Google veut (encore) utiliser ses utilisateurs à des fins publicitaires

culture geek

Par Elodie le

Avec sa nouvelle mise à jour des conditions d’utilisation, Google en profite pour se servir des noms, photos et avis des utilisateurs de Google à des fins publicitaires. Facebook et Google sont passés maître dans l’art de pondre des mises à jour de leur conditions d’utilisation qui paraissent anodines et sans douleur mais qui révèlent […]

Avec sa nouvelle mise à jour des conditions d’utilisation, Google en profite pour se servir des noms, photos et avis des utilisateurs de Google à des fins publicitaires.

Facebook et Google sont passés maître dans l’art de pondre des mises à jour de leur conditions d’utilisation qui paraissent anodines et sans douleur mais qui révèlent souvent un vice aspect caché à l’intérieur.

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La dernière en date pour Facebook ? Bientôt, il sera impossible d’être invisible sur Facebook (certes, c’est un peu la vocation de ce réseau social).

Aujourd’hui, c’est à Google de faire la course en tête. Le 11 octobre, la firme de Moutain View dévoilait sa nouvelle politique concernant ses conditions générales d’utilisation. Comme à son habitude, du nouveau sans rien véritablement changer… ou presque. Avec cette nouvelle fonctionnalité, baptisée « Recommandations partagées », les photos (avatar), noms et avis seront utilisés et affichés dans des « annonces ou d’autres contextes commerciaux ».

Néanmoins, tous les utilisateurs de Google ne seront pas concernés. Seulement ceux ayant souscrit à l’un des services de la société, comme Google + notamment. Les mineurs sont automatiquement exclus (protégeons nos jeunes brebis).

Google a l’art de faire passer la pilule. Dans son mail avertissant des changements à venir, le vocabulaire est soigneusement choisi :

Le nouveau paramètre “Recommandations partagées” vous permet de CONTRÔLER l’affichage éventuel du nom, de la photo et des activités associés à votre Page dans les annonces (par exemple, les +1 que vous attribuez, les avis que vous rédigez ou les commentaires que vous publiez)

Bien entendu, il est précisé que vous pouvez désactiver cette fonctionnalité en vous rendant dans les paramètres de votre compte. Procédure souvent alambiquée et qui décourage la plupart du temps, n’est-ce pas Marky ? Mais warning préviens Google : « si vous le désactivez, certaines fonctionnalités seront peut-être indisponibles jusqu’à la réactivation du paramètre. » On en tremblerait. Tout ça pour sous-entendre que vous pourriez perdre certains avantages à désactiver cette fonctionnalité. Culpabiliser. Ou pas.

Pour justifier cette dernière, Google précise

Les recommandations provenant de vos connaissances peuvent vous aider. Par conséquent, il est possible que vos proches et d’autres utilisateurs voient apparaître le nom et la photo de votre profil ainsi que d’autres contenus, tels que les avis que vous partagez.

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Comme le précise le Monde, ces recommandations « bouche-à-oreille des temps modernes, intéressent les annonceurs. Car un consommateur sera plus enclin à se rendre dans un restaurant, à aller voir un film ou à acheter un produit si l’un de ses amis a laissé un avis positif. » Intéressant pour l’annonceur cela va de soi. Mais prenez-vous garde au like « sponsorisés » de vos amis sur les réseaux sociaux ou autres ? « Tiens, Dudule aime X, huuum il doit avoir raison, je file m’en acheter ! » Mouais.

Ces « avis » engendrent-ils véritablement un acte d’achat ? Le bouche à oreille virtuel a-t-il un réel impact ? On peut imaginer que Google a fait une étude de marché avant d’houspiller la vie privée de ses utilisateurs. Bien qu’une étude IFOP-Generix Group rapportée par l’AFP soit venue relativiser tout ça : 68% des internautes français (qui ne représentent, certes, qu’une infime partie des utilisateurs de Google) ne veulent pas de publicités sur les réseaux sociaux, la jugeant « insupportable ». Ce n’est pas un lieu d’achat pour eux. 83 % aimeraient que la publicité prenne moins de place. Doux rêve.

À peine annoncée, cette nouvelle mise à jour est déjà décriée par les internautes mais également par des associations de défense de la vie privée, comme Electronic Privacy Information Center qui, dans le Monde, proteste contre « une utilisation commerciale sans consentement ». En effet, là où Google et Facebook sont (et ont toujours été) malins, c’est que ces nouvelles fonctionnalités sont souvent prises par défaut. Pour refuser ces nouvelles options, c’est à l’internaute de faire la démarche de décocher la case autorisant la société à se servir de ses informations et non à cocher une case leur donnant cette permission.

Les modifications apportées aux Conditions d’utilisation entreront en vigueur le 11 novembre 2013. Sans action de votre part, le paramètre “Recommandations partagées” sera activé par défaut

Comme le souligne le Monde, « la résistance s’organise sur les réseaux sociaux », jamais avares de riposte caustique face à Big Brother. Ainsi, certains enjoignent les internautes à modifier leur photo de profil par celle d’Eric Schmidt, le président de Google. Il y a quelques années aux États-Unis, d’autres n’ont pas hésité à traîner ces sociétés en justice.

TermsAndCondtions

Le documentaire Terms and Conditions may apply dévoile très intelligemment les enjeux qui se font jour derrière l’accord explicite que l’on donne à ces géants d’internet lorsque l’on clique sur « Accept ». Personne ne lit les « termes et conditions », on « signe » souvent avec une extrême légèreté. D’ailleurs (et surtout), il est quasi impossible de les refuser à l’heure actuelle si l’on veut pouvoir utiliser ces services devenus monnaie courante. Notre accord leur donne libre cours pour exploiter nos données personnelles. Ce documentaire révèle leurs utilisations insoupçonnées.

En clair, si l’utilisation qui est faite de votre nom, photo, etc. par Google à des fins publicitaire vous intéresse, vous révolte, vous scandalise, bref, vous importe, NE PROCRASTINEZ PAS !

Google a mis en place une page sur laquelle il est d’ores et déjà possible d’activer ou de désactiver les “Recommandations partagées” (avant qu’elle soit effective au 11 novembre). Si vous faites le choix de la désactiver, votre conscience sera mise à rude épreuve par cet avertissement : “si vous désactivez ce paramètre, vos amis seront moins susceptibles de bénéficier de vos recommandations.” Vous êtes prévenus.