La nouvelle Barbie connectée est-elle dangereuse ?

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Par Elodie le

Connectée à Internet et pourvue d’un micro et d’un haut-parleur, la nouvelle Barbie attise les craintes quant aux détournements qui pourraient en être fait, par des personnes mal intentionnées.

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Disponible depuis début décembre aux États-Unis pour 75 dollars, « Hello Barbie » est censée signer la reconquête de la poupée Mattel, dont les ventes baissent depuis trois ans, fortement concurrencée par Hasbro, dans le cœur des jeunes enfants.

À cette fin et afin de répondre aux demandes de jouets toujours plus connectés ‘Hello Barbie’ est connectée à internet (via Bluetooth ou WiFi) et est dotée d’un micro et d’un haut-parleur. C’est cette particularité qui inquiète l’association de protection de l’enfance Commercial-Free Childhood (CCFC). Celle-ci mène des campagnes de prévention pour tenir les enfants le plus éloignés possible des publicités et des intérêts mercantiles des entreprises qui font des enfants des cibles marketing.

« Les enfants se confient à leurs poupées et révèlent des détails intimes sur leurs vies, mais « Hello Barbie » ne va pas garder ces secrets ». En effet, les données reçues par la Barbie sont collectées et stockées sur des serveurs, puis analysées afin que la poupée puisse répondre à la requête formulée par l’enfant.

« Tout ce que votre enfant dit est transmis à des serveurs distants où tout sera stocké et analysé par ToyTalk, le partenaire technologique de Mattel. Les employés de ToyTalk et les sociétés partenaires écoutent les enregistrements des conversations de vos enfants, or, ToyTalk ne veut même pas révéler qui sont ces partenaires », s’inquiète alors le groupe de protection de l’enfance dans un communiqué.

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Et la CCFC d’énumérer les raisons de son courroux, parmi elles :

— Les conversations entre Barbie et l’enfant ne sont pas privées

— Hello Barbie est-elle l’amie de l’enfant ou un agent commercial ?

Si Mattel assure qu’il n’y aura pas de publicités au sein d’Hello Barbie et que les conversations ne seront pas utilisées à des fins de publicités ciblées, la CCFC pointe du doigt le script de la poupée programmé de telle sorte que Barbie puisse parler de culture pop, des derniers films sortis ou discourir à propos de ses sœurs : poupées également disponibles à la vente sur Mattel. Quid de la façon dont l’entreprise choisira les artistes ou nouveautés à mettre à l’honneur ?

— Barbie sape la créativité de l’enfant

L’enfant devrait être le seul à choisir la teneur de la conversation qu’il a avec sa poupée, sans être guidé d’une quelconque manière.

— La poupée est vulnérable aux violations de données

Tout système relié à Internet, par WiFi ou Bluetooth, est susceptible d’être hacké. Hello Barbie « pourrait représenter une cible tentante pour les pirates informatiques, qui pourraient accéder à travers la poupée à des données conservées par votre famille sur des appareils et des réseaux domestiques ». Ce que ToyTalk, prestataire technologique de Mattel qui stocke et analyse les données, a reconnu. Tout en précisant que « de nombreuses options de sécurité ont été intégrées » dans la poupée.

Cette année, des hackers ont démontré qu’il était très simple de prendre le contrôle d’une poupée connectée Cayla pour changer sa liste de mots autorisés et lui faire dire de vilaines choses.

« À notre connaissance, personne n’est parvenu à s’emparer de mots de passe WiFi ou des enregistrements audio des enfants », précise encore le ToyTalk sur son blog.

Sur son site Toy Talk précise également que l’historique des conversations peut être « supprimé à tout moment » et que les « conversations de vos enfants avec Barbie ne sont pas utilisées à des fins publicitaires ».

ToyTalk est une start-up fondée en 2011 par deux anciens dirigeants de Pixar.

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