Le « Kill switch » obligatoire en Californie dès juillet 2015

Smartphone

Par Elodie le

Après le Minnesota en mai, l’État de Californie vient de voter une loi obligeant les constructeurs à intégrer une fonctionnalité « kill switch » sur leurs terminaux. Celle-ci doit permettre l’effacement des données à distance ou le blocage de l’appareil. Cette avancée, censée apporter une solution à la multiplication des vols de smartphones, ne fait pas que des heureux.

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Un smartphone volé et ce sont d’innombrables données qui sont laissées aux mains de parfaits inconnus. L’État de Californie vient d’apporter une solution. Son gouverneur, Jerry Brown, a validé une loi qui prévoit d’imposer aux constructeurs l’intégration d’une option « kill switch » pour tous les terminaux vendus dans l’État à compter du 1er juillet 2015.

Le but est d’endiguer la vague de vol de smartphones. Néanmoins, certains constructeurs n’ont pas attendu la loi pour proposer ce type de service. Apple notamment, depuis iOS 7 et la révision de « Find my phone ». Le procureur général de la ville de New York, Eric Schneidermann, en avait d’ailleurs fait la promotion arguant que les vols d’iPhone avaient diminué de manière significative en une année depuis son déploiement.

D’autres constructeurs comme Google et Microsoft ont annoncé vouloir inclure cette fonctionnalité dans leurs futurs terminaux. Sur Android, « Reactivation Lock » permet de verrouiller son téléphone dès lors qu’il a été subtilisé ou perdu.
Cependant, certains constructeurs voient d’un mauvais l’œil l’intrusion du pouvoir dans leur business, d’autant qu’en avril, un consortium de constructeurs (Apple, Samsung, Microsoft, Google, Nokia, HTC et Motorola) s’étaient unis autour d’un accord prévoyant la généralisation de ces services. Ils jugent donc cette loi inutile et contraignante.

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La fronde est plus pugnace du côté de l’EFF (Electronic Frontier Foundation) pour qui cette loi n’a pas lieu d’être. Dans un communiqué, après avoir rappelé que « la technologie va vite et que la loi est lente », l’EFF conteste pour trois principales raisons :

1- Les technologies existent déjà, pas besoin de légiférer et rendre obligatoire ce type de fonctionnalité
2- Le risque d’abus de la part des acteurs gouvernementaux (force de l’ordre notamment) qui se sont déjà illustrés en la matière
3- La loi reste floue sur certains points cruciaux. Ainsi, si la loi impose « Kill switch », elle ne prévoit pas son activation par défaut. De même, elle ne précise que les « caractéristiques essentielles » qui devront être supprimées ou désactiver, comme les « communications vocales, les sms, et la navigation sur Internet, y compris la possibilité d’accéder et d’utiliser des applications logicielles mobiles ».

La loi prévoit également que le « kill switch » puisse être réversible s’il est effectué par un « utilisateur autorisé ».

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