Après les drones, c’est au tour des pigeons. La société Plume Labs a développé de petits appareils, les Plume Air Sensors, capables d’analyser l’air autour d’eux et d’en déterminer les taux de dioxyde d’azote, d’ozone ainsi que de composés organique volatile. Elle en a ensuite équipé une dizaine de pigeons. Ainsi, au moyen de leur application et/ou de leur site internet, il est possible de lire sur une carte interactive les niveaux de pollution des quartiers dans lesquels les oiseaux sont passés. Le projet est encore en phase beta et la « phase pigeon » doit durer trois jours.

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La Plume Air Patrol est composée d’une dizaine d’oiseaux, chacun équipé du fameux senseur qu’ils revêtent comme un petit sac à dos. De plus, si un citoyen sur place tweete le nom de sa zone avec la mention @PigeonAir, il devrait recevoir en retour un rapport l’informant des niveaux de pollution du lieu en question.
Le nombre de pigeons n’est en tout cas pas suffisant pour recevoir suffisamment de données et effectuer une analyse complète de l’air londonien, mais c’est suffisant pour une campagne de pub. D’ailleurs, Plume Labs a reçu l’aide de la société spécialisée dans le marketing DigitasLBI.

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L’étape suivante pour la compagnie, qui a déjà commencé, est d’équiper une centaine de citoyens de leurs Plume Air Sensors. Le but de Plume Labs est de proposer un service combinant les petits senseurs et l’application qui les accompagne. Chaque utilisateur pourrait ainsi mesurer la qualité de l’air autour de lui, en extérieur avec la pollution, ou en intérieur avec d’éventuels produits ménagers potentiellement nocifs.

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Il est vrai qu’on peut facilement imaginer un service communautaire à travers lequel chacun pourrait transmettre le taux de pollution à l’endroit où il se trouve. Ce serait similaire à l’application Waze que des chauffeurs utilisent pour informer la communauté de la présence d’embouteillages. Si en plus cette méthode est combinée à celle des pigeons, il serait alors peut-être possible d’accéder à une carte complète et mise à jour en temps réel, qui pourrait révéler à tous la présence d’éléments nocifs dans l’air de chaque quartier d’une ville donnée. C’est toujours plus agréable que de faire examiner votre rectum.

Cette nouvelle initiative fait écho au lancement de leur carte en décembre dernier à l’occasion de la COP 21, qui relève la qualité de l’air à travers le monde en récupérant des “données ouvertes” (open data) provenant de 11 000 stations réparties dans divers pays. De plus, ils utiliseraient également des ordinateurs, dont certains seraient dotés d’une forme d’intelligence artificielle, capables selon eux de calculer et d’anticiper avec plus ou moins de précision, les mouvements et “voyages” de la pollution de l’air.

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Les idées de Plume Labs sont donc intéressantes. Elles ne sont toutefois qu’un premier pas dans la lutte contre la pollution : le stade de l’observation des dégâts en temps réel. Encore faut-il faire ce qu’il faut pour y remédier.

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