Ross Ulbricht, fondateur de Silk Road, appelle à la clémence

culture geek

Par Elodie le

Dans l’attente de sa sentence qui doit tomber demain, vendredi 29 mai, Ross Ulbricht, le fondateur de Silk Road, autrement nommé « l’eBay de la drogue » s’est exprimé et demande la clémence afin de profiter de ses « vieux jours ». Vœu pieux ?

silk_road_clémence_sentence

Reconnu coupable en février de sept chefs d’accusation dont blanchiment d’argent, entreprise criminelle et trafic de stupéfiants pour avoir été à la tête du site Silk Road, surnommé l’eBay de la drogue, Ross Ulbricht attend sa sentence. Dans une lettre adressée à la juge Katherine Forrest, le jeune homme réclame la clémence.
« S’il vous plaît, laissez-moi mes vieux jours », plaide-t-il. Une demande qui a peu de chance d’être entendu au vu des charges qui pèsent contre lui.

Entre janvier 2011 et octobre 2013, date de son arrestation à San Francisco par le FBI, Ulbricht gérait un supermarché en ligne de tout ce que qui se fait d’illicite : faux passeports, drogues, armes, etc. Grâce à cette entreprise lucrative, 13 000 offres d’achat de drogues étaient répertoriées sur le site au moment de sa fermeture, il aurait amassé quelque 18 millions de dollars (environ 14 millions d’euros).

Également soupçonné d’avoir commandité 6 assassinats (aucune preuve n’a été apportée, ni aucun corps retrouvé), « Dread Pirate Roberts », son pseudo sur Silk Road, risque la prison à vie. Cependant, selon le New York Times, le ministère public n’aurait pas requis la peine maximale, soit la prison à perpétuité, mais tenterait tout de même de convaincre la juge qu’il mérite une peine « sensiblement supérieure à la peine minimale obligatoire de 20 ans » afin « d’envoyer un message clair » à tous ceux qui envisageraient de prendre la relève dans le Dark web. Les administrateurs d’Evolution, le plus grand marché de la drogue en ligne, ont dû sentir le vent tourner puisqu’ils se sont envolés avec la caisse voilà deux mois. Aussitôt remplacé par Agora.

silk_road_dark_web

Dans sa lettre, le libertarien de 31 ans assure qu’il « pensait à l’époque, que les gens devaient avoir le droit d’acheter et de vendre ce qu’ils voulaient, dès lors qu’ils ne faisaient pas de mal à autrui. Silk Road s’est révélé être une idée très naïve et coûteuse, que je regrette profondément ».

Son procès a soulevé nombre de questions, notamment sur la manière dont le FBI est remonté à lui. Une enquête complexe et sinueuse. Ainsi, deux agents fédéraux travaillant sur l’affaire ont été formellement accusés de corruption par le Département de la Justice.

« S’il vous plaît laissez-moi une petite lumière au bout du tunnel, une excuse pour rester en bonne santé, une excuse pour rêver à des jours meilleurs et une chance de me racheter dans le monde libre avant de rencontrer mon créateur » a-t-il encore plaidé dans sa lettre.