Le Geste appelle la presse française à une « action commune » contre les adblockers

Général

Par Elodie le

L’organisation qui fédère les principaux éditeurs professionnels de contenus et de services en ligne souhaite sensibiliser les lecteurs utilisateurs de bloqueurs de publicités. Le Geste appelle à une action commune début 2016.

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S’ils font le bonheur de certains internautes allergiques aux publicités en ligne, les adblockers sont dans la ligne de mire des éditeurs de presse en ligne et autres sites internet dont les revenus publicitaires sont primordiaux, constituant une partie non négligeable de leur modèle économique.

Le Geste qui réunit les principaux éditeurs en ligne appelle ses membres (de l’AFP, à M6, 20 minutes, l’INA, Deezer, l’Equipe en passant par Lagardère Active, Eurosport, France Télévisions, l’Express, Le Figaro ou Yahoo France) à « une action commune de sensibilisation de leurs lecteurs utilisateurs d’adblocks ».

En effet, « de nombreux éditeurs membres du GESTE fortement impactés par les adblocks souhaitent rappeler que leurs contenus et services ne sont pas gratuits ».

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Si le type d’action n’est pas précisé, Le Journal du Net croit savoir qu’un message devrait s’afficher sur les pages d’accueil des membres participants :

Il semblerait que vous utilisiez un bloqueur de publicités ! La publicité est notre principale source de financement et permet de garantir la gratuité de l’accès à nos contenus. Afin de préserver cet accès et votre expérience de lecture, nous vous proposons de désactiver votre bloqueur de pub sur notre site.

Le Geste ne précise pas si l’écran noir sera proposé aux personnes refusant de retirer leur adblockers, mais souligne que « L’action commune, envisagée pour le début de l’année 2016, aura pour objectif d’attirer l’attention du lecteur sur le caractère indispensable de la publicité, comme mode de financement. »

Cette initiative s’apparente au « modèle anti-adblockers » testé par l’éditeur allemand Axel Springer sur la version online du magazine BILD.

Les utilisateurs de bloqueurs de publicités voient un message s’afficher leur demandant de désactiver leur adblokers, ou de souscrire à BILDsmart, un abonnement payant d’un montant de 2,99 euros/mois, pour accéder au contenu. En choisissant l’abonnement, les internautes ont accès à un contenu dépourvu de toute réclame, couplé à un taux de chargement « jusqu’à 50 % plus rapide ».

Selon l’éditeur, deux tiers des lecteurs avaient désactivé leur adblockers au cours du premier mois.

Les initiatives se multiplient autour de ces bloqueurs de publicités : l’industrie de la publicité en ligne, Internet Advertising Bureau, a récemment fait son mea culpa et entend édicter de nouvelles normes qui pourraient correspondre à la politique de « publicités acceptables » d’Eyeo, société éditrice d’adblock Plus : statique, textuelle (pas d’image), non invasive (placée discrètement), reconnue comme telle (pas de publicités déguisées), pas de liens hypertextes insérés sur du contenu texte.

Souvent accusé de racket et critiqué pour sa non-transparence dans sa gestion des « publicités acceptables », Eyeo a annoncé la création d’un comité indépendant d’ici à 2016 chargé de choisir qui peut figurer dans ce programme.

De plus en plus d’acteurs du web prennent le sujet à bras le corps : si Google est entré dans la bataille jugeant préoccupante l’adoption croissante de bloquers de publicités, Sridhar Ramaswamy, vice-président senior en charge de la publicité chez Google, estime tout de même que « Nous avons besoin de normes de bonnes annonces que vous et moi trouverons acceptables en tant que consommateurs. »

Firefox et Apple avec Safari sur iOS 9 permettent également de bloquer les publicités sur leur navigateur.

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