le programme d’identification de nouvelle génération, qui doit être lancé cet été, est censé n’être appliqué qu’aux américains, mais rien ne garantit que ses prérogatives ne soient pas étendues à d’autres pays. La méfiance vis-à-vis de ce genre de fichier est grandissante depuis les révélations d’Edward Snowden sur les pratiques de la NSA (qui avait notamment assuré ne pas espionner les citoyens américains). Comme pour l’Agence de renseignement, la vigilance sera de mise concernant l’accès à cette base de données. Le FBI compte déjà partager cette ressource avec les autres agences et instances judiciaires américaines, soit près de 18 000 agences sur tout le territoire.

Pour en savoir plus
Dans sa course technologique pour traquer le criminel (ou pas), la FBI peut compter sur Morpho, filiale sécurité de Safran et entreprise… française (du moins sur le papier).
Morpho, le champion français qui aide le FBI à traquer les criminels, dans Challenges.

Source: Source