#OpAntiRep, Anonymous cible la gendarmerie française

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Par Elodie le

Après le Ku Klux Klan, Anonymous s’attaque à la gendarmerie et aux forces de police. En marge des manifestations du week-end dernier contre les violences policières suite au décès de Rémi Fraisse tué par une grenade offensive alors qu’il manifestait contre le projet du barrage de Sivens (Tarn), Anonymous lance son opération « anti-répression » sous le hashtag #OpAntiRep.

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Après une campagne menée contre la confrérie du Ku Klux Klan qui a fait le tour de la toile, celle opérée mondialement contre « les répressions policières » et baptisée #OpAntiRep, promet de faire de même.

Dans un communiqué publié le 18 novembre et diffusé en 3 langues (anglais, français, italien), le mouvement Anonymous explique le pourquoi d’une telle action et l’inscrit dans le cadre plus large de la journée internationale contre les violences policières :

L’appel a pour origine des collectifs -occupants de différentes ZAD (Zones à défendre)- suite au décès par grenade offensive d’un étudiant en écologie lors d’un rassemblement.

Le groupe cible ensuite directement les policiers pour leur gestion de l’affaire, eux qui « ont été au courant de sa mort après 7 minutes mais ont été maintenus silencieux par les autorités incompétentes pendant qu’ils cherchaient à incriminer les « violents opposants » ».

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Partout dans le monde, de nombreux camarades ont été tués ou blessés par leurs armes dans des manifestations contre l’oppression de ces gouvernements, sous la pression du monde capitaliste qui veut imposer ses projets de société. Nous n’oublions pas ceux qui sont tombés, et ne pardonnons pas leurs meurtres.

Ils annoncent ainsi, les attaques à venir : « Certains, plus radicaux, individus ou factions d’Anonymous, ont décidé de synchroniser des actions online avec la protestation dans la rue ce jour ! Nous les avons nommées « Opération Anti Répression ». Nous devons informer le peuple par toutes les tactiques possibles. »

Samedi 21 novembre, au matin, les hostilités ont pu commencer. Un groupe affilié aux Anonymous, Anonbloc, a mené les opérations françaises.
Voici un récapitulatif des attaques menées et des données récoltées

– Anonymous Vs CRS : grille de rémunérations, manuel d’utilisation des voitures utilisées par les CRS, règlement intérieur et beaucoup plus sensible, planning « prévisionnel de positionnement et de relève des CRS en France pour l’ensemble de leurs missions permanentes au cours de l’année 2014 » (Numerama) pour le 4e trimestre sont récoltés et diffusés ;
– attaques DDOS sur une vingtaine de sites ;
– piratage de sites/forum et DDOS : le syndicat de police Alliance ; le forum du site –non officiel– des réservistes de la Gendarmerie qui met en relation réservistes et candidats, de plus sa base de données semble avoir été piratées et les informations personnelles (noms, emails, adresses IP et mots de passe) de quelques 2000 membres recueillies et publiées sur la toile. Le site est toujours HS aujourd’hui, sauf le forum qui est de nouveau accessible.

– le site de l’Association nationale des officiers de réserve de la Gendarmerie nationale (Anorgend). Jusqu’à hier, vidéos et photographies de violences policières illustraient la page d’accueil du site. Une base de données avec les mots de passe de certains membres a également été publiée, comme le précise Numerama.

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Le contexte des derniers mois fait terriblement écho aux actions menées ces derniers jours, avec en toile de fond les violences policières et le spectre du racisme.
Aux États-Unis notamment où hier encore la ville de Ferguson attendait les conclusions du grand jury devant décider si le policier ayant abattu le jeune afro-américain Michael Brown, le soir du 9 août alors qu’il était non armé, serait poursuivi ou pas. À l’énoncé de la décision, ce sont de nombreuses villes américaines qui s’embrassaient : Ferguson, Chicago ou encore Los Angeles et New York notamment.

Un dramatique fait divers qui en rappelle un autre, celui du jeune Trayvon Martin. Ce jeune noir de 17 ans tué le 13 juillet par George Zimmerman alors qu’il se rendait chez son père. Son acquittement avait soulevé l’indignation et reposé la question du racisme et du port des armes, considéré comme un droit inaliénable aux États-Unis.

Et ce samedi 22 novembre, date à laquelle Tamir Rice, jeune garçon de 12 ans a été abattu par la police pensant qu’il était armé. L’arme qu’il avait à la main se révéla factice.

Des attaques en ligne contre des sites de police ont également eu lieu en Italie.