Hillary Clinton veut un « Projet Manhattan » du chiffrement

Sur le web

Par Elodie le

C’est la proposition de la candidate à l’investiture démocrate pour les prochaines présidentielles de 2016 : voir les entreprises high-tech collaborer avec le gouvernement américain autour du chiffrement sans pour autant leur imposer de backdoors. Du pareil au même ?

Hillary_Clinton_projet_manhattan_chiffrement
Crédits : AP Photo/Elise Amendola

Pour rappel, le projet Manhattan est le nom de code d’un projet secret de recherche et de développement réunissant les États-Unis le Royaume-Uni et le Canada lors de la Seconde Guerre Mondiale autour de la création de la 1ere bombe atomique. Certaines d’entre elles furent utilisées à Hiroshima et Nagasaki (baptisées « Little Boy » et « Fat Man »). Le projet aura coûte quelque 2 milliards de dollars (soit 26 milliards de dollars actuels) et plusieurs centaines de civils appelés à travailler sur le projet sont morts.

Clinton souhaite ainsi que les entreprises high-tech collaborent avec le gouvernement autour d’un projet Manhattan du chiffrement. Cependant,elle s’est empressée d’ajouter qu’elle ne souhaitait pas forcer ces entreprises à inclure des portes dérobées (les fameuses « backdoors ») au sein de leurs systèmes, comme le souhaiteraient les différentes agences gouvernementales américaines (et étrangères).

« Je ne veux pas aller jusque-là », a-t-elle ainsi assuré lors du dernier débat démocrate. Ajoutant, que les backdoors ne sont peut-être pas la bonne solution et qu’elle faisait confiance à Apple et aux autres entreprises sur la question avec la technologie du chiffrement.

L’un de ses concurrents, l’ancien maire de Baltimore et gouverneur du Maryland Martin O’Malley a approuvé e estimant que « nous ne devrions jamais renoncer à notre vie privée ».

Si le parallèle avec le projet Manhattan peut surprendre voire choquer, cette idée n’est pas nouvelle et est surtout d’actualité tant les États-Unis font face aux feux nourris et réguliers des cyberattaques. Les plus hautes institutions gouvernementales et entreprises aaméricaines en ont été victimes (Sony Pictures, le Pentagone,mais aussi l’OPM) pour des dégâts jugés considérables, des millions de données d’employés fédéraux, de salariés de Sony Pictures et plus encore ont été dérobées.

Clinton ne souhaite pas de portes dérobées,mais s’en remet aux experts technologiques qui trouveront une solution pour que les autorités puissent faire leur travail sans casser le chiffrement.

« II doit y avoir une manière de le faire. Je n’en sais pas assez sur la technologie pour être capable de dire ce que c’est, mais j’ai une infinie confiance en nos experts en technologie. »

Ok.

Il faudrait en finir avec ce schéma : « Il ne faut pas imposer de portes dérobées, mais… ». Il n’y a pas de,mais, c’est impossible. C’est soit l’un, soit l’autre. Le chiffrement de bout-en-bout ou les portes dérobées. La sécurisation totale des données ou les portes d’accès accessibles aux autorités et à qui veut bien les trouver.

Ne pas vouloir obliger les entreprises hhigh-tech à instaurer des failles (backdoors) au sein de leurs propres services tout en souhaitant qu’elles collaborent avec les autorités pour que celles-ci accèdent aux données utilisateurs quand elles le requièrent est un non-sens et un danger pour la sécurité des données, alors même que c’est l’objectif inverse qui est recherché.

Source: Source