Critique : Pan, le volet qu’il manquait ?

Cinéma

Par Mathieu le

Découvrez la légende de Peter Pan. Voilà ce que l’on nous décrit lorsque l’on regarde quelques instants l’affiche de Pan, le nouveau film basé sur le personnage et l’univers créés par l’auteur écossais J. M. Barrie. Il est vrai que l’on ne connait pas vraiment l’histoire de Peter Pan, si ce n’est à travers le dessin animé de Walt Disney, sorti en 1953 et le film Hook avec le regretté Robin Williams, sorti en 1992. Mais qu’en est-il de sa jeunesse, avant qu’il ne devienne cet enfant qui ne souhaite pas grandir et demeure au Pays imaginaire à combattre le Capitaine Crochet et ses acolytes ?

C’est là l’objectif que se fixe Pan, le premier blockbuster confié à Joe Wright, réalisateur britannique de 43 ans, surtout réputé pour Orgueil et préjugés et Reviens-moi, des films dramatiques mêlant romance et comédie purement british. Avec à l’affiche, un Hugh Jackman attendu dans le rôle de Barbe Noire, mais aussi la belle Rooney Mara (Millenium, Her) et Garrett Hedlund (Tron l’héritage, Invincible), Pan peut-il être le film du moment à aller voir avec ses enfants ?

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Une histoire intéressante mais…

Sans trop revenir sur l’histoire pour ne pas vous spoiler les quelques passages de l’intrigue et les retournements de situations, sachez que vous ne serez pas surpris par l’arc narratif emprunté par ce long-métrage. Pour plaire à tout le monde, l’histoire se veut quelque peu classique et nous raconte donc la jeunesse d’un Peter Pan qui est à la recherche de sa maman qui l’a abandonné étant jeune mais qui l’aime encore, il en est certain. En clair, il veut la retrouver. Le film commence donc avec un Peter qui ne sait pas qu’il existe un Neverland et qui vit avec ses camarades dans un orphelinat lugubre et peu accueillant. Très vite, les hommes de Barbe Noire viennent les enlever pour une raison que je ne vous donnerais pas et c’est ainsi que l’on fait la connaissance du premier véritable ennemi de notre héros.

Rapidement, il va faire la rencontre de James Crochet qui va devenir…son ami. Ensemble, ils vont donc devoir retrouver les traces de sa mère, combattre l’infâme Barbe Noire, etc, etc. Voilà. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus pour ne pas vous gâcher les quelques surprises de ce long-métrage, qui reste bien trop classique et entendu alors qu’on attendait peut-être, à l’instar d’un Alice au pays des merveilles, qu’il nous surprenne et nous sorte des sentiers battus. Oui, vous allez sortir du film en apprenant plusieurs choses sur la jeunesse de Peter – un prequel à ses aventures -, mais ne vous attendez pas à un choc historique et à des annonces bouleversantes, changeant complètement notre opinion sur son histoire. En cela, le long-métrage fait une première erreur, pas fatale, mais dommageable.

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Qui pour sortir du lot ?

D’ordinaire, je parle des acteurs en dernier, mais ce point est tellement important dans Pan, qu’il me faut l’aborder tout de suite. Sachez-le, le long-métrage de Joe Wright est bourré de dialogues d’une infâme bêtise et d’acteurs qui ne jouent pas correctement. Mis à part Hugh Jackman qui réussit à sonner juste dans un rôle qui ne lui sied guère, le reste du casting est affolant de niaiserie. Levi Miller, qui joue Pan, le personnage au centre de tout, est très vite effacé et sa prestation est loin d’être mémorable. Il ne nous touche jamais et l’envie nous démange de lui demander d’arrêter de pleurnicher tant il nous met mal à l’aise. Rooney Mara, qui interprète Lily la tigresse, a tout simplement l’air d’une cruche et Garrett Hedlund dans le rôle de Crochet, le futur pire ennemi de Peter, passe pour un boulet.

Les dialogues sont parfois d’une naïveté sans égal et on sent bien que les producteurs ont demandé un film TOUT PUBLIC, aisément compréhensible pour les plus petits. Ajoutez à cela des instants étranges, comme le moment où Hugh Jackman se met à chanter Smells Like Teen Spirit de Nirvana et vous obtenez des passages plus dignes d’une comédie parodique que d’un blockbuster familial. Pour finir, précisons tout de même que Cara Delevingne, qui joue le rôle de Marmaid (la sirène), apparaît environ 38 secondes à l’écran (j’ai compté). Faible pour une actrice qui a tout de même fait la promotion du film dans le monde…

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Des références et une suite ?

Par moment, Pan m’a semblé être un Mad Max pour enfants. Dans ses décors, dans sa perception de la loi du plus fort et même dans la tournure des plans, Joe Wright s’est librement inspiré des films de George Miller. Mais c’est, je vous l’assure, le seul point commun. Pour le reste, de nombreuses références sont faites quant au futur de Peter Pan, son histoire et sa relation avec Crochet : il est clair que Warner Bros compte (ou comptait) faire de Pan une saga ou tout du moins une trilogie. La scène de fin laisse clairement entendre une suite puisque le long-métrage ne nous explique pas encore tout des aventures du jeune garçon qui vole.

Néanmoins, les (très) mauvais résultats au box-office américain devraient changer la donne (mais là n’est pas le contexte). Bref, Pan est un film dynamique, plein de bonne volonté et qui tente, par à-coups de vous éclaircir sur les questions de votre jeunesse.

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Conclusion :

Non, Pan n’est pas un grand film ni un renouveau pour les aventures de ce cher Peter. Divertissement agréable, sans plus, prenant le spectateur pour plus naïf et bête qu’il n’est, le long-métrage de Joe Wright est bourré de fautes de goût qui ne passent pas. Pendant près de deux heures, on suit un film qui se prétend blockbuster, mais qui, sans ses « stars », n’est rien de plus qu’un téléfilm à gros budget.

Dommage, certains passages dénotent d’une certaine envie de se démarquer, mais le retour à la réalité et aux envies du réalisateur (et de la production) d’être un film familial à tout prix font trop mal pour vous faire payer votre place. Après, si on vous invite et que vous avez déjà vu les autres films du moment, pourquoi pas…