Culture G(eek) : Misfits, Super-losers

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Par Pia le

Décidément, elles nous impressionnent ces séries anglaises ! Après Being Human, une série fantastique qui réinterprète les monstres du folklore européen (vampires, loups-garous, fantômes) et l’excellent Dead Set qui prenait en frontal zombies et télé-réalité, notre dernière découverte, c’est Misfits. L’histoire de cinq jeunes paumés, condamnés à des travaux d’intérêt général, qui se découvrent des capacités hors normes… Entre Skin et Heroes cette série pas-de-genre n’a aucun tabou ! Et atomise joyeusement tous les codes des super-héros…

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// Jeunes, pauvres et puissants

Ils sont cinq losers issus de la classe ouvrière comme seule la télévision britannique sait les créer : crédibles, hauts en couleur, humains. Il y a Kelly la racaille, Curtis l’athlète, Simon le coincé, Alisha la nymphomane, et Nathan le petit con. Depuis qu’ils ont été pris sous un orage d’une rare violence, ils développent des pouvoirs hors du commun : sauts dans le temps, télépathie, invisibilité… Entre événements paranormaux et galères du quotidien, leurs vies en sont chamboulées. Crue, sans tabou, Misfits rappellera les errements des héros de Skin, une autre série anglaise qui fait pour le coup dans la satyre sociale pure et dure. Ce traitement très réaliste de personnages bien écrits et bien joués, la rareté des effets spéciaux et l’accent mis sur les comportements humains plus que sur les pouvoirs distingue clairement la série des autres productions à super-héros. Exit le surnaturel gratuit, comme on en voit dans les productions où les effets spéciaux prennent le pas sur le scénario et où l’action se suffit à elle-même. Le facteur fantastique est plus utilisé comme un ressort scénaristique afin de provoquer des situations d’apparence inextricables que comme un moyen de s’en tirer. Et ça fonctionne ; on n’oublie vite leurs capacités pour se focaliser sur leurs personnalités.

// La Ligue des Délinquants Extraordinaires

Et question personnalité, on est bien loin de la famille parfaite d’un No Ordinary Family, ou des stéréotypes d’un Heroes. Deux programmes où le mal est clairement identifié, comme le veut la tradition américaine : d’un côté les bons, de l’autre les méchants, et au milieu un combat aux enjeux moraux basiques. De grands pouvoirs, de grandes responsabilités, vous connaissez le refrain. Dans Misfits, l’alignement est plutôt confus, gris comme son générique très rock et générationnel (un autre élément qui fait pencher la balane en faveur du drame plus que du fantastique). Parfois excusables, souvent condamnables, les héros en tenues de prisonniers n’utilisent jamais leurs pouvoirs à bon escient. Solitaires, abandonnés, complètement tarés… Ils mentent, se droguent, tuent. Et c’est ce qui rend la série si savoureuse, cette humanité crasse, associée à des pouvoirs surhumains, sans jugement de valeur.
Intelligente et humaine, affichant de belles images et des acteurs talentueux, Misfits est une production qui prouve qu’on peut faire du super sans tomber dans le ridicule. Sa deuxième saison vient de s’achever en Angleterre, où une troisième saison vient d’être annoncée pour la rentrée prochaine. Et tout comme Dead Set et Being Human, chacune ne copte que six épisodes : une intrigue ramassée, aucun temps mort, pas de lassitude. Quand on vous dit qu’elle a tout bon…

–> Le trailer officiel de Misfits, c’est ici !