[Dossier comics] Tout savoir sur les Gardiens de la Galaxie sans trop se forcer

Du statut d’équipe anonyme à celle de bande de super héros déjantés qui explose le record du box-office du mois d’aout, les Gardiens de la Galaxie ont su soigner leur entrée. C’est d’autant plus beau qu’ils sont à peine plus connus des consommateurs de papier, réputés plus attentifs. Du coup, dossier spécial pour en apprendre un peu plus sur leurs origines. On est comme ça.

Guardians of the Galaxy by Patrick Brown

Ressusciter ce genre licence à l’origine assez ambiguë possède des avantages indéniables, comme celui de proposer un peu ce que l’on veut d’une itération à une autre, d’un format à un autre. Le film est efficace en cela, tremplin parfait pour les néophytes qui n’ont pas envie de s’encombrer d’une timeline poussiéreuse, imposante et parfois contradictoire.

Ce qui ne doit surtout pas nous faire perdre de vue que le groupe fête tout de même ses 45 ans cette année. Hé ouais.

D’ACCORD, MAIS QUI SONT LES GARDIENS DE LA GALAXIE ?

À l’origine, un groupe de quatre garçons dans le vent dont la première apparition remonte à Marvel Super Heroes #18 sorti en janvier 1969.

guardians1969

Comme vous pouvez le constater, la composition de cette première version n’a absolument rien à voir avec les versions ciné et bédé actuelles. Dans le contexte toutefois, l’idée reste la même : réunir de parfaits inconnus d’origine extraterrestre que tout oppose, si ce n’est une menace improvisée sur le tas et un fort instinct de survie. D’où la comparaison évidente avec les Avengers, d’où la mise en place d’un plan marketing audacieux autour d’une nouvelle licence avec de gros points communs, chapeauté et vendu comme une version co(s)mique.

L’histoire racontée en 1969 n’a pourtant rien à voir avec les réécritures modernes de Josh Whedon et James Gunn. Tout débute au 31 ème siècle dans une réalité parallèle. En mille ans la Terre a eu le temps de franchir les limites du système solaire et de se faire annihiler par les Badoons, race de méchants hommes verts conquérants et pas super sympa du moment.

De gauche à droite sur la cover ci-dessus, voici les quatre membres du roaster initial :

Major Vance Astro, l’humain de la bande et astronaute qui a passé les 1000 dernières années à voyager jusqu’à Alpha Centauri, plongé en animation suspendue. Il est vêtu d’une combinaison l’empêchant de vieillir dont il ne peut se séparer sinon, bah, il vieillit très vite et meurt ;

Charlie-27, un soldat de Jupiter issu d’un mouvement migratoire terrien cinq générations plus tôt. Son corps a été modifié pour supporter les conditions de vie de la planète. Charlie-27 est quelqu’un de super robuste et qui subit pas encore la discrimination banale du numéro de département devant le pseudo ;

Martinex T’Naga, un scientifique plutonien dont le corps est couvert de sortes de miroirs très résistants lui permettant de résister à de très hautes températures. Il peut générer un rayon réfrigérant, pratique l’été et plutôt amusant en soirées ;

Yondu Udonta, guerrier primitif originaire de Centauri IV. Clairement, c’est l’écolo de la bande qui parle aux arbres. Il se bat avec un arc et utilise des flèches conçues avec un alliage unique qui lui permet de contrôler leurs trajectoires en sifflant à une certaine fréquence.

Tous les quatre sont les derniers représentants de leur espèce, et seul le personnage de Yondu est repris dans le film, incarné par un Michael Rooker ravi d’être là.

Magie des voyages dans le temps, tous les quatre apparaissent à plusieurs reprises aux côtés des super héros bankables de l’époque (Captain America, La Chose, Thor). Puis, un beau jour, sur les coups de juin 1990, ils sont enfin réunis dans leur propre titre : Guardians of the Galaxy v1.

guardians1990

Leurs aventures se déroulent toujours au 31ème siècle, au fin fond de l’espace à mater des menaces de tous poils. Le groupe s’agrandit de quelques membres à la manière des Avengers aux multiples formations. Tout va pour le mieux jusqu’à l’arrêt du titre après 62 numéros, en 1995.

Magie des changements éditoriaux et des films qui explosent des records d’entrée, toute la fine équipe des origines revient dès le mois d’octobre de cette année dans Guardians 3000, leur propre titre, second titre estampillé « Guardians » en marge du titre actuel (Guardians of the Galaxy v3). Les fans seront ravis : la série sera scénarisée par Dan Abnett, l’un des cerveaux derrière le retour des Guardians tels que nous les connaissons (la v2), en 2008.

guardians 3000

Attends, attends… v1, v3, v2, v3000, version ciné ? JE NE COMPRENDS RIEN. Ils sont où les ratons-laveur-flingueur et les arbres autistes ?

Comme toujours dans les comics : c’est un peu compliqué.

Les cinq membres que nous présente la version ciné sont issus d’une nouvelle version de l’équipe, conséquence directe du cross-over cosmique Annihilation. Grosso modo, il s’agit d’une giga guerre intergalactique qui réunit toutes les figures cosmiques du monde Marvel (Silver Surfer, Drax, Nova, Super Skrull, Ronan l’accusateur, Quasar, etc.) contre les vagues d’Annihilus, une sorte d’insectoïde très énervé contre tout ce qui bouge et respire de ce côté de l’univers.

Le monstre vaincu, une partie des vainqueurs décide de continuer à régler tous les petits tracas de l’espace dans Guardians of the Galaxy v2 en 2008.

guardiansv2

Comme la v1, ce qui se présentait comme une réunion désespérée autour d’une cause commune devient le point de départ d’un groupe hétéroclite, composé de nouvelles têtes : Star-Lord, Rocket Raccoon, Quasar, Mantis, Adam Warlock, Gamora Drax et Groot.

Quoique, nous verrons un peu plus bas qu’ils n’ont rien de nouveau.

Fun fact fun : le titre porte le nom de “Guardians of the Galaxy” mais l’équipe n’adopte ce nom qu’un peu plus tard, en retrouvant le Major Vance Astro (l’un des membres de la v1) dans un bloc de glace issu d’une faille temporelle, dès les premiers numéros de la v2. Clin d’oeil très appuyé à Captain America, aux Avengers, au cas où vous n’auriez pas bien saisi la référence. D’ailleurs les membres de la v1 viendront faire un petit coucou pour boucler la boucle.

Succès plus éphémère : en 2010, au bout de 25 chapitres et quelques spin offs, la série s’arrête. En parallèle la phase 1 des films Marvel se met gentiment en place, Avengers est en tournage. Les premières bases d’un plan machiavélique sont posées, les personnages peuvent retourner hiberner en attendant qu’on leur prépare un retour en fanfare.

GotG v2

Seulement 25 chapitres (contre 62 pour la première mouture), mais c’est un fait : Peter Quill, Rocket Racoon, Gamora, Drax et Groot, les cinq membres les plus récurrents de la formation, font partis intégrante de la marque “Guardians of Galaxy”. À tout jamais.

La suite, vous la connaissez, le film est en chantier et Marvel Now! ressuscite le concept pour supporter le casting. Guardians of the Galaxy v3 voit le jour en avril 2013, centré autour de nos cinq losers magnifiques. Plus Iron Man dans une armure de l’espace dernier cri, le temps de quelques numéros.

SUPER COOL ÇA NE ME DIT PAS D’OÙ VIENT LE RATON, L’ARBRE, LE ROUQUIN ET LES PERSOS TOUT VERT !

Avant de rejoindre la v2, bien avant la période Annihilation, les membres de ce groupe qu’on nous vend depuis un bon moment ont commencé leur carrière chacun de leur côté, dans les années 60-70, comme tout bon classique de l’écurie Marvel qui se respecte.

Accrochez vous, ce qui suit peut être visuellement assez violent.

tales to astonish 13

Avant de réussir l’exploit d’être l’homme-tronc le plus choupi de la galaxie, Groot n’était qu’un envahisseur alien parmi tant d’autres dans les années 60. Originaire de la Planète X, avec un fort penchant pour l’expérimentation sur les êtres humains, il sera au final complètement réécrit et perdra au passage quelques mots de vocabulaire.

Incredible Raccoon

Saviez-vous que Rocket Raccoon est inspiré de la chanson des Beatles Rocky Raccoon ? Moi non plus, merci Wikipedia des internets. Il portait toutefois le même prénom, Rocky, durant sa première apparition en 1976 dans Marvel Preview 7, avant d’être définitivement renommé en Rocket pour éviter tout problème de droit.

Plus tard, dans The Incredible Hulk 271, on en apprend un peu plus : Rocket Raccoon est originaire du Halfworld, un monde peuplé d’animaux conscients qui ont subi des expériences pour se comporter comme des humanoïdes.

Le reste est assez classique : Hulk s’associe à Rocket Raccoon, le raton laveur qui parle, et son pote Wal Rus (un morse qui parle) pour lutter contre Judson Jakes, un industriel peu fréquentable, et accessoirement, une taupe qui parle.

Heureusement, Rocket Racoon s’échappe très vite de ce joli foutoir pour devenir le flingueur intersidéral que tout le monde connaît.

rocket raccoon skottie young

Les lois du marketing se sont chargées du reste de sa destinée : une apparition dans le prochain Disney Infinity 2.0, un dessin animé GotG en cours de réalisation et sa propre série papier, écrite et illustrée par Skottie Young, l’homme derrière les Baby Variant Covers des titres estampillés Marvel Now!

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Les origines de Drax sont de très loin mes préférées.

D’origine terrienne, Arthur Douglas rentrait tranquillement d’un show d’Elvis Presley à Las Vegas avec sa petite famille. Sur la route il tombe nez à nez sur Thanos, fraîchement débarqué sur Terre, à bord de son vaisseau spatial toutes options. Ce dernier, plutôt susceptible de s’être fait surprendre, atomise sa voiture et laisse le pauvre homme et sa famille pour mort. Mentor, le père de Thanos, assiste à la scène et parvient à canaliser l’âme de monsieur Douglas avant qu’elle ne disparaisse dans une autre dimension. Avec l’aide de son père Kronos (le père de Mentor et le grand-père de Thanos), il lui donne une seconde chance en le faisant renaître dans le corps d’une véritable machine à tuer pour se venger.

Annihilation et le film ne retiendront que cette équation, plus simple :

drax vs thanos

Et Gamora, dans tout ça ? Voici sa première apparition.

strange tales 180 - gamora

Elle apparaît bien pour la première fois dans Strange Tales 180 aux côtés de Warlock (un personage cosmique d’importance, l’équivalent pipou de Thanos et l’un des easter eggs les plus prometteurs du film). Comme dans le film elle n’usurpe pas son titre de « femme la plus dangereuse de la galaxie », à la seconde où elle apparaît. Il faut dire qu’elle a été recueillie, entraînée et modifiée génétiquement par Thanos. Ça fait toujours bien sur le C.V.

Bien entendu, ce n’est pas elle sur la cover ci-dessus.

Thanos, Thanos… Le mec tout violet ?

C’est ça.

Drax et Thanos sont en quelque sorte les éléments à l’origine du film. En 2004, deux mini-séries liées à ces deux personnages ont servi d’introduction à la grande saga imaginée en grande partie par Dan Abnett et Andy Lanning, le fameux cross-over Annihilation, qui a remis tout le gratin du cosmos sur le devant de la scène.

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Thanos, le mec tout violet à la fin de The Avengers, l’ennemi numéro 1 de l’univers Marvel depuis près de 40 ans, le possesseur du gant de l’Infini dont nous avons aperçu l’une des six gemmes (la gemme de l’esprit) dans The Guardians of the Galaxy.

Thanos, natif de Titan, amant de la Mort et chambouleur du cosmos à ses heures perdues pour l’impressionner.

thanos thanos

On se dirige de plus en plus vers un final explosif contre Thanos himself dans The Avengers 3 en 2018. Entre temps il fera très certainement reparler de lui dans le second Guardians of the Galaxy prévu pour 2017.

Il en manque un, non ?

star-lord

Peter Quill alias Star-Lord. Mi-humain, mi-autre chose.

Avant d’être la parfaite réplique d’Han Solo, Peter Quill se présentait dans Marvel Preview 4 comme un personnages aux origines surnaturelles, né pendant un phénomène astrologique très rare. « Retconné » dès le lancement de la v3 il y a un peu plus d’un an, Peter perd ce côté exagérément providentiel pour devenir un personnage plus consensuel, plus facilement identifiable aux canons du cinéma moderne. Une sorte de John McClane de l’espace, celui qui tombe au mauvais moment, systématiquement sur le mauvais extra-terrestre.

Nota bene : un retcon est une réécriture des origines. On y insère des éléments ni vus ni connus ou on y change des pans entiers de l’histoire dudit personnage. Cela arrive de plus en plus souvent pour redonner un coup de fouet à des éléments un peu vieillots, plus très raccords avec le monde moderne. Ou plus bêtement, pour coller avec ce que nous raconte la version ciné. Je ne vous cache rien, les rôles se sont inversés et les comic books sont devenus les produits dérivés des films. C’est comme ça.

En attendant, le comic book n’attend que trois pages pour faire les présentations père/fils.

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L’histoire et le film conservent toutefois le même point de départ tragique : une mère qui disparaît violemment au début pendant que papa s’amuse dans les étoiles. Le film ne pouvant reprendre les Badoons pour des questions de droit, on nous ressort le coup du cancer. Rebutant pour une entrée en matière, mais pas si maladroit sur le long terme avec le coup de l’Awesome Mix. Le personnage s’ancre d’une autre manière dans un conflit irrésolu avec le père, peu importe où il est planqué finalement.

Aucun doute sur le fait que Guardians of the Galaxy 2 devrait nous donner des indices sur le personnage. En attendant, Star-Lord se paie aussi le luxe d’apparaître dans sa propre série régulière depuis peu.

star-lord skottie

Maintenant vous savez tout. Place à quelques lectures au coin du feu :

L’Intégrale VF des Gardiens de la Galaxie : les premiers Gardiens, de 1969 à 1977 ;

Rocket Raccoon & Groot: Complete Collection : les origines des personnages, une mini-série sur Rocket Raccoon dessiné par Mike Mignola (Hellboy) et les dernières incursions du duo avant le relaunch Marvel Now! ;

The Infinity Gauntlet : l’instant magique où cette attention whore de Thanos met tout le cosmos d’accord (existe aussi en VF) ;

Annihilation Omnibus : la saga complète qui a relancé le cosmique chez Marvel en un giga pavé (plusieurs Deluxe en VF) ;

Guardians of the Galaxy v2 : la série qui réunit pour la première fois les personnages emblématiques du film (par ici pour la VF) ;

– Guardians of the Galaxy v3 tome 1 / tome 2 : le retour de la série version Marvel Now! (tome 1 en VF).

Have fun 🙂

cette bouille putain