Bad buzz pour la campagne publicitaire de Airbnb à San Francisco

Business

Par Elodie le

Placardée un peu partout en ville, cette campagne d’affichage d’airbnb s’est attiré les foudres des habitants, dénonçant le caractère agressif des conseils prodigués. La firme a fait marche arrière.

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Tout conseil est bon à prendre. Les habitants de San Francisco ne seraient bien passés de ceux prodigués par Airbnb sur les abribus et autres PVL de la ville. La firme a en effet lancé une campagne d’affichage sous forme de lettre ouverte aux bibliothèques municipales, travaux publics et écoles de la ville les incitant à utiliser les 12 millions versés par Airbnb chaque année au titre de la taxe hôtelière à bon escient.

« Chères bibliothèques, nous espérons que vous utilisez un peu des 12 millions de dollars de taxe de séjour pour ouvrir vos établissements un peu plus tard le soir » peut-on ainsi lire sur l’une d’entre elles.

Des affiches similaires réclament plus de pistes cyclables, de planter des arbres ou de laisser « l’art dans les écoles ». Des conseils vite dénoncés par les locaux qui les considèrent comme condescendants, voire agressifs.

Une professeure d’université a repéré la campagne et l’a aussitôt dénoncé sur Facebook, son post a été partagé plus d’un millier de fois, comme le rapporte le San Francisco Weekly :

« Cher Airbnb, je suis très heureuse d’apprendre que tu as payé tes impôts. Moi aussi ! Par contre, j’ai bien calculé et j’ai une mauvaise nouvelle : sur tes 12 millions de dollars de taxes, seul 1,4 % revient aux bibliothèques (…) Ça ne permettra de les garder ouvertes qu’une ou deux minutes de plus par jour. »

Dear Airbnb,I’m happy to hear that you paid your taxes this year. I did too! Isn’t it awesome? However, I’ve…

Posté par Martha Kenney sur mercredi 21 octobre 2015

Et Martha Kenney de rappeler à Airbnb que les 8 millions dépensés pour contrer la « proposition F » présentée par la mairie de San Francisco aurait fait une « réelle différence » s’ils avaient été donnés aux bibliothécaires.

La ville est partagée sur le référendum Airbnb qui doit avoir lieu le 3 novembre. La proposition F entend interdire aux habitants de louer tout ou partie de leur bien à un particulier plus de 75 nuits par an mais également obliger la plateforme et les hôtes à déclarer les transactions effectuées.

Une bibliothécaire s’est également sentie visée et n’a pas tardé à réagir sur son compte twitter :

Face au début de polémique, Airbnb a bien tenté de réagir : « Notre intention était de montrer la contribution de nos hôtes et de nos invités à la taxe hôtelière, qui est d’environ un million de dollars par mois », a prétexté Airbnb avant de concéder que « Le ton n’était pas bon et nous présentons nos excuses à toutes les personnes choquées ».

« Nous enlevons nos affiches immédiatement », a alors affirmé le porte-parole de la société, Christopher Nulty.

Airbnb est de plus en plus contesté dans les villes où la firme est implantée, notamment sous la pression des hôteliers qui y voient une concurrence déloyale.

1ère ville Airbnb du monde en termes de locations, la ville de Paris bénéficie de la taxe de séjour collectée par la plateforme depuis cet été. Une manne de 10 millions d’euros pour 2016 selon les premières estimations.

Wow.

Une photo publiée par Eric Eberhardt (@idontlikewords) le

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