
À 285 voix contre 281 jeudi 29 octobre, le Parlement européen a voté unerésolution en faveur d’Edward Snowden, l’ancien agent de la NSA ayant dévoilé le système de surveillance de masse de la NSA, et réfugié en Russie depuis plus de deux ans maintenant.
Les députés européens incitent donc les États membres à « abandonner toute poursuite contre Edward Snowden, à lui offrir une protection et à empêcher en conséquence son extradition ou sa restitution par une tierce partie, en signe de reconnaissance de son statut de lanceur d’alerte et de défenseur international des droits de l’homme ».
Le lanceur d’alerte ne semblait d’ailleurs pas y croire :
Hearing reports EU just voted 285-281, overcoming huge pressure, to cancel all charges against me and prevent extradition. Game-changer.
— Edward Snowden (@Snowden) 29 Octobre 2015
Jusqu’à la confirmation officielle.
Extraordinary. Reports appear to be true.
https://t.co/rQtDHfYTyj pic.twitter.com/AfYm86eGwy— Edward Snowden (@Snowden) 29 Octobre 2015
S’il se félicite du vote, il temporise tout de même en affirmant que ce n’est pas un affront fait au gouvernement américain, mais une « main tendue » accordée par « des amis ». « C’est une chance pour aller de l’avant », conclut-il.

Par ailleurs, les députés se réjouissent également de la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) invalidant le Safe Harbor, estimant que « Cette décision a confirmé la position de longue date du Parlement au sujet de l’absence d’un niveau adéquat de protection avec cet instrument ».
Ils appellent donc la Commission européenne, chargée d’élaborer un nouveau traité avec les États-Unis à « prendre immédiatement les mesures nécessaires pour assurer que toutes les données personnelles transférées aux États-Unis soient soumises à un niveau efficace de protection qui serait équivalent à celui garanti dans l’UE ».
Le Parlement s’est également dit inquiet des « récentes lois dans certains États membres qui étendent les capacités de surveillance des organes de renseignement », au Royaume-Uni et en France notamment où le Sénat vient d’adopter la loi sur la surveillance des communications électroniques internationales.
Si la résolution est un joli coup politique et médiatique, il a peu de chance d’être suivi d’effet : Gleen Greenwald avait déjà révélé les pressions exercées par l’administration américaine contre l’Allemagne afin qu’elle n’accorde pas l’asile politique au jeune whistleblower . La France quant à elle avait refusé d’ouvrir son espace aérien à l’avion présidentiel bolivien soupçonné de cacher à son bord un Snowden en fuite, l’avion avait dû opérer une escale forcée en Autriche, suscitant un tollé international et l’embarras de la diplomatie française.
Si la ministre de la Justice Christine Taubira s’est toujours dite favorable à l’asile politique d’Edward Snowden, le gouvernement français s’y est toujours refusé.
Julian Assange quant à lui s’est vu opposer une fin de non-recevoir à sa demande informelle d’asile politique cet été.