Test : The Lapins Crétins partent en Live

Par François le

Dans le monde des party game, il faut tout de même avouer qu’il y a eu un avant et un après Rayman contre les Lapins Crétins. Du coup, j’étais parmi ceux qui, lors du lancement de Kinect, espéraient voir la franchise arriver sur cette technologie. Mais le jeu d’Ubisoft est-il le digne descendant de la lignée ? Ou est-ce le titre ultime d’une franchise définitivement embourbé ?


Au début, il y avait Rayman

Essayons de remettre un peu de sens dans tous ces jeux Lapins Crétins. Au départ les Lapins n’étaient que les adversaires d’un Rayman un peu à bout de souffle. Je rappelle que les deux premiers opus sont des party game vous mettant aux commandes de Rayman alors qu’il doit essayer de s’échapper pour libérer sa planète (ou la nôtre dans le second opus) de l’invasion des Lapins. Le premier titre avait été l’un des jeux les plus remarqués lors de la sortie de la Wii. L’humour irrévérencieux et l’omniprésence de l’absurde rendait le jeu très fun, surtout à plusieurs. Par la suite, ce qui devait arriver arriva, et les Lapins Crétins s’émancipèrent de Rayman pour avoir leurs propres titres plus ou moins (surtout moins sur la fin) réussis. Personnellement, je trouve que « La Grosse Aventure » reste assez sympathique, mais c’est probablement du au fait que ce n’était pas un party game ! Le dernier titre Wii en date (Retour vers le Passé) est lui particulièrement pénible à cause de la succession de mini-jeux sans saveur et sans imagination.

Comme je l’écrivais plus haut, dès la sortie de Kinect, le potentiel d’un titre exploitant l’humour absurde des Lapins et le capteur de la Xbox 360 paraissait évident à tout le monde. Nous aurons donc attendu près d’un an pour voir le party game d’Ubisoft débarquer. Malheureusement, le titre arrive au moment où l’imagination de ses créateurs s’essouffle un peu. Le « scénario du jeu » est donc tout simple : les Lapins Crétins vivent dans le sous-sol de notre planète, qu’ils cherchent toujours à conquérir. Après une expérience de clonage qui tourne mal, les voilà qui commencent à se multiplier et à remonter vers la surface par tous les accès possibles. Du coup, ils débarquent directement chez vous !

Tape taupe, version Lapins crétins...

Un jeu en absurdité augmentée ?

Bizarrement, lorsque nous avions essayé le titre avant sa sortie, nous avions trouvé que le potentiel était là, et qu’il semblait bien parti pour être un des cartons du capteur de mouvement de Microsoft. Hélas, la version finale n’approche même pas la moyenne des titres les plus mauvais de la plate-forme. La faute à une succession de jeux sans réelle imagination. Ubisoft se permet même le luxe de recycler un des mini-jeux du premier opus sur Wii (celui où il faut remplir avec du jus de carotte les masques de lapins plongeurs). Le titre comporte un total de 37 mini-jeux. Mais certains parmi ceux-ci devraient plutôt être appelés »micro »-jeux, vu qu’ils ne sont qu’une transposition de jeux que l’on peut trouver dans le cahier de vacances pour enfants. Ces jeux d’ailleurs sont réalisés dans un style graphique bien différent des autres, on se demande même si ce n’est pas une autre équipe chez Ubisoft qui s’en est occupé histoire de remplir une galette bien vide ? Peut-être bien. Parmi tous ces mini-jeux, il y en a tout de même de réussis, comme par exemple celui où il faut lancer un Lapin avec un filet de morve. On pourra aussi s’amuser avec celui où il faut se déplacer (en réalité augmentée) pour éviter un spot de lumière. Un jeu de mime, ou il faut imiter la position d’un bodybuilder qui prend des muscles ou en perd en fonction de votre réussite, est rigolo sans plus. Après ces morceaux de bravoure, on tombe dans la facilité, avec une capture de mouvement risible et des idées qui sans être mauvaises, sont surtout mal mises en œuvre. On sait qu’un titre n’est jamais à 100% réussi, la perfection n’étant pas de ce monde, mais là l’équilibre entre ce qui est réussi ou ne l’est pas est visible assez rapidement, et on boucle le titre en une petite heure de découverte. Du coup, en solo, on s’ennuie ferme, et on n’a pas vraiment envie de ressortir le jeu.

Après cet essai solo assez navrant, j’ai toutefois ressorti le jeu pour l’essayer à plusieurs. Après tout, un party game se joue à plusieurs. J’espérerais ainsi rattraper le coup à 4. Il faut dire qu’Ubisoft nous avait vendu cette possibilité assez novatrice avec beaucoup de force. Pour le coup, le titre ne propose que cinq mini-jeux exploitant cette possibilité. La réussite n’est donc, là non plus, pas au rendez-vous, le titre souffrant même parfois d’un design carrément pas conçu pour le jeu à plusieurs. Un comble !

Un vrai jeu pour morveux

Des Lapins crétins à la réalisation ?

Là où le bât blesse vraiment, c’est dans la réalisation. Non seulement le titre est graphiquement tout juste digne d’une Wii (voir même moins par moment), mais en plus il n’est pas fluide, et exploite le capteur de la pire manière qui soit. Ce n’est certes pas la première fois que l’on voit un titre Kinect bâclé, mais il est tout de même décevant de la part d’Ubisoft de sabrer aussi violemment une franchise qui aurait largement pu se faire une place au chaud sur la console de Microsoft. On ne doute bien évidemment pas que le titre aille bien se vendre, ne serait-ce que grâce à sa pochette et à son titre, mais quand on n’a plus d’idées et qu’on a la flemme de faire quelque chose de correct il faudrait savoir arrêter… Parce que là, cela fleure juste bon le remplissage de rayon pour Noël, avec l’espoir de vendre du « Lapins Crétins » à tout va.

Ubisoft livre une copie plus que passable, et réussi l’exploit de placer sa franchise phare au même niveau que certains des plus mauvais titres utilisant le capteur Kinect. Si on peut excuser les efforts plus ou moins réussis de petits éditeurs, on en attendait bien plus de la part d’Ubisoft, qui encore une fois, sacrifie la créativité et l’imagination sur l’autel de la rentabilité à court terme…

Le verdict ?


Que signifie cette pastille ?

stopwatch 5 min.