[Impressions] Saints Row IV – Un grand pouvoir implique une grande irresponsabilité

Par Corentin le

Dans Saints Row IV, on est surpuissant, on s’amuse en faisant n’importe quoi et on espère que le jeu proposera quand même un sentiment de progression digne de ce nom.

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Plus jeune, j’ai beaucoup joué à Duke Nukem 3D. Mais le must était encore d’y jouer avec des cheats code. Être invincible, invisible, pouvoir voler, avoir des munitions illimitées… Bref, être surpuissant et faire n’importe quoi.

Les cheats codes dans les jeux de l’époque jouaient un peu le rôle que jouaient les mods aujourd’hui (même si aujourd’hui, ces derniers permettent de faire beaucoup plus), mais il y a un jeu qui n’aura ni besoin de cheats ni besoin de mods tant le sentiment de surpuissance et de n’importe quoi est omniprésent et assumé. Et il s’agit de Saints Row IV.

J’ai donc pu faire le foufou avec le protagoniste du jeu, qui devient un surhomme, très tôt dans le jeu. Tel Néo, le monsieur court plus vite que Flash Gordon dans les rues, fait des bonds de géant et retombe en provoquant une onde de choc dévastatrice. Dans sa tenue noire en cuir, il maîtrise, la télékinésie, balance des blasts et peut planer quelques secondes dans les cieux.

On contrôle ainsi cette entité surpuissante et on se pose des questions existentielles comme : « Hé ! Et pourquoi je ne mettrais pas un coup de poing à cette petite vieille, là-bas, tout en courant à 200 km/h ? » et on se dit que « Ouais. On va faire ça, ouais, ça a l’air bien ».

Et on le fait. Et c’est rigolo.

SRIV_2À tel point qu’on se moquerait presque de la quête principale, ou bien des petites missions disponibles çà et là sur la carte. Dans le genre, le jeu nous propose de passer des points de passage, à un pas supersonique, dans un temps limité. On pourra également nettoyer des zones déterminées de ses ennemis, qui, bien qu’armés, ne vous résisteront pas bien longtemps. En plus, le fait de réussir ces missions vous donnera points de compétences et argent pour vous payer d’autres pouvoirs et améliorations.

Ou bien, si on préfère, on peut aussi se faire plaisir en s’achetant des tas d’armes délirantes, dont le désormais célèbre Dubstep Gun, qui permet, une fois chargé, d’envoyer des ondes sonores qui partent en rythme et qui font danser toute personne présente (et la tuant accessoirement). Surpuissant, surarmé, surSWAG, on vole des voitures. On grimpe aux immeubles. On tue les passants. Ou bien on les envoie dans les cieux et on leur tire dessus pendant leur longue parabole. On fait tout ce qui est possible de faire, juste pour voir. Ainsi on s’amuse comme un dieu fou, avec ces simples mortels, pour tromper son ennui.

SRIV_3Mais aussi divertissant que cela puisse paraître, n’est-ce pas un peu vain ? Le plaisir du jeu vient en grande partie de la difficulté que l’on a à accéder à son objectif et de la récompense que l’on obtient après en avoir bavé. C’est la notion de reward, et elle est proportionnelle à la difficulté offerte par le jeu. Ainsi, j’espère sincèrement qu’on ne finira pas par se lasser d’être ainsi omnipotent dans le jeu. Au moins dans la quête principale, dont l’histoire promet d’être au moins aussi foutraque que le reste.

Saints Row IV promet d’être vraiment délirant. Mais pour qu’il ne soit pas qu’un jeu « marrant » et superficiel, il faudra montrer qu’il est capable d’apporter un sentiment de progression et de montée en puissance. Car même si je m’amusais vraiment à utiliser les cheats codes sur Duke Nukem 3D, le vrai plaisir que j’ai pris n’est venu que lorsque je me suis affranchi de ces facilités et que j’ai fait le jeu à la régulière.

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