Critique

[Alors on regarde ?] Mortel, la nouvelle série française signée Netflix

L'avis du Journal du Geek :
Série

Par marie le

Netflix nous avait déjà surpris avec sa série horrifique  Marianne. La plateforme revient à la charge avec Mortel, une nouvelle série made in France, qui s’inscrit cette fois dans le registre fantastique.

NDLR : Ce format n’est pas une critique de l’intégralité de la série. Nous n’avons vu que les trois premiers des six épisodes de la saison

Depuis Les Nouvelles Aventures de Sabrina, Netflix signe son deuxième pacte avec le diable, mais cette fois pour une production 100% française. L’hexagone semble être inspiré en cette année 2019. Seulement deux mois après la diffusion d’une série horrifique (voir notre critique de Marianne), Mortel arrive en force. La série sera disponible sur la plateforme le 21 novembre prochain. La série créée par Frédéric Garcia, est co-réalisée par Simon Astier, réalisateur de la série comique Hero Corp et Edouard Salier, récompensé en 2014 pour la photographie de son court-métrage Havana. Avec l’habitué des super-héros décalés à la française et la photographie sombre et dramatique d’Edouard Salier, Mortel ne pouvait que susciter notre curiosité. Tout commence avec la disparition très étrange de Reda, le frère de Sofiane. Ce dernier, un lycéen de banlieue, colle des avis de recherche pour tenter de le retrouver. Il s’enferme peu à peu dans sa tristesse, refuse l’aide d’autrui puis fait la rencontre d’Obé, une entité démoniaque. Prêt à tout pour retrouver Reda, Sofiane accepte de conclure un pacte avec Obé. Mais, le jeune lycéen ne sera pas seul dans sa quête. Victor s’ajoute au programme. Ces deux adolescents, qui n’ont strictement rien en commun, vont finalement trouver un terrain d’entente. Ils seront amenés à combattre une force bien plus grande.

Very bad men 

Le sang des mortels est le prix à payer pour sauver Reda. Sofiane et son nouvel ami Victor, vont conclure un pacte de sang qui va nouer leur destin. Et à l’issue de ce pacte faustien, ils obtiennent des pouvoirs vaudous ! Pourquoi pas. Mais le fantastique sonne parfois malheureusement faux. Entre hypnose peu crédible et exorcisme qui frôle le ridicule, on se demande s’il ne s’agit pas finalement d’un mauvais trip de LSD. Dans Mortel, le pouvoir vaudou est employé dans un but peu héroïque, et les responsabilités sont plutôt prises à la légère. Sofiane va en profiter pour régler ses comptes avec certains bad boy du lycée. Ici, le pouvoir agit comme une drogue, un mal qui veut se consommer de plus en plus et qui ne fera que s’accroître : l’homme qui a l’impression de tout contrôler alors qu’il ne contrôle plus rien. Le pouvoir  permet de révéler le vrai fond de l’homme. M. Jekyll devient Dr Hyde. Et ça, la série le montre très bien .

Même si la série s’ancre dans un univers fantastique, l’histoire reste assez réaliste et plutôt crédible. On y retrouve la plupart des thématiques abordées dans les teen-movies : consommation d’alcool, quête d’identité, sexualité. Les protagonistes s’adonnent à l’éternel jeu du chat et de la souris et se posent tout un tas de questions sur leur vie sentimentale. Mortel se penche également sur des sujets plus lourds: le suicide adolescent, les violences, les disparités de classes sociales…

Filmés de façon réaliste, parfois presque à la manière d’un documentaire, ces divers sujets sont dans l’ensemble bien traités dans la série. Les gros plans s’enchaînent et permettent aux spectateurs de ressentir davantage les émotions des protagonistes. Attention cependant, trop de gros plan tue le gros plan! On frôle parfois la surdose. En dehors de quelques titres un peu à l’eau de rose, la BO est globalement sympa et dynamique avec beaucoup de rap français.

On aurait en revanche apprécié que les personnages soit un peu plus nuancés. On retrouve en effet dans Mortel un peu trop de clichés éculés et les dialogues sont parfois assez caricaturaux. Sofiane incarne le petit voyou quant à Victor, il sert de parfait faire-valoir, dépressif qui ne se sent pas à sa place. Mais ce personnage fragile va nous surprendre et se révélera très attachant au fil des épisodes. La prise de pouvoir va faire évoluer les protagonistes. Sofiane y prend même un peu trop goût. A tel point qu’on oublie un personnage central : Reda. La série s’aventure dans de multiples sous-intrigues. Un peu trop même : elles finissent par affaiblir l’histoire principale et on s’y perd un peu parfois. Il faut espérer que la suite des épisodes remettra de l’ordre dans tout ça.

 

Notre avis

Même si le scénario a du potentiel, nous se sommes pas transportés pour autant. Mortel reste un divertissement un peu désordonné qui peut s’avérer plaisant pour un public adolescent, mais qui ne restera pas gravé dans les mémoires. Mortel ne casse pas l'écran, malgré un bon jeu d'acteur.

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