[Chronique] The Mighty Quest for Epic Loot : Ubisoft veut que le gratuit devienne payant (pour lui)

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Bien plus qu’un free-to-play lambda, il semble que The Mighty Quest for Epic Loot soit, pour l’éditeur français, le premier véritable test sur sa capacité à développer des F2P rentables et à compter dans le secteur hyperconcurrentiel de la microtransaction.

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Le petit monde du hack & slash est bien segmenté. Les joueurs les plus dingues lootent au quotidien sur Diablo III alors que les alternatifs tentent, non sans mal, de trouver des amis pour raider sur Torchlight II. Les fauchés, eux, se régalent sur l’excellent mais austère Path of Exile. Et… c’est à peu près tout. La concurrence dans le genre n’est donc pas bien farouche et ça, ça intéresse Ubi qui traîne depuis deux ans dans ses cartons TMQEL, que l’on avait previewé en détails ici-même il y a quelques mois.

MQEL_Screenshot_Open_Beta_Archer_1_FRTMQEL vient de passer en phase de bêta ouverte, et TMQEL, l’éditeur français y croit beaucoup. Parce qu’en fait, ça fait un moment qu’Ubi avance lentement mais sûrement ses pions dans les jeux à micropaiements (malgré un UPlay conspué de tous). Ghost Recon Online, Might & Magic Duel of Champions, Anno Online… Ubi commence à bien occuper le terrain et rencontre même quelques menus succès.

MQEL_Screenshot_Open_Beta_Mage_1_FRL’objectif à long terme ? Sans doute de se donner la possibilité et le poids de croquer un bout de l’immense gâteau de la microtransaction sur PC, mais aussi, et peut-être surtout, sur consoles, où le marché du F2P est encore limité en termes de choix consistants. Il devrait pourtant rapidement se développer ; pas plus tard qu’hier, on vous rapportait que les DLC et autres achats in-game de jeux consoles ont généré 352 millions de dollars en 2013. D’où la nécessité d’acquérir rapidement un savoir-faire. La boîte française avait d’ailleurs déjà tenté l’expérience avec le jeu de combat Spartacus, sur la génération précédente. Mais le présent projet témoigne d’ambitions bien plus élevées pour les prochaines années.

Pas question pour Ubi de prendre du retard dans le secteur le plus porteur du jeu vidéo. Pas plus tard que cette semaine, Tencent, l’éditeur de l’équivalent chinois de WhatsApp, a acheté 28% du studio coréen de jeux à micropaiements CJ Games pour une somme de 500 millions de dollars…

MQEL_Screenshot_Open_Beta_Room_Placement_FRPour le reste, TMQEL est un jeu plutôt réussi. Design rond et coloré, humour potache, Ubisoft a décidé de parler au plus grand nombre – et aux plus jeunes – comme l’ont fait Ankama et EA avec Dofus et Battlefield Heroes. En termes de mécaniques, TMQEL est un titre simple, efficace, et malin. Free-to-play oblige, les niveaux ne durent jamais plus de quelques minutes, histoire de ne jamais bloquer le joueur dans une longue session si l’heure d’aller dîner ou à l’école arrivait… Ubi a en tout cas clairement pris le temps de peaufiner son jeu au cours de sa longue bêta et ça se voit.

MQEL_Screenshot_Open_Beta_Runaway_1_FRBref, tout laisse à penser que TMQEL devrait bien marcher. D’abord sur PC, où le jeu est déjà disponible et a compté 1,5 millions d’inscrits en deux semaines (800 000 ont créé un château, c’est à dire qu’ils ont terminé le tuto), mais surtout probablement sur consoles. Vu comme le jeu est pensé (gros menus bien séparés, nombre de compétences utilisables limitées à 4…), nul doute qu’Ubi a l’idée d’un portage consoles derrière la tête, et tout laisse à penser que le jeu pourrait trouver son public parmi les jeunes joueurs au pad en bénéficiant de l’absence de concurrents. Et ça, les RPG nous l’ont bien appris, prendre l’initiative est toujours un sérieux avantage dans la bataille…

The Mighty Quest for Epic Loot, c’est sur PC et ça se récupère à cette adresse.