Google dénonce de nouveau un pédophile

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Par Elodie le

Google fait encore parler de lui, non pas pour son activisme (un peu trop) zélé dans le respect du droit à l’oubli, mais dans sa lutte contre la pédocriminalité. La firme vient à nouveau de dénoncer un pédophile aux autorités, utilisateur de ses services.

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Affiche du film “Polisse” de Maïwenn

Ces derniers temps, avec le remue-ménage autour du droit à l’oubli numérique dont Google se fait le héraut, on en oublierait presque le cheval de bataille prioritaire de la compagnie : la lutte contre la pédocriminalité.

En novembre 2013, sur demande du gouvernement britannique, Google annonçait la mise en place d’un « nouvel algorithme permettant de bloquer certaines requêtes débouchant sur des contenus pédopornographiques » et partageait sa volonté de travailler de concert avec l’organisation Internet Watch Foundation (IWF) et le Centre National américain pour les enfants disparus et exploités pour lutter contre la pédocriminalité.

Peu de temps après, au cours du même mois, la firme s’illustrait en dénonçant un pédophile utilisateur de Picasa qui détenait sur un compte privé deux photos illicites.

Aujourd’hui, la police texane a arrêté un homme de 41 ans pour détention et promotion d’images pédopornographiques.
De la même manière que la précédente affaire, Google a choisi d’alerter l’association National Center for Missing and Exploited Children qui a ensuite alerté les autorités compétentes selon la presse locale, dont KHOU :

La police dit que Google a détecté des images explicites d’une jeune fille dans un e-mail que l’homme a envoyé à un ami. Google a ensuite averti les autorités.

Bien que Google n’a pas souhaité s’étendre sur la technologie ayant permis la détection de ces images, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit de celle dont la firme faisait part l’année dernière, une « technique de détection d’images frauduleuses » élaborée conjointement par Google et Microsoft. Cet algorithme permet de repérer les images frauduleuses présentes dans n’importe quels services de Google. Elles sont ensuite marquées d’une « empreinte numérique unique » immédiatement identifiée à chaque fois que ces photos passent dans leur système.

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Rien d’illégal dans la démarche puisque Google explicite cela dans ses conditions d’utilisation :

Nos systèmes automatisés analysent vos contenus (y compris les e-mails) afin de vous proposer des fonctionnalités pertinentes sur les produits, telles que des résultats de recherche personnalisés, des publicités sur mesure et la détection des spams et des logiciels malveillants. Cette analyse a lieu lors de l’envoi, de la réception et du stockage des contenus.

À l’époque déjà, non sans retirer à Google le bien-fondé d’une telle démarche, certains s’alarmaient de dérives possibles. Sur la nature des contenus bloqués et/ou interdits notamment, la firme se contenterait-elle de bloquer les images à caractère pédopornographique ou élargirait-elle son spectre ? Les défenseurs de la vie privée s’interrogeaient sur « l’énergie avec laquelle Google a traqué des images potentiellement criminelles jusque dans les bibliothèques privées (et donc inaccessibles aux yeux de tous) de ses utilisateurs », mais également concernant sa neutralité technologique qu’un algorithme censeur vient potentiellement remettre en cause.

Google se justifiait alors en affirmant qu’il est de son devoir de veiller à ce que ses services ne soient pas utilisés à des fins criminelles.
L’homme en question a depuis été inculpé pour possession et promotion de pornographie infantile. Il est actuellement en prison avec une caution fixée à 200 000 dollars (environ 149 000€).

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